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Basant Roi : «La licence de la Bramer a été révoquée pour protéger les intérêts des dépositaires»

6 avril 2015, 16:49

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Basant Roi : «La licence de la Bramer a été révoquée pour protéger les intérêts des dépositaires»

«Aucun dépositaire ne va perdre son argent.» Ramesh Basant Roi a rajouté sa voix à celles du ministre des Finances et de l’administrateur judiciaire André Bonieux pour rassurer les clients de la Bramer Bank et de la British American Insurance (BAI). Commentant pour la première fois cette affaire de vive voix, il a expliqué que le gouvernement a pris cette décision pour «sauvegarder les intérêts des dépositaires» face à une «crise de liquidité qui risquait de s’aggraver».

 

«L’option c’était de révoquer la licence pour protéger les intérêts des dépositaires», a souligné le gouverneur ce lundi 6 avril. La situation à la banque «durait depuis très longtemps», a-t-il également confié, sans toutefois donner plus de détails à ce propos.

 

La bouée de sauvetage du gouvernement

 

Donc, à en croire les autorités, tous les détenteurs d’une police d’assurance à la British American Insurance (BAI) et d’un compte à la Bramer sont certains de retrouver leur argent. Le gouvernement a décidé de sauver quasiment tous les clients de la compagnie d’assurance et de la banque à travers des fonds versés pour garantir cet argent. Cet endowment fund, ou fond de dotation en français, permet à une entité choisie au préalable de recevoir et gérer des biens. Celle-ci a le devoir de faire fructifier ces biens dans l’intérêt général.

 

Vu que le nombre de personnes qui ont souscrit aux nombreuses polices d’assurances proposées par la BAI  avoisine les 135 000 et qu’il existe une trentaine de milliers de personnes qui ont un compte à la Bramer, la question est effectivement d’intérêt public. «Pour le moment, c’est le gouvernement qui assure le financement de cette compagnie, donc le gouvernement sera le seul actionnaire», indique André Bonieux, partenaire de Price WaterHouse Cooppers (PWC) et administrateur judiciaire de la BAI.

 

Reprise du privé ?

 

«Maintenant, il faudra demander au ministère des Finances quel est l’objectif à moyen terme, mais personnellement je pense que l’Etat va chercher à trouver assez rapidement un repreneur privé», ajoute André Bonieux. Voilà qui devrait assurer à la plupart des bénéficiaires de polices d’assurances de ne rien perdre.

 

Cependant, une partie des assurés se retrouvent sur le carreau. Il s’agit des bénéficiaires du plan d’assurance Super Cash Gold Back, qui assure des intérêts élevés et une fructification juteuse du capital. Seule condition pour rejoindre ce plan : effectuer le paiement de la police d’assurance d’une seule traite. Ce qui signifie que les montants versés sont plutôt gros…

 

Les mis à l’écart du plan de sauvetage

 

Ce plan, contrairement aux autres, restera sous le contrôle de la BAI pour le moment. Mais André Bonieux assure que «la situation n'est pas si dramatique que ça. On tient à rassurer les détenteurs de la police d'assurance Super Cash Back Goldque nous travaillons d'arrache-pied afin de trouver des solutions pour ramener la situation à la normale.» Ce qui signifie que la BAI va tenter de récupérer cet argent à travers des investissements, et qu’il pourrait être reversé en plusieurs parties aux clients sur plusieurs mois.

 

Cette déclaration rassure-t-elle les détenteurs du Super Cash Back Gold ? Pas forcément, apparemment. L’un d’entre eux, qui avoue avoir placé «une assez grosse somme» dans ce plan, pense qu’il aurait «beaucoup de chance» s’il retrouvait un jour son argent dans sa totalité. Il garde toutefois l’espoir d’en récupérer «au moins une partie» dans les mois qui viennent.

 

«Ce n’est pas juste», fustige un titulaire du Super Cash Gold Back

 

«On ne pouvait pas deviner qu’une police d’assurance proposée par un organisme aussi grand que la BAI, régit et contrôlé par les plus hautes institutions financières, soit bancal», avance notre interlocuteur, qui a tenu à garder l’anonymat. Ce retraité précise avoir reçu «un choc» en apprenant la nouvelle, et le fait de ne pas faire partie de l’endowment fund de l’Etat a rendu la pilule encore plus amère.

 

Pour le moment, précise-t-il, il peut vivre de l’argent qu’il a placé ailleurs. Mais pas pour très longtemps… «Ce n’est pas juste que les autres assurés et les titulaires d’un compte à la Bramer soient assurés par le gouvernement de retrouver leur argent et nous pas», déplore le malheureux investisseur.

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