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Une femme soupçonnée du meurtre de son époux

19 août 2003, 20:00

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Une énième dispute conjugale chez les Aliphon a tourné au drame dans la soirée de lundi à mardi à Poste-Lafayette. Ne supportant plus les assauts de son époux alcoolique, Marie-Françoise, 47 ans, l?a poignardé à l?aide d?un canif alors qu?il s?en prenait à son fils aîné. Elle a été arrêtée hier matin à son domicile par la Criminal Investigation Division (CID) de Flacq.

La consternation était palpable hier dans l?entourage des Aliphon.?Il arrivait parfois que le couple se dispute mais je ne savais pas que c?était aussi grave?, assure une voisine. Mariée depuis huit ans à Louis-Johnny Aliphon (35 ans), Marie-Françoise est femme de ménage chez les Cayeux dont le domicile est situé à quelques pas de leur demeure. Le couple Aliphon vivait en effet dans une maisonnette appartenant aux Cayeux. ?C?est une femme qui avait de bons sentiments?, assurent ces derniers.

Depuis un mois, les relations entre Marie-Françoise et Louis-Johnny se sont détériorées. La tension est toutefois montée d?un cran il y a une semaine. ?Ma mère ne supportait plus que Louis-Johnny rentre à la maison complètement ivre. Elle le soupçonnait d?entretenir des relations avec une autre femme?, avance le fils Raoul, issu d?un premier mariage de Marie Françoise.

Le climat d?animosité est tel qu?en début juillet, Louis-Johnny, maçon de profession, quitte le toit conjugal pour aller vivre chez sa mère à Roches-Noires. Il revient de temps en temps chez sa femme pour voir leur fille de sept ans.

Il est près de 15 h 30 lundi. Louis-Johnny regagne le toit conjugal. ?Il est entré en ballottant, tenant une bouteille d?alcool à la main?, raconte Raoul, encore sous le choc. Une violente dispute s?en suit. Alerté par es cris venant de la maisonnette, le couple Cayeux s?enquiert de la situation. ?Ma mère leur a expliqué que mon beau-père s?en prenait à elle. Madame est aussitôt sortie pour appeler la police?, explique le témoin de la scène. Louis-Johnny assurera aux policiers que ce n?est qu?une banale dispute et qu?il se tiendra tranquille. Rassurée, Marie-Françoise accepte qu?il reste ?un petit moment ?.

Une silhouette dans la maison

Le répit sera de courte durée. Sitôt les policiers partis, la dispute reprend de plus belle. ?Louis-Johnny s?est mis à hurler et à proférer des insultes?, poursuit Raoul. Le maçon menace son épouse d?emmener leur fillette vivre chez sa grand-mère paternelle. Marie-Françoise tente de s?interposer. C?est alors que Louis-Johnny s?empare d?un sabre. Des villageois affirment l?avoir vu, peu après, marchant au bord de la route avec sa fille de sept ans, terrifiée.

Bouleversée, Marie-Françoise se rend au poste de police de Flacq pour y consigner une déposition. Il est 20 heures. De retour, la mère et son fils aperçoivent une silhouette à l?intérieur de la maison. ?Je n?ai pas compris tout de suite ce qui se passait. Nous avions fermé la maison à clef avant de nous rendre à Flacq?, assure Raoul.

Le maçon était revenu sur ses pas. Il avait ôté quelques ?nacos? pour pénétrer à l?intérieur. ?Il était dans la chambre de ma mère. En regardant par la fenêtre, j?ai réalisé qu?il mettait le feu aux vêtements de ma mère?, dit Raoul. Il est près de 23 heures.

Mère et fils se précipitent dans la maison pour tenter d?immobiliser l?homme qui se montre très menaçant. Raoul se jette sur son beau-père, une violente bagarre éclate. Le fils de Marie-Françoise tente vainement d?arracher le sabre des mains du maçon. Mais celui-ci lui porte un coup au visage. Raoul ne devra son salut qu?au fait que Louis-Johnny ne tenait plus sur ses jambes. ?Le sabre m?a seulement effleuré le visage?, dit Raoul montrant la coupure qu?il porte sur la joue gauche. C?est à ce moment précis que sa mère, prise de panique, aurait saisi un canif pour poignarder son époux à l?abdomen.

?Il ne s?est pas rendu tout de suite compte qu?il était blessé. C?est quand il a commencé à perdre beaucoup de sang qu?il s?est calmé?, explique Raoul. Louis-Johnny s?effondre peu après sur le lit, dans une mare de sang. Marie-Françoise appelle la police qui arrive peu après. Elle sera aussitôt arrêtée et placée en détention.

L?autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste, a attribué la cause du décès à une perforation du c?ur. C?est la CID de Flacq qui est chargée de faire la lumière sur cette affaire.

Le couple Cayeux a retenu les services de Me Angélique Coquet pour défendre Marie-Louise Aliphon.

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