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Calou et Gujadhur mutilés dans leurs chairs
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Calou et Gujadhur mutilés dans leurs chairs
Quatre ans plus tard et les larmes lui viennent toujours aux yeux. 16 janvier 2000. Un douloureux souvenir pour Philippe Calou. Ce jour-là, il a failli laisser sa peau dans une embuscade tendue par Antoine Chetty et Veeren Mooraghen à Carreau Acacia. Ses cicatrices à la tête et aux deux jambes en disent long sur les coups de sabre que le vieil homme a reçus. Des coups qui auraient pu être mortels si un homme ne l?avait pas aperçu tôt sur la route ce matin-là.
Philippe Calou, alors laboureur de la compagnie sucrière Mon-Trésor- Mon-Désert, se rendait dans un champ à bicyclette. Arrivé sur une pente, il entend dire : « Alalila Antoine. » C?était Veeren qui parlait. Surgissent alors deux hommes qui le frappent à la tête, au dos et aux jambes. « Mone criyé, mone dire Antoine arrête batte mwa. Mone trouve la mort en place, létan mone tombé, sacaine ine batte mwa de deux cotés. Lerla Antoine ine dire, anou allé Veeren létan zot ine trouve ene zom pé vini. »
Lorsqu?il tente de se mettre debout, Philippe Calou voit son tibia droit se dandiner, tranché au milieu « couma poisson salé? » Le laboureur passera deux mois à l?hôpital, vivant dans le désespoir. Il a peur et pense qu?on a assassiné son épouse car celle-ci ne se trouve pas à son chevet. Mais Lucienne, son épouse, s?est brisé la jambe en tentant de l?aider quelques minutes après son agression. La raison de cette agression ? Philippe Calou s?occupait d?une portion de terre appartenant à Eddy Dupavillon que Mooraghen a tenté de vendre à d?autres. Il n?a pas digéré l?explication de Mooraghen qui affirmait être le nouveau propriétaire. Jusqu?ici aucune enquête n?a été ouverte malgré des cas d?intimidations portés à la connaissance de la police de Plaine-Magnien, se lamente Lucienne.
Le couple, tout comme Laldeo Gujadhur (voir plus loin), vit dans la crainte d?une nouvelle agression.
« Zamé ti pensé la loi protéz sa kalité dimoune la », commente Philipe Calou. Laldeo, lui, a abandonné son domicile à Candos pour trouver refuge chez des proches. Pensant qu?il va mourir, Laldeo a écrit une lettre sur son lit d?hôpital.
Il y raconte sa mésaventure et explique comment deux hommes se sont acharnés sur lui.
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