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Sun Microsystems et Microsoft font la paix
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Sun Microsystems et Microsoft font la paix
Incroyable mais vrai. Les deux ennemis jurés du secteur informatique ont décidé de faire la paix. Pour mettre un terme à sept ans de bataille judiciaire aux Etats-Unis et en Europe, Microsoft versera à Sun Microsystems 1,3 milliard d'euros : 745 millions au titre des litiges sur des licences et 580 millions pour résoudre les litiges antitrust. «Les deux entreprises mettent un terme à leur conflit juridique aux Etats-Unis. Sun approuve également le fait que les accords annoncés aujourd'hui satisfont aux objectifs qu'ils s'étaient fixés dans les actions de l'Union européenne en cours contre Microsoft», ont indiqué les deux groupes dans un communiqué commun.
Au printemps 2002, Sun Microsystems, écrasé par la concurrence de Microsoft, avait porté plainte contre ce dernier pour pratiques anticoncurrentielles sur l'utilisation de Java, un langage informatique de programmation universel développé par Sun. Désormais, les deux groupes prévoient de collaborer afin que chacune des entreprises ait accès à la technologie de serveur de l'autre et puisse utiliser les informations pour développer de nouveaux serveurs capables de mieux fonctionner ensemble.
A ce titre, Sun et Microsoft ont accepté de se verser des royalties pour l'utilisation des technologies de l'autre. Microsoft paiera immédiatement 290 millions d'euros. De son côté, Sun ne payera des royalties que lorsqu'il aura commencé à intégrer la technologie de Microsoft.
Les deux protagonistes ont bien sûr placé le consommateur au coeur de cet accord. «Il stimulera les nouveaux produits, offrira de nouveaux choix pour les consommateurs qui veulent combiner les serveurs de plusieurs fabricants», s'est félicité Scott McNealy, le PDG de Sun. De son côté, Steve Ballmer, le PDG de Microsoft, a souligné que «les deux groupes continueront de se concurrencer durement, mais (...) notre coopération bénéficiera aux consommateurs des deux groupes».
En réalité, Sun n'avait pas vraiment le choix. Il n'a pas résisté à la concurrence de Linux, qui permet de proposer des serveurs beaucoup moins chers que les siens, et il est totalement exsangue.
La démarche de Microsoft n'est pas anodine non plus. Elle rappelle le versement de 620 millions d'euros à AOL en juin 2003 pour mettre fin à leur différend. Le 24 mars, suite aux plaintes déposées par Sun et RealNetworks, une société de logiciels de vidéo sur Internet, la Commission européenne avait condamné Microsoft à une amende record de 497 millions et l'avait obligé à mettre en oeuvre une série de mesures pour corriger ses pratiques commerciales anticoncurrentielles. Cette stratégie tend à montrer que Microsoft est prêt à négocier avec ses concurrents sur l'interopérabilité des systèmes.
Nathalie BRAFMAN
@Le Monde 2004distribué par The N. Y.Times Syndicate
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