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Poornima, victime d?un amant irascible
«M pé sagrin boucou. Mo pa ti attane mo tifi pou allé coume sa? », se plaint Kalawtee Jooty, 56 ans, qui est abattue. Elle ne comprend toujours pas comment quelqu?un a pu s?acharner ainsi sur sa fille jusqu?à lui enlever la vie. Elle vit un cauchemar depuis la découverte du corps de Poornima mardi dans un champ de cannes à Petit-Raffray. C?est son amoureux, Sanjay Noyan qui l?y a abandonnée après l?avoir étranglée et lui avoir infligé six coups de couteau.
Un sentiment de colère mêlé de tristesse plane sur la petite maison située à Barlow, petit hameau de Belle-Vue-Maurel. Volubile, Santosh, le frère de Poornima, confie ses doutes. « Nou pensé éna encore dimoune mêlé dans sa zaffer là. Costé kot lécorps mo s?ur fine retrouve ene l?alliance ene femme. » Il croit fermement à cette thèse depuis qu?il a reçu un appel anonyme deux semaines avant le décès de sa s?ur. Une femme aurait, dit-il, menacé d?en finir avec Poornima. « Coze avec ou s?ur sans quoi si mo gagne li dans portée mo pas pou kit li », lui aurait-elle dit.
Poornima Rambeerick vivait séparée de son époux depuis deux ans. Elle était revenue habiter chez sa mère à Barlow avec son fils Yudish. Depuis, la vie s?écoulait paisiblement. « Li ti ene s?ur mari korek. Mais zisse line al fer ene faux pas kan li fine zoine sa missié là? » Une rencontre fatale sur laquelle plane un grand mystère. Personne ne peut en effet dire exactement dans quelles circonstances ils ont fait connaissance.
Poornima ne révèle rien des sentiments amoureux qu?elle porte à Sanjay Noyan, marié à Lalita qui lui a donné deux enfants. Son couple bat de l?aile depuis quelque temps. Maçon et « traitère » à l?occasion, il fait chambre à part. Ensemble les tourtereaux décident d?abriter leur amour dans une maison qu?ils louent à Terre-Rouge, loin du regard des autres. « Le 27 novembre 2002, Poornima est partie sans nous avertir. Elle a emporté ses vêtements, quelques meubles, un réfrigérateur, une machine à coudre. » La famille croit d?abord à un vol et fait une déposition à la police avant de se résigner.
Sale caractère
Mais la vie rêvée de la jeune femme bascule bientôt dans la terreur et la violence, raconte Santosh. « Il la frappait. Il s?est servi d?elle et avait vendu tous les articles que Poornima avait pris. » La jeune femme met un terme à leur liaison en juillet 2003 et rentre au bercail. Mais elle ne parvient pas à rayer Sanjay de sa vie. Durant leur liaison, Poornima avait acheté à son nom un appareil audiovisuel à crédit pour son amoureux, à condition que ce dernier paye les mensualités. « Chaque mois Poornima recevait des appels des debt collectors. »
La jeune femme avait décidé, mardi, de régler une fois pour toutes cette affaire. Sans avertir sa famille, elle quitte la maison après avoir envoyé son fils à l?école maternelle. Puis elle se rend à Petit-Raffray, avec ses « linz lacaze et ene paire savatte l?éponge et so téléphone portable». Sa famille pense donc qu?elle s?est rendue chez un parent qui habite la région. « Nek tantot ki nou fine gagne sa mové nouvelles là. »
Poornima avait donné rendez-vous à Sanjay afin d?obtenir des sous pour régler la facture. Lorsque celui-ci arrive, il a un couteau à la main et est en train de décortiquer un noix de coco. Il l?invite à discuter dans un endroit plus tranquille. Mais la discussion prend une autre tournure lorsqu?il lui déclare qu?il n?a pas la somme demandée. Devant son refus à lui avancer l?argent Poornima l?abreuve d?insultes. « Ki to lé mo al vende mo f? pou gagne casse ? » Les deux en viennent aux mains, Poornima tombe dans un champ en contrebas. Sanjay se rue sur elle et dans la lutte elle le blesse légèrement au cou avec le couteau. Fou de rage, il l?étrangle et lui assène plusieurs coups de couteau à l?abdomen.
Sanjay la laissera ainsi, après avoir dérobé son portable qu?il vendra plus tard à un habitant de l?endroit. Les enquêteurs de la police criminelle du Nord, menés par les chefs inspecteurs Beesoon et Gobin, sous la supervision du surintendant Bala Kamatchi, se sont mis à sa recherche aussitôt qu?ils ont constaté qu?il avait disparu. La police voulait l?interroger quant à sa liaison avec Poornima. Arrêté, il a craqué et avoué son crime.
A Petit-Raffray, c?est la stupeur. Sanjay était un « traitère » connu mais il avait un sale caractère. « Li ti fer la prière pou dimounes », confie sa mère Taramatee Rughoonuth. La vieille dame confie avoir pris ses distances de son fils. « Sanjay ti reste ene côté, li ti en colère vite, mo pas ti content kan li ti crier avec so banne zenfants. »
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