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L?imam décrété « wanted »
Il n?a ni l?âge, ni l?expérience, ni les« galons » requis pour être considéré comme une référence religieuse, une autorité dont on ne discute pas les ordres en chiisme. Mais il tire sa force de son ascendance et d?undiscours radical qui fait écho à l?impatience de nombreux jeunes et à l?exaspération des moins jeunes de sa communauté.
À 30 ans, Moqtada Al-Sadr, dont nul, à l?extérieur de l?Irak, n?avait entendu parler avant la chute du régime de Saddam Hussein, est aujourd?hui la personnalité chiite la plus médiatisée et la plus virulente dans l?ancienne Mésopotamie. Il est désormais considéré comme un « hors-la-loi » par les Américains qui ont émis, le 5 avril, un mandat d?arrêt contre lui. Argument invoqué : son implication directe ou indirecte dans un crime commis il y a? près d?un an en Irak, accusation dont il s?est toujours défendu : il s?agit du meurtre en avril 2003 d?Abdel Majid Al-Khoeï, un responsable religieux chiite rentré dans son pays à la faveur de la guerre lancée par les États-Unis.
En dépit des discours enflammés anti-américains qu?il tient depuis un an, le jeune Al-Sadr s?était, jusqu?à il y a peu, conformé aux directives du grand ayatollah Ali Al-Sistani, lequel, très critique du comportement de la coalition occupante, n?en prône pas moins la résistance pacifique.
Dès la fin juillet 2003, il annonçait la création de « l?Armée du Mahdi » ? l?imam attendu ?, pour « assurer la sécurité » des lieux saints chiites. C?est cette même « armée du Mahdi » qui se bat aujourd?hui contre différents contingents de la coalition.
En octobre 2003, il avait menace de créer un gouvernement qui fasse contrepoids au Conseil intérimaire de gouvernement au sein duquel il n?était pas représenté.
@ q 2 004 Le Monde ? Mouna Naïm
Distribué par The New York Times Syndicate
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