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Squatters de Dubreuil: quatre ans qu’ils vivent dans une ancienne usine de thé

8 août 2014, 17:52

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Squatters de Dubreuil: quatre ans qu’ils vivent dans une ancienne usine de thé

Voilà quatre ans qu’elles vivent dans des conditions précaires. Mais ces cinq familles qui ont élu domicile dans l’ancienne usine de thé de Dubreuil ne se laissent pas aller au découragement. Elles tentent de s’en sortir par leurs modestes moyens.

 

En 2010, une quarantaine de familles squattaient un terrain de l’État à Dubreuil. Les autorités avaient alors rasé leurs cases et ces familles avaient trouvé refuge sous des tentes installées sur un terrain de volley-ball en plein hiver. Puis, «les autorités nous ont proposé d’habiter l’ancienne usine de thé en attendant d’obtenir un terrain», se souvient Curty Modeste.

 

Les squatters répondant à certains critères ont bénéficié de l’aide de la National Empowerment Foundation (NEF) pour la construction de leurs maisons. Lui ne fait pas partie du lot. Il occupe toujours l’ancienne usine de thé, qui tombe en ruine.

 

Toutes ces personnes qui se trouvent encore à l’usine désaffectée attendent que les procédures au ministère de la Sécurité sociale s’accélèrent. Alors seulement, elles sauront si elles pourront bénéficier de l’aide de la NEF pour la construction d’une maison sur le terrain qu’elles ont obtenu de l’État.

 

Curty Modeste explique que pour bénéficier de cette aide, il faut avoir un salaire fixe de Rs 6 200 par mois. Mais comme il est laboureur, il n’est même pas sûr d’avoir un salaire à la fin du mois, confie-t-il.

 

LA SITUATION SE DÉGRADE

 

Il ajoute que «pour que la NEF construise la maison, il faut rembourser Rs 500 par mois. Cette somme augmente chaque année. Mais j’ai quatre enfants et je ne suis pas sûr de pouvoir rembourser». Alors, il a demandé s’il pouvait avoir une maison plus petite et donc, payer moins, «mais les procédures s’éternisent».

 

L’année dernière, les cinq familles ont contacté un avoué et payé une somme de Rs 2 500 pour jurer un affidavit à la suite d’une demande de la NEF. «Il y a moins de deux mois, nous sommes également allés au bureau du ministère de la Sécurité sociale pour remplir les formulaires et maintenant, on attend toujours de savoir si nous répondons à leurs critères d’éligibilité», indique pour sa part Hervé Loval, un autre habitant de l’usine.

 

Selon lui, il y a environ quatre mois, le ministère du Logement et des Terres leur avait demandé de quitter l’usine qui est en très mauvais état. Mais la NEF a pu arranger les choses et ils ont pu rester. Cependant, «nous effectuons toutes les démarches que la NEF nous demande de faire mais nous ne voyons pas les choses avancer», déplore-t-il.

 

En attendant, la situation se dégrade de plus en plus dans l’ancienne usine de thé. Pour les enfants, «cette situation est insupportable, témoigne notre interlocuteur. À chaque fois qu’il pleut, c’est inondé, il y a de la moisissure dans tous les coins et je ne sais pas si c’est à cause de l’eau ou des bestioles, mais je suis couvert de boutons, tout comme les enfants».

 

La salle de bains, comme le reste des aménagements, est de fortune. Elle se trouve à l’extérieur de l’usine. C’est «un danger pour les enfants, surtout qu’il n’y a pas de lumière dehors», raconte Cindy Jouan.

 

Elle précise qu’il y a quelques années, des officiers du ministère de la Santé venaient désinfecter l’usine à cause des moustiques au moins une fois par semaine. Ce qui n’est plus le cas. Sans compter que «les toilettes sont cassées et les camions de la WasteWater ne passent plus».

 

Sollicité par l’express, le député mauve de la région, Steven Obeegadoo, indique que la situation de ces familles a été suivie pendant longtemps et que la quasi-totalité d’entre elles ont pu être relogées. «Pour le reste, le ministère doit établir leur éligibilité», dit-il. L’express a tenté de joindre la NEF pour plus de précisions mais en vain.

 

Le ministère des Terres et du Logement précise, de son côté, que les cinq familles n’ont pas été «oubliées par les autorités». Il indique que trois d’entre elles ont choisi de bâtir elles-mêmes leurs maisons alors que les deux autres ont opté pour une maison de la NEF.

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