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Faut-il consigner les bouteilles en plastique ?
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Faut-il consigner les bouteilles en plastique ?
OUI
Ananda Rajoo conseiller au ministère de l?Environnement
Dans quel contexte se situe le projet de consigner les bouteilles en plastique ?
Selon les projections, nous générerons 900 g de déchets par tête d?habitant quotidiennement en 2010, contre 700 g actuellement. Le pays dépense plus de Rs 500 millions par an pour collecter, transporter et enfouir ces déchets. Or, vu la taille de l?île, les sites susceptibles de répondre aux critères géotechniques pour aménager des centres d?enfouissement techniques (CET) sont très limités.
C?est pour cette raison et aussi dans l?intérêt d?un développement durable que nous devons réduire à la source le volume des déchets. Le but étant de prolonger la durée de vie des CET et de valoriser ces déchets. Dans cette optique, le National Solid Waste Management Plan préconise le concept de la minimisation des déchets, qui implique le compostage pour les déchets verts, le recyclage des métaux et du plastique, et l?incinération.
Quelle est la situation pour les bouteilles en plastique ?
L?industrie des boissons gazeuses génère environ 65 millions de bouteilles en plastique PET par an. Avant l?entrée en vigueur de la PET Bottle Permit Regulation qui a institué un système de collecte et de recyclage de ces bouteilles, celles-ci allaient à Mare-Chicose. Mais, ce PET Recycling Project s?est avéré inefficace et cher : seules 5 bouteilles sur 100 sont ramassées et recyclées et cela coûte Re 1,30 pour collecter une seule bouteille.
Qu?est-ce qui n?a pas marché ?
L?absence d?un système de tri à la source a été le principal handicap. Ensuite, comme deux Mauriciens sur trois n?ont pas de voiture, ils ne sont pas allés déposer leurs bouteilles dans une des 60 poubelles spéciales installées dans l?île. Or, on ne peut pas attendre que Maurice soit submergée de bouteilles en plastique, d?où cette idée de ce Deposit Refund System.
Quels sont ses avantages ?
D?abord, l?utilisateur a une motivation financière pour remettre la bouteille dans le circuit du recyclage. Ensuite, ce système n?implique pas l?argent du contribuable. Le produit ne revient pas plus cher au consommateur, car celui-ci récupère son argent en rendant la bouteille. Enfin, avec la disparition de ces bouteilles, on assainit l?environnement.
NON
Jayen Chellum secrétaire général de l?Acim, association de consommateurs
Pourquoi êtes-vous contre la consigne des bouteilles en plastique ?
L?Acim est pour la consommation durable, c?est-à-dire, en faveur de toute politique réfléchie pour la préservation de l?environnement en matière de consommation. Mais ce projet montre l?échec de la décision du gouvernement dans les années 1990, d?autoriser l?introduction à grande échelle des technologies d?emballage en plastique. À l?époque, l?Acim avait invité la population à boycotter les boissons gazeuses dans des logements en plastique. Le gouvernement n?avait pas écouté notre mise en garde.
Aujourd?hui, les autorités semblent vous donner raison?,
En effet. Au fil des années, l?industrie du plastique, et en particulier celle des bouteilles, s?est avérée l?une des plus polluantes. Il y a des bouteilles en plastique partout, au bord des routes, dans les cours d?eau, dans les forêts.
Comment expliquez-vous cela ?
À cause de sa petite taille, le marché mauricien est producer driven. C?est-à-dire, que ce sont les producteurs qui déterminent en grande partie les caractéristiques du marché et créent la demande. C?est ainsi qu?avec l?imprévoyance et la complicité des décideurs politiques de l?époque, les emballages en plastique ont envahi notre vie.
Mais les Mauriciens y ont trouvé leur compte ?
C?est vrai, mais ce sont surtout les producteurs qui en ont profité. Le prix du plastique est comptabilisé dans le prix de vente du produit. De plus, le producteur sort gagnant parce qu?il n?a pas à payer le transport pour le retour de l?emballage. C?est dans cette logique que les autorités ont imposé aux embouteilleurs le coût du ramassage.
Ce projet n?a pas marché, d?où la nouvelle proposition?
On s?y est mal pris. Y a-t-il eu une campagne agressive pour sensibiliser les Mauriciens à utiliser ces poubelles spéciales. Celles-ci ont-elles été placées en quantité suffisante et là où il le fallait ?
Pour vous, le projet de consignation est donc injuste ?
Oui, dans la mesure où on enlève la responsabilité de la préservation de l?environnement du producteur et on la met sur le dos du consommateur sans défense.
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