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Remodelage

2 septembre 2003, 20:00

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Plusieurs forces très perceptibles agissent sur les technologies de l?information sur le plan global. A Maurice, il est nécessaire de se donner un temps de réflexion afin de bien saisir les nouvelles dynamiques qui découlent, entre autres facteurs, d?une nouvelle géographie IT. Une meilleure compréhension des nouvelles donnes ?géo-technologiques? permettra aux décideurs et opérateurs de mieux positionner nos futures industries informatiques et ITES (?IT-enabled services?) sur la carte mondiale.

Une ?supply chain? des services IT est en train de se mettre en place sur le plan global, un peu à la manière de la production électronique au cours de ces dernières décennies. Par exemple, le développement des systèmes informatiques complexes implique (l?Internet aidant) la participation de plusieurs fabricants à travers le monde. Maurice doit pouvoir trouver ce maillon de la chaîne qui va lui convenir.

Les barrières entre les ?business processes? et les services IT en tant que tels (développement de logiciels, par exemple) s?amenuisent graduellement. Des opérations de maintien de programmes informatiques, de programmation mineure et de sauvegarde des données et des applications se prêtent de plus en plus à la déloca-lisation. A travers ce type de BPO (?business processes outsourcing?), Maurice sera en mesure de se positionner sur cette fameuse ?supply chain? informatique globale et d?avoir sa part de gâteau dans le remodelage ?géo-technologie?.

L?expert en matière d?ITES, Ravi Aron, suggérait récemment au gouvernement d?envisager une approche hybride dans le cadre de la stratégie de développement des prestations de BPO, c?est-à-dire avoir un assortiment de prestations à haute valeur ajoutée et des services basiques. Cela permettra d?atteindre à la fois les objectifs de création d?emplois et de positionner Maurice comme une destination de qualité en ce qui concerne la sous-traitance en offshore.

L?Inde, qui est devenue au fil des années une destination BPO de grande réputation, commence elle-même à sous-traiter vers des pays tels que la Chine, où le coût de la main-d??uvre est encore plus compétitif. De grosses pointures de l?informatique indienne dont Wipro, Tata Consultancy Services et Infosys sont désormais en compétition directe avec les plus larges ?outsourcers? américains, parmi lesquels figurent Accenture et IBM Global Services.

Même dans le cas des BPO basiques ? tels les centres d?appel et la transcription médicale ? la main-d??uvre devra être polyvalente. Moyennant une formation supplémentaire minimale, un employé affecté à un centre d?appel devra pouvoir se recycler dans une activité de trans-cription médicale, par exemple.

Il importe donc d?engager une réflexion beaucoup plus sérieuse au sujet du BPO avant de monter des campagnes de promotion. D?ailleurs, les experts en la matière qui nous ont récemment rendu visite ne sont pas enthousiastes à l?idée des ?road shows?. Les prestations sont tellement ciblées qu?elles ne peuvent intéresser que des segments spécifiques.

Une autre dynamique : l?innovation n?est plus la force dominatrice de la création et la diffusion de l?IT. Les ?start-ups?, principales génératrices d?idées innovantes au temps du boom IT, se font aujourd?hui très discrètes. Les tendances sont essentiellement déterminées par les utilisateurs qui, eux, ont davantage les yeux rivés sur le facteur coût. L?acquisition des services et du matériel informatique ne se fait plus par impulsion.

L?industrie marque donc un temps d?arrêt. C?est le moment ou jamais pour les pays comme Maurice, qui n?ont jamais eu une tradition de recherche et de développement technologique, de faire le saut.

Mais entre les BPO basiques et les opérations à forte intensité de technologie, il y a la sous-traitance des prestations telles que les opérations financières (l?administration des ?payrolls?, le traitement des données de comptabilité, la facturation?) qui offre un créneau fort rémunérateur, et pour lequel les compétences mauriciennes sont prêtes.

par Akilesh ROOPUN

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