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L?élevage : une tradition chez la famille Colette

16 mars 2004, 20:00

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C?EST dimanche. Le soleil brille de mille feux. Sur la colline à Baie-Malgache, à côté d?une maison en dur, des animaux broutent l?herbe. On y trouve des cabris, des porcs, des moutons et des poules.

Bah? Bah... Bah ! C?est le cri que poussent les fermiers et leurs enfants : ils appellent les animaux. C?est qu?ils font partie de la famille Colette, des éleveurs connus dans le hameau.

En effet, c?est une tradition dans chez eux d?élever des animaux. De grand-père au petit-fils, elle s?est perpétuée.

Aujourd?hui, c?est Stéphanio et son frère Sténio qui s?occupent des animaux. Ils sont néanmoins aidés par toute la famille.

La famille possède aujourd?hui 27 cabris, 15 volailles, 4 moutons, 3 porcs et un b?uf. Dans le passé, elle en possédait plus. C?est au prix d?énormes sacrifices que les deux frères Colette ont réussi à augmenter leur cheptel. Du lundi à dimanche, ils sont derrière les animaux qui broutent l?herbe du pâturage. En effet, c?est sur un vaste terrain, appartenant à l?État, que les animaux paissent.

Stéphanio affirme que son frère et lui doivent être vigilants. Non pas parce que leurs animaux peuvent être volés, mais pour que leur troupeau reste dans la limite du pâturage. Il ne faut surtout pas que les animaux empiètent sur le terrain des autres. Sinon bonjour les disputes, qu?il faut éviter...

Outre l? herbe du pâturage, les deux frères doivent souvent aller chercher du fourrage ailleurs pour mieux équilibrer la nourriture. Ils doivent marcher des kilomètres pour aller chercher de l?acacia, que les animaux apprécient beaucoup.

Mais pour être sûrs que les animaux soient bien nourris, ils font l?acquisition de sacs de nourriture animale à Port-Mathurin. Chaque semaine, ils en achètent un pour Rs 195.

Ce sont surtout des commerçants venant de Maurice qui achètent les animaux, explique Stéphanio. Ils viennent chez des éleveurs et une fois qu?ils estiment avoir un bon prix, ils concluent l?accord. Ils paient en liquide et embarquent les animaux.

À titre d?exemple, un cabri est vendu Rs 4 000, un b?uf à partir de Rs 10 000 et le porc se vend à Rs 18 le demi-kilo. Un porc peut facilement peser jusqu?à 300 livres. Le prix de la volaille est à environ Rs 20 le demi- kilo.

La famille Colette a construit des enclos et des parcs pour mettre les animaux à l?abri. Mais pendant les cyclones, ils risquent de tout perdre. Ils gardent encore un mauvais souvenir du cyclone Kalunde, l?année dernière. Ils avaient presque tout perdu. ?Au moins 40 moutons sont morts. Il fallait recommencer à zéro. Ce sont les risques du métier?,dit Stéphanio, philosophiquement. Ils redoutent également les maladies, qui parfois déciment le bétail. Dès qu?ils remarquent que les choses vont mal, ils font appel au vétérinaire du gouvernement. Mais les soins coûtent assez cher. Une injection varie entre Rs 350 et Rs 500.

La famille Colette, malgré tous ces obstacles, continuera son entreprise d?élevage sur la petite colline de Baie-Malgache. C?est aussi une tradition.

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