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Audit 2002-2003 : gaspillages, irrégularités et mauvaise gestion <i>(suite)</i>

16 mars 2004, 20:00

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SANTÉ PUBLIQUE. Les cuisines des hôpitaux sur la sellette

Le rapport de l?audit a sévèrement critiqué l?état des cuisines et les services de restauration des hôpitaux. L?auteur du rapport ne mâche pas ses mots pour décrire la situation prévalant dans certains services hospitaliers. C?est ainsi que des rongeurs ont été aperçus dans la cuisine de l?hôpital Jeetoo, à Port-Louis.

A Flacq, une odeur nauséabonde provenant d?une bouche d?aération se dégage en face de la cuisine. A l?hôpital de Rose-Belle, la qualité des ustensiles de cuisine laisse à désirer. La table de cuisine a fait son temps. Elle est susceptible de retenir des micro-organismes capables de favoriser des contaminations.

Concernant la qualité des services offerts aux patients, le rapport trouve étonnant que, dans certains hôpitaux, la nourriture arrive froide aux patients alors que le trolley servant à son transport est équipé d?un système permettant de maintenir une bonne température.

Les patients ne sont pas les seuls à en faire les frais. Les médecins souffriraient également de la mauvaise qualité du service, notamment au niveau de la nourriture qu?ils doivent cuire eux-mêmes.

La qualité des légumes offerts dans les hôpitaux est aussi mise en doute. Selon le rapport, un certain nombre de légumes inscrits sur la liste officielle n?ont jamais été servis dans les hôpitaux. Comme le poisson, par exemple, patients et personnel soignant n?ont eu droit qu?à du thon durant l?année financière 2002-2003. Cette façon de faire ne cadrerait pas avec la politique nutritionnelle du ministère de la Santé.

Le rapport souligne aussi que les conduits d?eaux usées venant des cuisines ne sont pas recouverts par des fils métalliques, rendant ainsi l?accès facile aux rongeurs. En finalité, le rapport préconise qu?un audit soit effectué par le ministère pour améliorer la qualité du catering dans les hôpitaux.

ADMINISTRATIONS RÉGIONALES. Ça va mal à Mahébourg

Peu de louanges pour le projet de rénovation et d?agrandissement du marché de Mahébourg.

Trop d?argent a été dépensé pour la construction du marché. Les travaux ont connu d?énormes retards et n?ont pas été suffisamment suivis par les autorités. La conception du marché est inappropriée, de même que l?utilisation de l?espace. Le relogement des marchands, le temps des travaux, ne se sont pas déroulés dans les meilleures conditions.

?La fin du projet était prévue pour décembre 2002. A la fin d?août 2003, le certificat final d?acceptation pour les travaux n?avait pas encore été délivré?, peut-on lire. Des structures neuves ont dû être détruites par la suite parce qu?elles étaient inappropriées. Rs 7,5 millions ont été dépensées rien que pour l?opération. Des coupures d?électricité et d?eau fréquentes ont été décelées. Pourtant, un générateur, valant Rs 450 000 a été acheté. Celui-ci n?aura cependant fonctionné que pendant six jours. Le ministère devra dépenser Rs 228 000 additionnelles pour le réparer.

Le taux d?occupation des étals disponibles était très bas. Pas moins de 59% était inoccupés à juin 2003. Plusieurs projets de la National Development Unit sont également critiqués.

SERVICES PUBLICS. Retard dans deux projets

Le retard dans la construction de la station d?épuration de Montagne-Jacquot est critiqué. C?est aussi le cas pour le projet de Grand-Baie.

L?installation des tuyaux à Montagne-Jacquot est complétée depuis longtemps déjà. Mais des frais additionnels auront à être encourus par l?Etat pour les travaux d?entretien de ces installations. A Grand-Baie, également, la modernisation du système de tout-à l?égout a subi du retard. La Wastewater Management Authority (WMA) devra encourir des frais de Rs 13 millions pendant trois ans pour les travaux d?entretien des équipements en attendant l?entrée en opération de la station d?épuration en 2005.

Des arrérages de Rs 37 millions collectés par la WMA n?ont toujours pas été reversés dans les caisses de l?Etat. Cela est contraire aux lois du pays. Des critiques sévères sont formulées contre un conseiller en matière de communication à ce ministère. Il avait été nommé en octobre 2000. En février et mars 2002 il s?est absenté sans autorisation. Il a évacué son bureau à la fin de mars 2002. A cette date, le montant du car loan qu?il lui restait à régler était de Rs 307 881. Le montant des salaires qui lui ont été payés en excédent est de Rs 19 932.

Mais le conseiller a été de nouveau embauché sous contrat à temps partiel avec effet à partir du 1er juillet 2002. Les salaires excédentaires qui lui ont été payés ont été retranchés de ses allocations. Il a soumis sa démission en février 2003. En juillet de cette même année, la balance non payée pour le car loan s?élevait à Rs 266 524. Comme les démarches entreprises pour récupérer cette somme ont échoué, une action judiciaire sera initiée contre lui.

AGRICULTURE. Le bétail et l?irrigation critiqués

Un comité technique est mis sur pied afin de revoir le Drip Irrigation System. En juin 2000, le comité recommande que ce system soit remplacé par le Centre Pivot et le Semi Solid Set Sprinkler Systems. Le coût total des travaux est chiffré à Rs 101 millions.

Le contrat pour l?exécution des travaux est octroyé le 3 septembre 1998 pour la somme de Rs 71 669 877. Les travaux devraient débuter le 3 septembre 1998 et s?achever le 22 septembre 1999. Mais ce n?est que le 30 novembre de la même année qu?ils commenceront.

Selon les termes du contrat, deux filtration plants, au coût de Rs 2 890 784 avait été installés en juin et septembre 1999 respectivement. Le premier avait été mis en opération en février 2000 alors que le second n?a jamais été utilisé. Deux cas rapportés ont démontré que les filtration plants ne correspondaient pas aux spécifications.

Les comptes de la Palmar Livestock Production Unit (PLPU) ont été également pointés du doigt. Les rapports de la PLPU ne sont pas complets. Des détails importants ayant trait à l?Animal History Card et au Tagging of animals et Culling of animals ont disparu.

Concernant l?élevage de bétail, il y a eu une baisse drastique dans le nombre de naissance. Une chute conséquente dans la production laitière est également notée. La PLPU n?a pris aucune mesure pour remédier à cette situation. Il est recommandé au ministère d?approfondir ses recherches sur les techniques afin d?être plus performant pour la production of livestocks stations.

POLICE. Réparations onéreuses

Le coût des réparations cumulatives du Vigilant a atteint Rs 43 millions au 30 septembre de l?année dernière.

Ce patrouilleur avait été envoyé en Inde en avril 2003 pour de nouvelles réparations. Le montant des travaux à septembre de l?année dernière, était de Rs 14 millions. Mais le coût total de ces réparations est estimé à Rs 20 millions.

Il a été établi, à la suite d?un rapport d?évaluation technique, que le défaut dans la construction du bateau est d?origine. Ce qui vient renforcer les arguments contre les concepteurs du navire. Pour sauvegarder les intérêts du gouvernement, il a été suggéré que des actions légales soient immédiatement initiées contre le fournisseur. Ce problème a limité l?utilisation de ce bateau, qui n?effectuait plus que des sorties le long de la côte. Pour ces raisons, Le Vigilant n?a pas pu faire des patrouilles ?offshore?.

Le système de gestion de la fourniture des pièces de rechange pour le garage de la police est critiqué, de même que des pratiques contraires à l?éthique de certains fournisseurs. Ces derniers soumettent, par exemple, des offres pour des pièces de rechange. Mais après avoir décroché le contrat, ils mentionnent not same as model sur des formulaires au moment où les pièces de rechange doivent être livrées. Les livraisons sont faites dans des délais peu raisonnables alors que le délai, d?après le contrat, est de trois mois. Dans ces cas, la performance bond doit être confisquée. La police doit s?assurer que les participants aux appels d?offres vérifient auprès du store de la police le type de pièces de rechange à fournir.

Pour l?année financière 2002- 2003, environ Rs 83 millions sont dépensées par la police pour les pièces de rechange, les accessoires et les lubrifiants, entre autres.

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