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Le marchandage des voyagistes indiens
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Le marchandage des voyagistes indiens
Le tourisme indien donne du fil à retordre aux Mauriciens. Le marché est autrement structuré. Le touriste indien obéit à des m?urs différentes. Voilà qui suffit pour mettre en désarroi des opérateurs mauriciens, plus habitués à la tactique européenne. Cela fait des années qu?ils en subissent le diktat. Au point parfois de ne pas faire du marché indien une priorité.
La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) essaie d?aider les opérateurs à s?imposer face aux Indiens. Sa tâche paraît hasardeuse : convaincre les opérateurs de cesser la compétition et de tomber d?accord sur une politique de prix. Elle les a réunis en fin de semaine pour parvenir à un consensus. Faute d?accord, il a été convenu de rationaliser l?approche au marché indien.
L?Inde a généré quelque 21 000 touristes l?an dernier. Il s?agit de visiteurs à petits budgets, voyageant en groupe et toujours à la recherche de forfaits. Cette année, l?industrie s?attend à recevoir 26 000 Indiens.?Le marché indien se porte bien. Mais il aurait pu faire nettement mieux. 20 % du marché peut dépenser davantage au départ?, explique de son côté, Karl Mootoosamy, directeur de la MTPA
Les opérateurs mauriciens n?ignorent pas cela, mais ils sont découragés. ?Les Indiens vous demandent le ciel et la terre mais ne veulent rien payer en retour?, résume Viraat Bhalla, représentant de la MTPA à New Delhi.
Les Indiens sont considérés comme des as du marchandage. Dans le processus, ils n?hésitent pas à monter un opérateur contre un autre.?Le marchandage est presque culturel chez l?Indien. Il n?y a qu?en Europe qu?il ne négocie pas?, explique Viraat Bhalla.Ce dernier estime qu?il appartient aux opérateurs mauriciens d?apprivoiser le marché. ?Les prix demeurent la responsabilité des hôteliers et des tour- opérateurs mauriciens.?
L?appel à plus de fermeté et d?homogénéité dans les prix pratiqués est formel. ?Vous avez un beau produit. Maintenez le prix et l?image de la destination. Celle-ci trouvera encore preneurs?, affirme Viraat Bhalla. Ce n?est qu?à cette condition, ajoute-t-il, que les opérateurs mauriciens arriveront à rentabiliser leur présence sur le marché indien.
Le secteur est impitoyable, réplique de leur côté, les opérateurs. La compétition est impitoyable et plusieurs coupent sur leurs marges de profits pour attirer les clients.
Les participants à la réunion ont obtenu l?engagement de la MTPA d?identifier les tour-opérateurs les plus fiables et d?en communiquer une liste à l?industrie. L?idée de traiter avec une poignée d?opérateurs indiens triés sur le volet fait son bout de chemin.
Les tour-opérateurs locaux ont aussi décidé de joindre leurs forces. Ils essaieront d?harmoniser leurs approches au marché indien afin de laisser très peu de marge de man?uvre aux voyagistes indiens pour marchander.
Initialement convoquée pour dégager une politique de prix pour le marché indien, la réunion de la MTPA a vite débordé sur la frustration de l?industrie par rapport aux touristes indiens. Le manque de capacité aérien et le coût élevé du billet surtout en fin d?année ont aussi été évoqué.
Raj Bhujohory, directeur régional d?Air Mauritius, explique que le transporteur procède à l?entretien des avions à cette période. Il a indiqué qu?Air Mauritius est en train de rationaliser ses opérations, ce qui devrait libérer des avions additionnels pour la desserte Inde-Maurice. La structure de prix (50 % plus élevé en fin d?année) sera aussi revue. Il estime que si l?on arrivait à délivrer les visas d?entrée sur place à Chennai, le coût du billet au départ de cette ville serait moindre.
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