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Fin de parcours pour le calife sanguinaire
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Fin de parcours pour le calife sanguinaire
Soutenu d?abord par l?Occident avant d?être diabolisé, Saddam Hussein aura durant sa dictature engagé l?Irak dans les trois grands derniers conflits du Moyen-Orient et laisse son pays exsangue malgré ses richesses pétrolières. Plus de huit mois après la chute de son régime, le raïs irakien, passé maître en près d?un quart de siècle dans l?art d?échapper à ses adversaires ou de les supprimer, a cette fois atteint le point de non-retour.
Douze ans après la guerre du Golfe, menée par George Bush père, son fils s?était engagé à renverser ?par tous les moyens? le régime de Bagdad. Depuis les attentats du 11 septembre, le gouvernement de Saddam Hussein était en effet dans le collimateur de Washington qui l?accusait de former, avec l?Iran et la Corée du Nord, un ?axe du Mal? en quête d?armes de destruction massive.
Le raïs irakien avait survécu aux deux précédents conflits, à de nombreux complots, tentatives d?assassinats et soulèvements. Mais cet homme, obsédé par la postérité, était plus que jamais un homme traqué lorsque les forces britanniques et américaines se sont lancées à l?assaut de Bagdad. Depuis des années, Saddam ne restait jamais plus de quelques heures dans le même lieu et ne dormait jamais deux nuits de suite dans le même lit, utilisant même des sosies pour mieux tromper ses ennemis. En outre, il faisait analyser tous ses aliments et ses cuisiniers travaillaient sous la surveillance de ses gardes du corps personnels par crainte d?un empoisonnement. Un isolement qui était la rançon d?un pouvoir absolu obtenu à coup de purges et de répressions sanglantes.
Né le 28 avril 1937 dans le village d?Al Aoudja, proche de la ville de Tikrit, à 150 km au nord de Bagdad, Saddam Hussein est orphelin de père à l?âge de neuf mois et élevé par un oncle. Dès 1953, il a déjà des démêlés avec la police du royaume pour ses activités politiques. A l?âge de 18 ans, il se rend à Bagdad pour ses études et prend part à un soulèvement contre la famille régnante pro-britannnique en 1956. Peu après, il adhère au Parti Baas.
La monarchie est renversée en 1958. L?année suivante, en octobre, Saddam participe à la tentative d?assassinat visant le président Abdel-Karim Kassem. Le complot est éventé et le conspirateur fuit en Egypte, puis en Syrie. Il regagne Bagdad à la faveur du putsch militaire qui porte le Parti Baas au pouvoir en février 1963, mais neuf mois plus tard, les baassistes étant renversés, il doit se cacher. Arrêté, jeté en prison, il est libéré en 1966. Il participe au putsch qui porte de nouveau au pouvoir les baassistes le 17 juillet 1968.
Nommé vice-président du puissant Conseil de commandement de la Révolution, il fait bientôt figure d?homme fort du pays derrière le chef de l?Etat, Ahmed Hassan al Bakr, de santé fragile, auquel il succède en juillet 1979 après avoir procédé à une vaste épuration au sein des instances dirigeantes du parti. Un an environ après son arrivée à la présidence, le 22 septembre 1980, éclate la guerre Iran-Irak, le premier des grands conflits survenus sous son règne.
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