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Rice défend Bush bec et ongles
Lors d?une déposition très attendue, Condoleezza Rice a défendu jeudi pied à pied la politique de l?administration Bush dans les mois qui précédèrent les attentats du 11 septembre 2001.
La toute-puissante conseillère de George Bush pour la sécurité nationale, qui avait dans un premier temps refusé de témoigner en public, s?est heurtée au feu roulant des questions des membres démocrates de la commission parlementaire bipartisane à l?occasion d?une déposition cruciale à sept mois de l?élection présidentielle.
Dans une intervention liminaire de 20 minutes, elle a reconnu que l?administration Bush, tout comme celles qui l?ont précédée, n?avait pas réussi à répondre de manière adéquate aux menaces émanant d?Al Qaïda d?Oussama ben Laden et d?autres réseaux «terroristes». Mais elle affirmé qu?il était impossible d?éviter les attentats suicide contre les tours jumelles du World Trade Center et le bâtiment du Pentagone, la faute en revenant selon elle à l?«allergie» historique des Etats-Unis «à la notion de renseignements d?ordre intérieur».
Le démocrate Richard Ben-Veniste a, le premier, mené la charge contre «Condie», insistant notamment sur un briefing accordé au président le 6 août 2001 au cours duquel un document intitulé «Ben Laden résolu à attaquer le territoire américain» lui a été communiqué. Sous les applaudissements de proches de victimes du 11 septembre 2001, Ben-Viste a exigé que ce mémorandum soit «déclassifié». La conseillère de Bush lui a rétorqué que ce document ne contenait en fait aucune menace précise. «Il n?évoquait aucune attaque à l?intérieur des Etats-Unis. Il s?agissait d?informations dépassées, fondées sur des renseignements anciens», a-t-elle affirmé.
Tout au long de sa déposition, retransmis en direct sur les grandes chaînes de télévision, Rice s?est employée à récuser les accusations, politiquement dommageables, de Richard Clarke selon lesquelles l?équipe du président Bush Jr n?aurait pas pris suffisamment au sérieux la menace posée par Al Qaïda. «Nous avons compris que le réseau présentait une menace grave pour les Etats-Unis», a déclaré Rice sous serment. Elle a notamment rejeté avec force l?affirmation de Clarke, qui témoignait à la même place il y a deux semaines, selon laquelle George W. Bush l?aurait incité à trouver un lien entre les attentats du 11 septembre et l?Irak de Saddam Hussein. «Je suis tout à fait certaine que le président n?a jamais poussé quiconque à déformer les faits», a-t-elle dit.
Tout en se gardant de présenter des excuses publiques comme l?avait fait Richard Clarke devant la commission, la proche collaboratrice du président a admis des failles dans la réponse apportée à cette menace. «Les terroristes étaient en guerre avec nous mais nous n?étions pas encore en guerre avec eux. Pendant plus de 20 ans, la menace terroriste a grandi et la réponse américaine mise en oeuvre par plusieurs administrations issues des deux partis a été insuffisante», a-t-elle déclaré dans son introduction. «De façon tragique et en dépit de tout le vocabulaire de guerre en usage avant le 11 septembre, ce pays n?était tout simplement pas sur un pied de guerre». Elle a révélé que Bush et son équipe avaient été «briefés» après l?élection de 2000 par l?administration Clinton sortante sur de nombreux sujets liés à la sécurité nationale, y compris le contre-terrorisme et Al Qaïda.
«Du fait de ces réunions d?information et parce que nous avons été témoins de l?émergence d?Al Qaïda dans les années qui précédaient, nous comprenions que le réseau posait une menace grave aux Etats-Unis. Nous voulions faire en sorte qu?il n?y ait pas de répit face à Al Qaïda», a déclaré Rice, dont la déposition était retransmise en direct sur toutes les grandes chaînes de télévision américaines.
Selon Rice, les services de renseignements ont abreuvé les différents gouvernants avant le 11 septembre 2001 de menaces, mais qui restaient et visaient pour la plupart des cibles situés à l?étranger. Aucun rapport, a-t-elle affirmé, ne prévoyait l?utilisation par des terroristes «d?avions comme des projectiles», comme ce fut le cas à New York et Washington.
La conseillère de la Maison blanche a aussi révélé que l?administration américaine avait évoqué «une action contre l?Irak» après le 11 septembre 2001 mais l?entourage présidentiel l?aurait déconseillé. «Il y a eu une discussion sur l?Irak» à la demande du secrétaire à la Défense, le «faucon» Donald Rumsfeld, et de son adjoint au Pentagone, Paul Wolfowitz, qui «a insisté un peu», a-t-elle reconnu.
Alan Elsner David Morgan
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