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Les derniers camps sucriers

14 mars 2004, 20:00

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LES habitants aspirent à une meilleure vie. Mais les parcelles de terre promises tardent à être livrées. Quitter les lieux devient une obsession?

Les habitants des camps sucriers de la cité Beau-Séjour, Piton (Upper Camp), seront-ils relogés dans les semaines à venir ? Tout laisse croire que tel sera le cas, puisque leur employeur, l?établissement sucrier de Mon-Loisir a activé les choses durant le dernier week-end.

Il était temps car l?exaspération des habitants est à son comble. Alors que depuis des années, on leur a promis un lopin de terre à L?Espérance-Trébuchet, ils continuent de vivre dans des camps qui datent de? 1920. Selon Singh Soobrayen, Moorghen Moonien et Allybhye Sooroop, qui habitent ces camps, depuis au moins trois ans, un terrain a été identifié et on leur a promis qu?ils y seront relogés. Mais année après année, mois après mois, ils ne voient rien venir. D?où leur exaspération.

Les camps de Cité Beau-Séjour sont sans doute les derniers qui existent à Maurice. Entre 70 et 75 familles y vivaient. Certains des travailleurs ont pris leur retraite et d?autres, après avoir construit leurs maisons, ont quitté l?endroit. Aujourd?hui, il y a encore 35 familles qui y vivent. Les maisonnettes sont délabrées. Les plafonds sont lézardés et des fissures apparaissent sur les murs. Des vitres sont brisées et ne sont pas remplacées. Il n?existe aucune route menant vers ces maisonnettes. En période de pluies, c?est un spectacle désolant.

Les habitants reconnaissent que pendant longtemps, ces maisonnettes leur ont été d?une grande aide. Mais avec le temps, il devenait de plus en plus difficile de vivre dans des conditions pareilles. D?autant plus qu?ils vivaient avec l?espoir d?être relogés ailleurs. Pendant la campagne électorale à Piton-Rivière-du-Rempart, en décembre dernier, il y a eu beaucoup de promesses de la part des politiciens.

Singh Soobrayen fait ressortir qu?autrefois une équipe était affectée au nettoyage de la cour des camps. Mais depuis quelque temps, tel n?est plus le cas.

L?environnement laisse beaucoup à désirer. Il y a des risques de maladies. Ainsi, dit-il si l?établissement sucrier de Mon-Loisir tarde à accorder les lopins de terre, il n?aurait pas dû cesser le nettoyage.Il ajoute qu?un bâtiment, qui était utilisé pour les bonnes ?uvres, reste fermé. Il se trouve également dans un état d?abandon.

Les procédures accélérées

Les habitants affirment qu?ils ont honte quand des parents viennent leur rendre visite. D?autant plus que beaucoup ont sué sang et eau pour la bonne marche de l?établissement.

Interrogé, le Public Relations Officer de Mon-Loisir, Anil Dwarka, concède qu?il y a du retard dans l?octroi des titres de propriété. Cela est dû en grande partie à la construction des routes. Les travaux auraient dû débuter depuis novembre, mais ils ont été repoussés à la mi-janvier. Il dit que les choses sont allées vite à la fin de la semaine dernière et que d?ici le début de semaine, tous ceux qui ont effectué les paiements requis recevront leur contrat.

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