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Le MSC fonctionne au jour le jour

15 janvier 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Quel regard jetez-vous sur 2003 ?</B>

? 2003 est désormais une année mémorable dans l?histoire mauricienne, avec l?organisation des Jeux des îles de l?océan Indien sur notre sol. Nous avons cependant négligé l?après-Jeux.

<B>Pourriez-vous être plus explicite ?</B>

Nous pensions qu?après les JIOI, les gens reviendraient vers les stades. Tel n?a pas été le cas. Nous nous attendions également à un new drive dans le secteur sportif avec le concours de tous les partenaires dont le MSC. Mais cela ne s?est pas produit. Les résultats obtenus aux Jeux d?Afrique ne sont pas plus encourageants puisque Maurice n?a pas réussi à décrocher la moindre médaille d?or. Stephan Buckland et Eric Milazar auraient dû y participer car l?honneur du pays en dépendait.

<B>Le sport mauricien est en déclin. Vos commentaires ?</B>

? Le niveau du sport mauricien a chuté considérablement. La plupart des disciplines ont négligé la relève. Qu?adviendra-t-il après que les Stéphane Buckland, Eric Milazar, Eddy Clarisse, Stéphane Beeharry ou encore Martine Hennequin auront pris leur retraite. Le sport devrait aussi être guidé par un esprit de fair-play. Tel n?est pas le cas. Pourquoi les professionnels ne veulent-ils pas s?engager dans le sport ? Si les fédérations consacraient au moins 10 % de l?énergie et du temps perdus dans les disputes et polémiques, le sport aurait avancé.

Il est temps que les acteurs du monde sportif que ce soit l?Etat, les dirigeants sportifs, les athlètes, la presse, les sponsors ou le public en général se ressaisissent pour redonner au sport mauricien ses lettres de noblesse. L?aspect financier doit également être pris en considération.

<B>Quelles sont les activités prévues par le MSC cette année ?</B>

? Le National Sports Award est prévu pour le 16 janvier (NdlR : ce soir). Cette édition sera particulière car nous y avons invité tous les athlètes, dirigeants et entraîneurs qui avaient participé aux derniers Jeux indianocéaniques. La MBC présentera pour l?occasion un extrait des temps forts de l?année 2003. Pour la première fois, nous remettrons un trophée à tous les nominés alors que le Premier ministre prendra la parole au cours de la soirée de gala, preuve de l?intérêt qu?il porte à la chose sportive.

En mars, un cours d?administration destiné aux dirigeants sportifs est également prévu. A partir de cette année, une attention particulière sera accordée à l?audit des comptes des fédérations. Leurs dépenses sont financées par les contribuables. Dans un souci de transparence, nous désignerons les auditeurs, chose que les fédérations faisaient auparavant. A l?exemple du tennis de table, où plusieurs irrégularités ont été notées dans les comptes de la fédération.

Cette année, le Young Athlete Award, qui récompense les jeunes de moins de 15 ans, sera dissocié du Athlete of the Month Award. Le premier se tiendra dans les écoles primaires, cela afin d?attirer les jeunes à la pratique du sport.

Un projet est aussi à l?étude. L?Etat accorde annuellement une aide supplémentaire sous l?appellation de International Event et la Coaching Allowance à certaines fédérations. Elle s?élève à Rs 25 000. Le MSC veut en faire profiter les autres disciplines. Une somme semblable pourrait être accordée aux fédérations qui n?en perçoivent pas. Elle servira à financer des activités au niveau des jeunes et à assurer la promotion de leur discipline respective.

<B>Comment se passe, justement, l?organisation du National Sports Award ?</B>

L?organisation se passe très bien. Il ne reste que l?aspect du vote. Le public a commencé à envoyer leur bulletin. Les autres partenaires voteront le 16 au matin alors que les résultats seront proclamés au cours de la soirée de gala.

<B>Vous évoquiez des difficultés financières liées à ce concours. Le problème a-t-il été réglé ? </B>

? C?est dommage que nos sponsors n?aient pas répondu à notre appel. Ils nous ont fait comprendre qu?ils avaient énormément dépensé pour les JIOI. Nous voulions donner un cachet spécial, soit une somme importante aux gagnants cette année, mais malheureusement nos moyens ne nous le permettent pas. Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a tout de même fait un effort spécial en contribuant à hauteur de Rs 100 000.

<B>Vous avez repoussé ce concours, qui se tient normalement en décembre, au mois de janvier. Les critiques ne vous ont pas épargné...</B>

? Le MSC a pris cette décision après mûre réflexion. C?est d?ailleurs le cas dans bien des pays. Nous ne voulions pas nous retrouver dans la même situation qu?en 2001. David Li Yung Fong avait remporté le Championnat du monde durant la même période que se tenait le National Sports Award. Plusieurs compétitions importantes sont programmées en décembre et nous ne voulions pénaliser personne.

D?ailleurs, ce concours passe souvent inaperçu en décembre, période marquée par les fêtes. Le mois de janvier est idéal avec très peu d?activités où nous pouvons d?ailleurs compter sur le soutien de la presse.

<B>L?Etat a promu le MSC, depuis deux ans, au statut de Board A. Dans quelle mesure cette reconnaissance a-t-elle été bénéfique à l?instance que vous dirigez ?</B>

? Cette reconnaissance a été accordée au MSC de par le rôle qu?il joue dans le domaine sportif. On s?attendait à une augmentation plus ou moins considérable de notre budget annuel pour financer nos activités et aider davantage le sport mauricien. Mais tel n?a pas été le cas. Notre budget n?a été augmenté que de deux millions de roupies. Cette somme sert à financer les salaires des nouveaux membres du MSC et à l?entretien des nouvelles infrastructures sportives qui ont été placées sous la responsabilité du MSC.

En sus des piscines et de certains stades, le MSC s?est vu confier la gestion de sept nouvelles infrastructures depuis plus d?un an. Il s?agit du complexe de Glen Park, du stade de Quartier-Militaire, le Centre national de badminton, du Centre de tennis de table, du gymnase de Bon- Accueil et du stade de Bambous. Le centre de documentation du MSC y figure également.

Avec la reprise du football en 2001, les dépenses liées à l?entretien et à l?augmentation du personnel ont grimpé considérablement alors que les revenus sont minimes. Un exemple, nous employons une vingtaine de personnes au stade Anjalay et ne percevons rien en retour.

<B>Quel est le budget qui vous est alloué annuellement par le MJS ?</B>

? Le budget ne dépasse pas les Rs 12 millions. De par les moyens et le peu d?argent que nous percevons des sponsors, nous fonctionnons au jour le jour. On ne peut prévoir de grands projets à long terme. A titre d?exemple, notre musée du sport attend d?être mis sur pied.

<B>Et qu?en est-il de l?argent prélevé de la location des infrastructures ?</B>

? Seuls le Centre national de badminton et les piscines sont rentables. Cet argent sert à payer les salaires du personnel et à financer les diverses activités organisées par le MSC. Et encore, ces infrastructures sont souvent ouvertes gratuitement aux jeunes.

Qu?en est-il des revenus provenant de la vente des espaces publicitaires sur les sites sportifs ?</B>

? Un accord avait été conclu avec les sponsors des JIOI pour que les panneaux publicitaires restent sur les sites jusqu?au 31 décembre. Nous sommes en négociation avec une entreprise publicitaire qui sera responsable de la vente de l?ensemble des espaces publicitaires aux firmes.

<B>Le Premier ministre, Paul Bérenger, a annoncé, après les JIOI, la mise sur pied d?un comité de gestion pour gérer l?ensemble des infrastructures sportives. Comment accueillez-vous cette décision ?</B>

? Nous avons été informés officiellement de cette décision. Les infrastructures appartiennent à l?Etat. La question a été soulevée à plusieurs reprises et nous attendons la suite.

Ces comités existaient dans le passé. Certains fonctionnaient, d?autres non. Le stade Anjalay était très bien géré par l?équipe menée par Paul Jones. Pour que le projet fonctionne, il faudra des gens de calibre comme Jones.

<B>Vous êtes aussi membre du conseil exécutif de la Fédération internationale de badminton et secrétaire de la Fédération africaine. Vos commentaires sur les problèmes qui ont secoué l?AMB ces dernières années ?</B>

? C?est dommage que le badminton qui jouissait, il y a quelques années, d?une excellente réputation tant en termes de résultats que de gestion, en soit arrivé là. Je me souviens encore des performances mémorables réalisées par les nôtres aux Championnats d?Afrique juniors en 97 ou encore au championnat d?Afrique seniors 2000. Et il ne faut surtout pas oublier que Maurice occupait la trente-neuvième place mondiale en 1999. Depuis, le badminton est en chute libre. Nous avons besoin d?autres Martine Hennequin, Denis Constantin, Stéphane Beeharry ou encore Eddy Clarisse et surtout d?une administration dynamique et sérieuse pour relancer cette discipline.

<B>Vous êtes membre du comité d?organisation mis sur pied dans le cadre du prochain championnat d?Afrique, en avril, à Maurice. Le comité s?est-il déjà mis au travail ?</B>

? Le championnat d?Afrique 2004 est un événement important étant la dernière étape qualificative pour les Jeux olympiques d?Athènes. Il y va de l?honneur du pays hôte. La fédération a sollicité mon aide, en ma capacité de secrétaire général de la FAB. Notre première réunion de travail est prévue pour le 20 janvier.

<B>L?AMB vous a sollicité pour recruter un directeur technique national (DTN), où en êtes-vous ?</B>

? J?ai demandé à des amis asiatiques de trouver un entraîneur qui agira à la fois comme entraîneur et sparring-partner et surtout qui puisse parler l?anglais. Plusieurs propositions sont venues de la Corée, de l?Indonésie, de la Malaisie voire même de l?Allemagne. D?ici peu Maurice aura un DTN.

<B>Le président de la FIB, Korn Dabbaransi, a annoncé qu?un million de dollars américains pourrait être distribués aux cinq continents dont US $ 100 000 dollars à l?Afrique. Comment accueillez-vous cette décision ?</B>

? La situation économique des pays africains est précaire. Très peu d?argent est investi dans le sport. Et là encore ce sont le football, l?athlétisme et la boxe qui se taillent la part du lion. Le badminton n?a que des miettes pour ne pas dire rien. Cet argent servira donc à propager le badminton à travers l?Afrique en venant en aide à ces pays. Nous mettrons des équipements et des entraîneurs à leur disposition. L?objectif de la FAB est d?augmenter le nombre de pays licenciés. Sur les 53 pays d?Afrique, seuls 27 sont membres de la FAB.

<B>Quels sont les grands projets de la FAB pour cette année ?</B>

? Nous prévoyons d?organiser un Road Show à travers l?Afrique. Huit joueurs de classe mondiale de l?Asie et de l?Europe feront des démonstrations. La tenue de la phase qualificative de la Thomas & Uber Cup version africaine est également une grande première pour l?Afrique. Les meilleures équipes féminine et masculine du Continent noir pourront participer à la phase finale qui se tiendra en Indonésie en mai.

Cette année, nous proposons un projet similaire à celui de Road to Beijing qui permet aux huit meilleurs jeunes Africains de se préparer dès maintenant, pour les Jeux olympiques 2008. Tous les frais sont encourus par la Solidarité olympique. Cependant, vu que dans certains pays les meilleurs élements n?ont pas été sélectionnés, la FAB a décidé de leur donner la même chance.

?Si les fédérations consacraient 10 % de l? énergie et du temps perdus dans les disputes et polémiques, le sport aurait avancé.? ?Si les fédérations consacraient 10 % de l? énergie et du temps perdus dans les disputes et polémiques, le sport aurait avancé.?

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