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L?épuisement de la fécondité féminine contesté

19 mars 2004, 20:00

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Contrairement à ce qui est enseigné depuis plus d?un demi-siècle, les mammifères femelles ne naissent pas avec un stock définitif d?ovocytes dans leurs ovaires. Ces cellules sexuelles seraient en réalité produites tout au long de leur vie à partir de cellules souches.

C?est la surprenante conclusion d?un groupe de chercheurs américains dirigés par Jonathan L. Tilly et Joshua Johnson (Massachusetts General Hospital et Harvard Medical School, Boston, Etats-Unis), dont les travaux sont publiés dans la revue Nature datée du 11 mars. «Si nos résultats devaient se confirmer dans l?espèce humaine, toutes les théories sur le vieillissement de système de reproduction de la femme devront être revues», avancent ces chercheurs.

C?est en 1921 que l?on commença à bâtir la théorie selon laquelle les mammifères femelles naissaient avec un stock donné d?ovocytes conçus durant la période f?tale. Une situation qui ne se retrouve pas chez d?autres groupes d?animaux. Confortée par différentes observations, cette théorie s?est transformée dans les années 1950 en un dogme intangible, que les chercheurs américains, grâce aux nouveaux outils de biologie moléculaire, viennent de remettre en cause.

C?est parce qu?ils étaient à la recherche de moyens permettant de contrecarrer les effets stérilisants de certaines thérapeutiques médicamenteuses ou radiologiques que les chercheurs américains se sont intéressés aux mécanismes physiologiques qui, chez la souris de laboratoire, sont impliqués dans la production des ovocytes.

C?est ainsi qu?ils ont eu la surprise de découvrir que, compte tenu de l?importance du phénomène de dégénérescence ovocytaire, le nombre des cellules sexuelles présentes à la naissance ne permettait pas d?assurer la fécondité naturelle de ces animaux. Ces mammifères n?auraient pu être féconds que durant quelques semaines. La conséquence de cette observation est donc que les ovaires conserveraient la faculté de produire des ovocytes tout au long de la vie de l?animal.

Au terme d?une série d?expérimentations, les chercheurs américains ont donc apporté des arguments qui révolutionnent la biologie de la reproduction. Ils expliquent avoir identifié sous la surface des ovaires plusieurs dizaines de cellules germinales situées en dehors des follicules contenant des ovocytes. Ces cellules présentaient les mêmes caractéristiques que celles qui, durant la vie f?tale, sont des précurseurs ovocytaires.

Ces biologistes ont d?autre part observé dans les ovaires des animaux adultes l?existence de divisions cellulaires spécifiques de la formation de cellules somatiques. Surprenant, car, selon les règles de la théorie en rigueur, de tels phoénomènes ne peuvent se produire que durant le période embryonnaire.

Jean-Yves Nau

© Le Monde News Service

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