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Cigarettes

L’effet Budget provoque des tensions d’approvisionnement

14 juin 2026, 17:45

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L’effet Budget provoque des tensions d’approvisionnement

Les difficultés d’approvisionnement en cigarettes à quelques jours de la présentation du Budget 2026-2027 continuent d’alimenter les interrogations. Entre achats anticipés des consommateurs, soupçons de constitution de stocks par certains détaillants et limitations imposées par les mesures «anti-forestalling» — qui visent à empêcher les importations ou achats massifs de cigarettes avant une éventuelle hausse de taxes — de la Mauritius Revenue Authority (MRA), plusieurs facteurs semblent expliquer les tensions observées sur le marché.

Comme l’explique le président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC), Suttyhudeo Tengur, au cours des cinq dernières années, les prix des cigarettes, comme ceux de l’alcool, ont suivi une tendance haussière. Une situation qui reste ancrée dans l’esprit des consommateurs, qui anticipent de nouvelles augmentations et ajustent leurs achats en conséquence. Cette anticipation, ajoute-t-il, influence également les commerçants, certains adoptant des stratégies de rétention de stocks face à la perspective d’une hausse des prix.

De son côté, Oscar Mamet, Managing Director de TNS Tobacco, soutient également qu’à l’approche du Budget, «il est tout à fait normal d’observer une augmentation de la demande de cigarettes. Chaque année, les consommateurs et les détaillants anticipent d’éventuelles hausses de taxes ou de droits d’accise et adaptent leurs achats en conséquence. C’est notamment le cas pour les marques que nous représentons et distribuons.»

«Anti-forestalling»

Toutefois, précise-t-il, depuis 2024, la législation prévoit en effet des mesures dites d’«anti-forestalling», visant à éviter la constitution de stocks excessifs avant une hausse de taxes. Dans ce cadre, la MRA encadre les volumes de cigarettes pouvant être mis sur le marché durant la période précédant le Budget, afin d’empêcher toute accumulation susceptible d’échapper aux nouveaux droits d’accise.

«Le principe de ces mesures est parfaitement compréhensible et nous le soutenons. Toutefois, les volumes autorisés ont été calculés sur la base du calendrier habituel, le Budget étant traditionnellement présenté durant la première semaine de juin», explique-t-il.

«Or, le Budget a finalement été reporté au 19 juin, soit près de deux semaines plus tard. Cela signifie que les quotas et volumes prévus pour la période allant jusqu’au début juin doivent aujourd’hui s’étendre sur deux semaines supplémentaires. En d’autres termes, le marché fait face à une demande pré-Budget prolongée alors que les volumes mis à disposition ont été calculés pour une période plus courte. Cette situation crée naturellement des tensions temporaires dans l’approvisionnement. Certains détaillants peuvent recevoir des quantités plus limitées, non pas parce qu’il existe une pénurie structurelle de cigarettes, mais parce que les distributeurs doivent respecter les volumes réglementés prévus dans le cadre des mesures d’“anti-forestalling”.»

Dans ce contexte, Oscar Mamet estime qu’un ajustement temporaire des quotas par la MRA pourrait permettre de mieux tenir compte du report de la date du Budget, tout en maintenant les objectifs des mesures dites d’«anti-forestalling», qui visent à encadrer les volumes mis sur le marché avant une éventuelle modification de la fiscalité. Rappelons que le ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, invite les consommateurs à signaler toute difficulté d’approvisionnement ou suspicion de rétention de stocks via la hotline 185 de la Consumer Affairs Unit, en précisant notamment le produit concerné ainsi que le point de vente. Dès qu’une plainte est enregistrée, les officiers interviennent pour effectuer des vérifications sur place.

Par ailleurs, dans une perspective plus large, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que les hausses significatives des taxes sur les produits du tabac figurent parmi les mesures les plus efficaces pour réduire leur consommation. En les rendant moins abordables, ces politiques contribuent à diminuer l’usage du tabac et à limiter l’initiation chez les jeunes, particulièrement sensibles aux variations de prix. Selon l’OMS, le tabac cause environ huit millions de décès chaque année dans le monde et demeure l’une des principales causes de mortalité évitable.

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