Publicité

Voyage à Sydney

10 avril 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Après douze heures de vol, la fatigue pesait lourdement sur nos paupières, on débarque à l?aéroport de Sydney. Direction Capitol Square, l?hôtel. Une heure après, on prend un bus. Petit tour dans la ville au milieu des gratte-ciels qui partent à la conquête du firmament et s?enchevêtrent. Cap ensuite sur Bondi Beach, où des surfers croquent des vagues ou bronzent sur la plage. Pas le temps de louer une planche, ni de prendre une leçon de surf. On ne pourra pas non plus longer la plage, marcher jusqu?à la falaise où des restaurants haut perchés permettent d?avoir une vue panoramique. Marina, Media Itinerary Coordinator of Tourism New South Wales, notre hôtesse, a prévu autre chose pour nous.

Sa mission, c?est de nous emmener à Manly, une plage qui ne va pas sans le logo more than a beach. Nous embarquons sur un ferry où le vent frais, qui souffle sur le pont, nous tient éveillé. C?est Susan qui nous fera visiter Manly. Un parfum de liberté flotte toujours là où il y a la mer et l?ombre bienfaitrice des palmiers. La plage est bondée. Surfers, plongeurs, amateurs de kayaks, parapentistes, joggeurs, cyclistes, joueurs de beach volley, patineurs, golfeurs? chacun trouve son compte. à Ocean World, c?est la vie marine derrière une vitre qui bat son plein, mais ceux, qui veulent faire monter l?adrénaline, peuvent plonger? avec les requins !

Et si je vous contais maintenant une toute autre aventure, cette fois à portée de tire-bouchon. Cette aventure se nomme Hunter Valley, « La Mecque » du vin australien. Avant d?y arriver, on parcourt trois heures de route, de brassées de nature, en bus. Petite escale au Wollombi Tavern pour avaler un Dr Jurd?s Jungle Juice, une potion indéfinissable qui vous remet d?aplomb. Mais une fois dans la vallée, les experts en vin vous gavent d?explications dans un anglais parfois difficile à saisir. Bien sûr, chaque bouteille cache un homme, une géographie, un climat. Le vin a une histoire et aussi une hiérarchie. à travers des escales dans différentes vignes, nous apprenons à analyser la couleur de la robe, à faire travailler la subtilité de notre nez, à apprécier ce qu?ils appellent la longueur en bouche. À cet exercice je n?aurai hélas pas vingt sur vin.

Pour moi, le vin est une affaire de sensations, il sanctifie le bon vivre, nous procure de l?émotion à l?instant où on le savoure. Crus rares, grands millésimes? S?il m?est arrivée stoïquement d?avaler souriante un breuvage trop âcre, il m?est aussi arrivée de recracher des gorgées, surprise par la robustesse. En tout cas entre les dégustations de vins, on s?est attablé pour savourer un steak bien cuit. Hunter Valley, c?est aussi des boutiques de souvenirs, des chocolateries. Bref, à Hunter Valley, vous oublierez le politiquement correct pour vous transformer en épicurien.

Après ces agapes bachiques, grisés par les effluves, on a embrayé le lendemain sur le Harbour Bridge, le clou de notre séjour. D?abord, il faut passer l?alcootest. Puis, bracelet, portable, bloc note, stylo dans le casier. On vous donne des vêtements coupe-vent, des cordons pour attacher vos lunettes de soleil et votre casquette. Tout ce protocole inspire une réelle crainte. On va grimper pendant trois heures le pont qui fait 134 mètres de haut. Attentif, on ne rate pas une instruction. On a l?impression que c?est une question de vie et de mort. Plus loin, un semblant de pont est aménagé dans le bâtiment pour initier les grimpeurs aux techniques d?escalade.

Bientôt, c?est notre tour. Pas question de rebrousser chemin. Le souffle court, la gorge sèche, les jambes en coton, on commence la traversée. Engoncés dans nos vêtements de cosmonautes, on a le sentiment qu?on va marcher sur la lune. On a vite fait d?être happé par une force supérieure. La peur a cédé la place à l?émerveillement. Nous ne savons plus quoi regarder, l?opéra à droite, la ville à gauche, les voitures sur la route au-dessous de nous? nous ne trouvons plus les mots pour nous étonner. Le Bridge Climb est une belle aventure sportive, un ballet des jambes et des bras, sans compter le murmure du vent dans les oreilles, le ciel transformé en une vaste scène. La prochaine fois, il faudra tenter l?expérience le soir, on pourra sûrement chatouiller les étoiles.

Trois heures d?escalade, la journée ne fait que commencer. Se promener dans le quartier des Rocks, c?est vagabonder au gré de nos émotions dans un véritable musée d?architecture. On arpente les rues. Et si vous avez un guide, c?est encore mieux, vous suivez le fil d?ariane avec des explications et anecdotes en plus. Finalement notre après-midi, on l?a passé à l?Opéra de Sydney, ce bel édifice au toit en forme de voile et ses nombreux auditoriums, opéras, concerts de musique, sans oublier ces restaurants qui font face à la baie.

Côté estomac précisément, il n?y a pas à se plaindre. Les lieux dédiés au plaisir de la table ne manquent pas. Les chefs ont décidément plus d?une idée sous leur toque. Au Waterfront où l?on a dîné le premier soir, c?était délicieux. Toutes les cuisines sont réunies : thaïlandaise, taïwanaise, indienne... Un soir nous avons embarqué dans un Sushi Train et nous avons fait un voyage sans fin. C?est un restaurant-bar. Tout le monde s?assoit sur un tabouret autour d?une longue table ovale. Sur cette table, des plats défilent à longueur de journée. Vous happez un bol au passage, vous vous régalez et comme l?appétit vient en mangeant, vous prenez un deuxième, un troisième alors que les cuisiniers japonais sont à l??uvre. Et si c?est du kangourou que vous recherchez dans votre assiette, vous ne resterez pas sur votre faim.

Un dîner sur le bateau croisière Capitaine Cook ? Les esprits s?emballent. Il paraît que le cadre est chic, que le spectacle style moulin rouge vous donne les fourmis dans les jambes, que le dîner est inoubliable, bref que de bâbord à tribord, vous vivez des instants uniques. Mais voilà on a raté le ferry, on n?a pas appareillé à temps et tant pis pour les retardataires.

Voilà qui plaira aux oiseaux de nuit. À Sydney, la fièvre du soir ne monte pas seulement le samedi. Les fêtards font la « bringue » toute la semaine. Les néons clignotants des bars donnent le coup d?envoi des divertissements. Dans la chaleur moite de la nuit, on entend du rock s?échapper d?une rue. Plus loin, c?est le jazz qui bat son plein. Il y a également des boîtes aux accents latinos. Sydney exulte. Les noctambules se donnent rendez-vous dans les bars tapageurs pour parler, manger, boire. Sous les spots, d?autres déboulent sur la piste, draguent du coin de l??il, de près aussi.

Mais l?ambiance est aussi au rendez-vous dans la journée. Nous avons trouvé une curiosité dans un port : un aborigène maculé de peinture tantôt bondissant, tantôt jouant du didjeridoo? délaissant parfois la foule de badauds? pour répondre à son portable. Le didjeridoo est un long tube fabriqué à partir d?une branche d?arbre décorée par des peintures représentant des scènes de la mythologie aborigène. Un bourdon sourd, une ritournelle qu?il lance à tout va et des CD qu?il vend par la même occasion, tel est ce sympathique personnage. Dans la rue, on trouve d?autres musiciens, comme Jésus, ce Noir au regard espiègle et joyeux qui marie une musique électrique pré-enregistrée à un Steel Band. Ça donne une note vibrante martelée qui rythme le pas nonchalant des promeneurs.

Inévitablement, quand vous voyagez, vous pensez cadeau. Ce ne sont pas les galeries commerciales, ni les avenues piétonnes où pullulent les boutiques qui manquent. Les badauds animent les artères toute la journée. Ca fourmille de partout, bouillonne dans tous les sens. Entre l?utile, l?agréable et le beau, on s?extasie devant les vitrines luxueuses et les enseignes traditionnelles. Vous achèterez peut-être un sac à dos à dix dollars (Rs 200), un boomerang ou une peinture aborigène sur tissu, un masque troublant jouant l?exotisme et la ferveur mystique. Pour ne pas faillir à la tradition, vous rapporterez des kangourous en tout genre dans votre valise : en peluche, en porte-clefs, sur une tasse, sur un calendrier?

L?heure du retour a vite fait de nous surprendre. Le séjour tire à sa fin. On retrouve les ailes d?Air Mauritius, l?équipe sympathique du personnel de bord. Ce saut à Sydney a été plus qu?une rupture avec le quotidien, une rencontre avec les autres et avec soi-même. On a la conviction que l?Australie ne se résume pas en un voyage mais suggère l?aventure avec un grand « A ».

Publicité