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Prison Security Squad : le mal nécessaire

11 octobre 2003, 20:00

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Inconnue il y a seulement quelques mois, la Prison Security Squad (PSS), service de sécurité de l?univers carcéral, connaît une notoriété sans pareil depuis le passage à tabac du détenu Wendy Lafleur il y a deux semaines. Vouée aux gémonies, la brigade de choc est pourtant un mal nécessaire pour contenir tout débordement ou début de mutinerie dans la prison. « Dans la rue, c?est la police régulière qui veille au grain. S?il y a une manifestation illégale, c?est la Special Supporting Unit qui est appelée à la rescousse. Lorsque la manif vire à l?émeute, pour la mater, il faut la Special Mobile Force. En prison, l?équivalent de la SMF est la PSS. Il faut des renforts en cas de pépin, sinon il y aura des dérapages », résume un responsable de la police.

Composé de gardiens de prison triés sur le volet, la PSS a été mise en place au lendemain de l?évasion rocambolesque de Rajen Sabapathee, Dan Ramessur, Talat Jugessur, d?Alex Antoine Lionel dit Dallon et de Clifford Kersley Rioux de la prison de haute sécurité de Phoenix ? La Bastille ? le 30 juillet 1999. Forte d?environ 125 hommes, la brigade spéciale a été entraînée par les moniteurs de la SSU et la SMF ? pour le maniement des armes ? afin de stopper toute rébellion dans les différentes prisons de l?île. Évidemment, comme le plus grand nombre des détenus est incarcéré à la prison centrale de Beau-Bassin, la majorité des officiers de la PSS y est affectée.

« Zot pé fer couma dire nou bane bourreau. Nek pensé dé trois sa bane grand criminel la sapé, eski dimoune pou dormi bien dan Moris ? Tou mové dimoune ki dans prison, pas bane anges sa? Si kan kozé zot pas kompran, nou pas kapav nek servi légant velours. Si pas servi impé la force, zot pas pou respecté nou. Sans sa, tou pou fout lé camp », souligne un membre de la PSS. Ses collègues et subordonnés occupent des positions clés au niveau de la surveillance des prisons. Ils assurent le transfert des prisonniers dans les prisons, sont présents dans les tours de surveillance et font la sentinelle, arme au poing.

Équipés de casques et de matraques comme la SSU, les membres de la PSS ne sont pas munis de cagoules. Les enquêtes menées jusqu?ici démentent ce « détail » révélé dans la presse. « Des gardiens de prison comme moi ne les portent pas dans leur c?ur. Ils perçoivent une allocation supplémentaire de Rs 800 et nous, non. Mais cette équipe a sa raison d?être. Si un malheur survenait, qu?il y a une mutinerie, beaucoup de gardiens le paieront de leur vie en attendant que la police anti-émeute débarque. Le 26 septembre, s?ils n?avaient pas maté la révolte, la situation se serait peut-être envenimée », commente un gardien de la prison centrale.

Ils sont plus d?une quarantaine à assurer la sécurité à Beau-Bassin. Il n?est pas rare pour les visiteurs de la prison centrale de voir une fourgonnette remplie d?hommes en uniforme stopper brusquement devant leur véhicule pour vérifier leur identité et la raison de leur présence sur place. Le ton pour le moins brusque et la mine peu engageante de ces hommes dissuadent toute tentative de leur tenir tête. Ce sont des durs et ils n?entendent pas se laisser marcher sur les pieds.

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