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Marche des fiertés

«Ansam, nou pli for !»

14 juin 2026, 15:30

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«Ansam, nou pli for !»

■ L’événement a réuni des centaines de personnes pour promouvoir la visibilité, l’inclusion et l’égalité des droits de la communauté LGBTQIA+.Photos: Rishi Etwaroo.

Les bougies artisanales, les costumes chatoyants, sans oublier les arcs-en-ciel, donnaient à Rose-Hill des airs de carnaval hier. Mais sur les téléphones des marcheurs, les notifications continuaient de tomber : insultes, menaces, appels à la violence. 21 ans de Marche des fiertés, et toujours pas de droit à l’union civile. La communauté LGBTQIA+ mauricienne célèbre ses victoires d’une main et, de l’autre, continue de se défendre.

Pour cette 21e édition, organisée par le Collectif Arc-en-Ciel (CAEC) en collaboration avec la Young Queer Alliance, RekonekT, Gender Links, EkiT et PILS, plusieurs centaines de membres de la communauté et de leurs alliés ont sillonné les rues de Rose-Hill dans une atmosphère colorée, portée par la musique et les performances artistiques. Un village associatif, animé dès la matinée, avait posé le décor : artisans, entrepreneurs, associations, autant de visages d’une société civile qui affirme, à sa manière, que la diversité n’est pas négociable.

Le mouvement à l’origine des Marches des fiertés est né en juin 1969, à New York, après une violente descente de police au Stonewall Inn, un bar fréquenté par la communauté homosexuelle. Les émeutes qui ont suivi ont marqué le début d’un mouvement mondial pour l’égalité des droits. Un an plus tard, en 1970, des milliers de personnes défilaient pour la première fois dans les rues de Manhattan. Aujourd’hui, des marches similaires se tiennent dans plus d’une centaine de pays.

MarcheLa Marche des fiertés est organisée par le Collectif Arc-en-Ciel et plusieurs partenaires.

À Maurice, le CAEC organise cet événement depuis 2005, avec un objectif constant : rendre visible ce que la société tend à ignorer et réclamer des droits là où ils font encore défaut. Comme toute marche revendicative – qu’elle soit syndicale, environnementale ou citoyenne – elle n’a pas vocation à convaincre ceux qui s’y opposent, mais à occuper l’espace public auquel chaque cause a droit. Ceux qui n’adhèrent pas au message sont libres de ne pas y participer. La haine, en revanche, ne fait partie d’aucun débat légitime.

Mais derrière la fête, le message politique était sans ambiguïté. La revendication centrale de cette édition 2026 : la reconnaissance de l’union civile pour tous. «Nous avons gagné une bataille avec l’abolition de la l’article 250, mais ce n’est pas suffisant», a déclaré Dimitri Ah Yu, président du CAEC, la voix légèrement tremblante devant la foule rassemblée. «Aujourd’hui, la communauté LGBT n’a pas les mêmes droits que tous les Mauriciens. C’est ce que nous réclamons : le droit d’être libres, le droit à l’union civile.»

Une liberté qui, pour beaucoup, reste abstraite tant que les violences demeurent concrètes. «Les messages de haine que nous recevons sont inimaginables et inacceptables», a poursuivi Ah Yu. «La violence verbale existe. La violence physique aussi. C’est pour cela que nous marchons.» Un appel à la protection lancé, une fois de plus, aux autorités compétentes.

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