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Autisme et inclusion scolaire
«Voir, entendre et respecter chaque enfant»
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Autisme et inclusion scolaire
«Voir, entendre et respecter chaque enfant»
Réunissant éducateurs, professionnels de santé et parents, l’atelier organisé par l’Office of the Ombudsperson for Children, le mercredi 12 novembre à Réduit a permis de dresser un état des lieux de la prise en charge des enfants souffrant de troubles du spectre de l’autisme. Objectif : briser les barrières qui freinent encore leur inclusion dans le système éducatif.
«Aucun enfant ne doit être laissé derrière.» C’est sur cette conviction que l’Ombudsperson for Children, Aneeta Ghoorah, a ouvert la session intitulée Breaking Barriers: Autism and Inclusive Learning. En présence de nombreux acteurs du monde éducatif et médical, elle a rappelé que chaque enfant, «peu importe ses capacités ou ses circonstances, doit être vu, entendu et respecté».
Pour elle l’autisme n’est pas une expérience unique : «Chaque enfant a ses forces, ses défis et ses besoins.» D’où l’importance, selon elle, d’une société «qui s’adapte, qui écoute et qui offre un véritable soutien». L’atelier visait ainsi à identifier les obstacles, visibles et invisibles, auxquels se heurtent les enfants autistes, tout en encourageant la collaboration entre institutions, ONG, enseignants et parents.
«Notre rôle n’est pas seulement d’apprendre, mais de repartir avec un sentiment renouvelé de responsabilité», a insisté Aneeta Ghoorah, saluant au passage l’engagement de tous ceux qui œuvrent déjà pour une éducation plus inclusive.
La pédopsychiatre, la Dr Nazeerah Goulamnabee-Foondun, consultante au Brown Sequard Mental Health Care Centre, a livré un exposé détaillé sur les caractéristiques du trouble du spectre de l’autisme (TSA) et les profils développementaux des enfants concernés. Elle a rappelé que l’autisme est «un trouble du neurodéveloppement qui apparaît très tôt dans l’enfance» et qu’il s’agit d’«une condition à vie», d’où l’importance d’un dépistage précoce et d’une prise en charge adaptée.
Selon elle, la prévalence mondiale se situe aujourd’hui autour d’un enfant sur 100 mais certains pays comme les États-Unis évoquent des taux plus élevés, jusqu’à un sur 36. Elle a aussi souligné que les filles sont souvent sousdiagnostiquées, notamment à cause d’un phénomène de «camouflage» : elles masquent davantage leurs difficultés.
«Deux enfants autistes ne se ressemblent jamais», a-t-elle expliqué. «Leur langage, leur cognition, leurs sensibilités sensorielles et leur comportement varient énormément.» Pour la Dr Goulamnabee, les symptômes les plus courants incluent des troubles de la communication et de l’interaction sociale, des comportements répétitifs et des particularités sensorielles (hypersensibilité ou hyposensibilité au son, à la lumière, au toucher).Elle a également insisté sur la nécessité d’impliquer les parents et de les former à reproduire à la maison les techniques des thérapeutes.
L’intervention précoce, a-t-elle expliqué, est essentielle : «Le cerveau de l’enfant est encore malléable. Plus on agit tôt, plus on augmente ses chances de s’épanouir.» La spécialiste a aussi évoqué les défis quotidiens des familles : le manque de ressources, la fatigue émotionnelle, mais aussi le poids du regard social et du stigmate. «Il faut aussi éduquer les autres enfants», a-t-elle rappelé. «On parle d’inclusion, mais si les camarades de classe ne comprennent pas ce qu’est l’autisme, l’exclusion continue autrement.»
Vivre l’autisme au quotidien : Le témoignage d’un parent
Être parent d’un enfant autiste, c’est naviguer entre amour inconditionnel, vigilance constante et combats invisibles. C’est l’expérience que partage un père, dont nous garderons son anonymat à propos de son fils. «Mon enfant est un grand cadeau pour notre famille», raconte-t-il. Dès sa naissance, la route a été semée d’embûches : un séjour prolongé en incubateur, des visites quotidiennes à l’hôpital et l’inquiétude permanente pour sa santé. À trois ans, un diagnostic d’autisme a révélé la réalité de leur quotidien. Mais les parents n’ont jamais douté : «Nous étions prêts à le soutenir, étape par étape.»
Grâce à l’accompagnement de thérapeutes spécialisés et à des interventions précoces, l’enfant a progressivement développé ses compétences, en particulier en communication. Pourtant, la vie publique reste un défi. Les sorties au supermarché ou les réunions familiales exigent patience et explications constantes, car toute perturbation de sa routine peut provoquer frustration et crises.
Le père souligne aussi le parcours scolaire, jalonné de réussites, mais surtout d’obstacles: «L’équipe administrative et certains enseignants ne comprenaient pas toujours ses besoins et parfois, nous avons dû intervenir directement auprès du ministère pour faire valoir ses droits.» Son fils était victime de graves discriminations.
Son message est clair : la société, les écoles et le gouvernement doivent s’impliquer davantage pour protéger et inclure les enfants autistes, au-delà de la simple obligation professionnelle. «Chaque enfant mérite d’être vu, entendu et respecté», insiste-t-il.
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