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Un mariage arrangé qui finit en suicide
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Un mariage arrangé qui finit en suicide
Sarvanee Kanhy et Adesh Rughoobur, âgés de 23 et de 35 ans, allaient célébrer leurs deux années de vie commune le 23 novembre. Comme c?est encore la coutume dans les régions rurales, le couple a fait un mariage arrangé. Au fil du temps, les époux apprenaient à mieux se connaître, entourés des parents d?Adesh, à Amaury, un petit village du district de Rivière-du-Rempart. La vie de Sarvanee était néanmoins entachée de querelles anodines avec la belle-famille. Tout n?est pas toujours rose lorsque l?on vit chez ses beaux-parents en attendant que son époux parvienne à construire un « coin » au-dessus de la maison parentale. Mais avant même de pouvoir en profiter pleinement, Sarvanee s?est pendu dimanche dernier à cause d?une banale dispute.
Pendue avec un « horni »M
Ce jour-là, Sarvanee et Adesh étaient partis pique-niquer avec quelques amis à Poste-Lafayette. Les heures s?écoulaient dans la gaieté mais Sarvanee n?avait qu?une idée en tête : rentrer tôt pour nourrir son chien, John. Adesh ne voulait pas gâcher ces quelques moments de détente, si bien que le couple n?est rentré à Amaury que vers 22 heures. Sarvanee n?a alors pas pu contenir sa colère. Elle s?est disputée avec son époux avant de s?enfermer dans sa chambre. « Je ne me doutais pas qu?à ce moment-là, elle allait commettre l?irréparable. Elle a claqué la porte en disant qu?elle allait rentrer chez sa mère », raconte Adesh. Ce n?est que le lendemain matin qu?il s?est rendu compte qu?elle s?était pendue avec un horni.
Lundi, en attendant que le médecin légiste de la police procède à l?autopsie de la défunte, la famille Kanhy est montée au créneau, soupçonnant un foul play. « So belmère ine bien fer régardant are li? Ma fille était très malheureuse chez ses beaux-parents. À chaque fois, elle me racontait les misères qu?on lui faisait. Je lui disais alors de revenir à la maison. Ils ont fini par la tuer? », lance Jyotee, la mère de la défunte. En début de semaine, avant que les conclusions de l?autopsie ne soient connues, c?était la guerre ouverte entre les Kanhye et les Rughoobur. Chacun voulait récupérer la dépouille de Sarvanee pour les funérailles.
Elle n?arrivait pas à avoir un enfant
Jyotee Kanhye ne pouvait se résoudre à l?idée que sa fille s?était suicidée. « À chaque fois des voisines lui disaient qu?elle avait mal agi en se mariant avec un chauffeur de taxi. Zot ti dire li ki bane sofer la bane coureurs et ki si li garde ene fam ki li pou fer. Li réponn li dire li éna so la vie, li aussi li ava rode ene lot dimoun pou li. » Visiblement heureuse, Sarvanee n?avait qu?un seul souci. Depuis deux ans, elle n?arrivait pas à avoir un enfant et cela lui pesait. « Sa belle-mère ne cessait de la harceler en lui disant que les traitements médicaux ne serviraient à rien. Alors Sarvanee craquait », raconte Jyotee qui n?arrive pas à retenir ses larmes.
« Tout ce que raconte la famille de Sarvanee est faux. C?est vrai qu?il y a eu des disputes entre elle et ma mère, comme c?est souvent le cas dans les familles. On a vu un gynécologue et il lui avait dit que des femmes arrivaient souvent à avoir un enfant après dix ans de traitement. C?est dans un moment de colère qu?elle s?est pendue », confie Adesh avec tristesse.
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