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Une ONG pour les droits humains
Le royaume saoudien est accusé par de nombreuses organisations internationales de violer les droits de l?homme, notamment en pratiquant la torture et en ayant recours à des procès expéditifs. Le roi Fahd d?Arabie saoudite a approuvé, mardi 9 mars, la création d?une première organisation non gouvernementale (ONG) chargée de la défense des droits de l?homme.
Dans son rapport annuel publié en mai 2003, Amnesty International écrivait ainsi que des violations « grossières » des droits de l?homme continuaient en Arabie saoudite.
Riyad rejette régulièrement ce genre de critiques, considérées comme une ingérence dans ses affaires intérieures, et souligne que toute réforme éventuelle doit être compatible avec la charia (la loi islamique) et les traditions locales et non calquée sur l?Occident.
Abdallah ben Saleh al-Obeid, président de cette ONG, a déclaré avoir reçu « une lettre du serviteur des deux Mosquées saintes (le roi Fahd), qui m?était adressée ainsi qu?aux membres de l?association, dans laquelle il approuvait notre demande » de créer l?organisation, baptisée Association nationale des droits de l?homme (ANDH).
Selon lui, le roi Fahd a approuvé la création de cette ONG après une réunion avec le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, qui dirige de facto le royaume saoudien en raison de la santé fragile du souverain. Le prince Abdallah « a béni cette décision et nous a assurés de tout le soutien dont nous aurons besoin de la part des parties concernées », a ajouté M. Obeid, membre du conseil consul tatif, dont les membres sont désignés par le roi.
<B>Une audience aux femmes</B>
Un professeur de sciences politiques, Abdel Khalek Abdel Hay, l?un des 41 membres fondateurs de l?ANDH, qui figurait parmi la vingtaine de membres ayant rencontré le prince Abdallah, a affirmé que ce dernier avait souhaité au groupe le succès dans son travail. Ceux qui ont rencontré le prince Abdallah étaient tous des hommes, mais M. Hay s?attend à ce que le prince héritier « accorde une audience aux femmes » de l?association, qui sont au nombre de dix.
L?une d?elles, Noura al-Jomaih, journaliste qui a vécu dix ans en Occident, avait affirmé la semaine précédente que l?association ne commencerait pas avec des revendications trop élevées, comme celle de réclamer que les femmes aient le droit de conduire. « Il y a d?autres questions fondamentales comme aider les femmes divorcées à obtenir la garde de leurs enfants ou la pension de leur ex-époux », avait-elle souligné.
En Arabie saoudite ? qui applique rigoureusement les principes du wahhabisme, doctrine puritaine de l?islam née au xviiie siècle ? les femmes doivent sortir voilées et ne peuvent ni voyager sans autorisation de leur mari ou d?un homme de leur famille, ni manger seules dans un restaurant.
q 2003 Le Monde ? AFP
Distribué par The New York
Times Syndicate
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