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Michael Wong tout en finesse

14 mars 2004, 20:00

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LE PEINTRE mauricien Michaël Wong Chut Yuen expose, jusqu?à 18 heures aujourd?hui, au Centre Culturel Chinois, à Bell-Village, le patrimoine mauricien, transcrit à l?économie, à l?aquarelle, dans le style traditionnel chinois.

Michaël Wong, qui a peint sous l??il de Serge Constantin, à l?époque de la première galerie d?Art privée de l?île Maurice, Les Muses de Micheline Bissoonuth, au centreville de Curepipe, raconte : ?J?ai choisi d?exposer au Centre Culturel Chinois parce que je pense qu?un centre culturel peut jouer un rôle majeur de coopération entre deux civilisations ou deux nations. C?est la vocation de tous les centres culturels. Cette décision m?a poussé à peindre des tableaux sur l?île Maurice, avec une technique chinoise, différente de ce que je faisais avant.?

J?ai travaillé en autodidacte pendant plusieurs années. J?ai alors montré mes peintures à d?autres peintres Chinois, à l?île Maurice, comme à ceux de Chine. De grands appréciateurs de l?Art et ils ont tous apprécié mon travail.? Pour faciliter la lecture des peintures de Michaël Wong par les non-initiés, nous proposons au lecteur un petit aperçu historique de la peinture traditionnelle chinoise.

Les premières peintures primitives chinoises, aux couleurs minérales rupestres, remontent à 6 000 ans. Les thèmes privilégiés en sont les personnages, les animaux, et les plantes. L?on peut trouver chez les spécialistes Zhuang Jiayi et Nie Chongzheng, des références aux peintures anciennes sous trois thèmes : les personnages, les paysages, les fleurs et oiseaux. Elle est appelée peinture traditionnelle chinoise pour se distinguer de la ?Xiyang Hua?, la peinture occidentale, introduite au XVIIe siècle. L?art pictural chinois diffère totalement de celui de l?Ouest, tant par le contenu que par la forme et les moyens d?expression. Malgré les trois thèmes énoncés plus haut, et qui semblent correspondre aux portrait, paysage et nature morte de l?Occident.

Les deux grandes écoles de la peinture traditionnelle chinoise sont, selon Zhuang Jiayi et Nie Chounzheng, ?la peinture au coloris vif et style minutieux ou peinture aux traits fins, Gong Bi Zhong Cai Hua, et la peinture suggestive ou lavis, Shui Mo Xie Yi Hua?. La première date d?avant le XIIe siècle. Elle était exécutée par des peintres professionnels que l?on nomme aussi peintres artisans. Elle se signale par des lignes fines et régulières, recouvertes de couleurs vives, à l?effet décoratif. ?Les peintures aux traits grossiers?, autre appellation du style concis du lavis, sont attribuées aux peintres lettrés. Cette peinture exprime l?âme des objets et non leur apparence, autant que les sentiments de l?auteur. La fraîcheur en est instantanée. Une troisième école se situe à mi-chemin de ces deux genres.

La peinture traditionnelle comprend aussi poésie, calligraphie, inscription, et gravure sur sceau. Dans La peinture chinoise ? témoin muet mais éloquent de la civilisation chinoise ? Zhuang Jiayi et Nie Chongzheng, écrivent : ?La peinture chinoise exige des artistes une formation intégrale. Avant de peindre, un auteur réfléchit mûrement sur la composition et l?écriture du poème, sur sa position et celle du sceau dans la peinture, ainsi que sur l?agencement harmonieux et équilibré du poème et de l?image.?

Une autre caractéristique de cette peinture et qui ne peut passer inaperçue, est l?espace blanc présent dans la composition. Il peut signifier un nuage, le brouillard, la lumière solaire, ou encore un symbole du message poétique éveillant l?imagination du regardeur. Les lignes illustrent un caractère fondamental de cette peinture.

Quatre trésors constituent le sine qua non de l?atelier du peintre : le papier, le pinceau, l?encre de Chine, et la pierre à encre. Les peintures se présentent montées sous forme de rouleau horizontal ou vertical et encore en album aux feuilles détachables.

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