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Projet hôtelier du Bouchon

Deux dates décisives pour trancher le conflit environnemental

7 juillet 2026, 18:00

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Deux dates décisives pour trancher le conflit environnemental

L’affaire, introduite par Eco-Sud en novembre 2024, porte sur le permis environnemental (Environmental Impact Assessment – EIA) accordé à la firme Le Bouchon Development Company Ltd pour la première phase d’un projet de développement évalué à plus de Rs 7 milliards. Le ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique ainsi que le ministère de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche, sont aussi des parties défenderesses.

Le projet est porté par Le Bouchon Development Company Ltd, filiale du Sugar Investment Trust, en partenariat avec Curzon Holdings (Mauritius) Ltd. Il prévoit, dans un premier temps, la construction d’un hôtel cinq étoiles de 200 chambres, première composante d’une Smart City. Le développement comprend également des villas, des résidences, des espaces commerciaux, des bureaux, un supermarché, un beach club résidentiel et d’autres infrastructures destinées à faire émerger un nouveau pôle touristique et résidentiel.

Griefs

Les audiences se sont intensifiées ces derniers jours avec des séances tenues les 29 juin, 1ᵉʳ juillet et 2 juillet, consacrées à la poursuite de l’instruction et à l’examen des éléments techniques versés au dossier. Les échanges portent essentiellement sur la validité du permis EIA délivré au promoteur et sur la conformité de la procédure suivie avant son obtention.

Eco-Sud soutient que l’étude réalisée ne permet pas d’apprécier l’ensemble des conséquences du projet. L'organisation non gouvernementale estime qu’il faudrait un Strategic Environmental Assessment pour évaluer les effets de l’ensemble de la Smart City, plutôt que de limiter l’analyse à la seule première phase hôtelière. Elle soulève également des préoccupations concernant les impacts potentiels sur les zones côtières, les zones humides, les ressources naturelles, les écosystèmes marins et la pression que pourrait exercer un développement d’une telle ampleur sur un environnement déjà fragile.

Les promoteurs, pour leur part, contestent ces arguments et soutiennent que la législation environnementale a été respectée et que le permis EIA a été délivré dans les règles. Ils défendent un projet présenté comme un levier de développement économique pour le sud de l’île, avec des investissements importants, la création d’emplois directs et indirects ainsi que des retombées pour les entreprises et les communautés locales.

Jurisprudence

La visite prévue le 15 juillet permettra aux membres de l’Environmental and Land Use Appeal Tribunal, et aux représentants des différentes parties, d’observer la configuration du terrain, le périmètre concerné par le projet, la proximité des zones sensibles et les réalités physiques évoquées durant les audiences. Les constatations sur place pourraient contribuer à éclairer l’appréciation des questions techniques soulevées tout au long de la procédure.

Le 17 juillet, le tribunal poursuivra l’examen du dossier avec la déposition attendue de Cadress Valaydon, président du conseil de village. Son témoignage devrait porter sur la perception du projet au sein de la localité et les retombées économiques qu’une partie des habitants espère voir se concrétiser.

Au-delà du seul projet du Bouchon, cette procédure pourrait avoir des répercussions sur la manière dont seront appréciés les futurs projets d’envergure implantés dans des zones écologiquement sensibles. Elle soulève une question : comment concilier les ambitions de développement économique de Maurice avec la préservation durable d’un patrimoine naturel dont dépend également l’avenir des générations futures.

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