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Prédiabète
Une bombe à retardement pour les jeunes
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Prédiabète
Une bombe à retardement pour les jeunes
Selon une étude récemment publiée, près d’un adolescent sur deux présente un prédiabète. C’est une alerte sanitaire qui affecte la jeunesse de plein fouet. Mais la bonne nouvelle est qu’il est encore temps d’agir et chacun peut y contribuer, à commencer par modifier son alimentation.
?Les faits
C’est un chiffre qui glace : 44 % des adolescents présentent un prédiabète. Ce constat, révélé par le Dr Keyvoobalan Pauvaday, conseiller au ministère de la Santé, lors de la Conférence internationale sur la crise des maladies cardiaques, rénales et métaboliques, a fait l’effet d’un électrochoc. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, de retour d’un échange avec le professeur Derek Yellon du Hatter Institute, à Londres, a promis des actions fortes : taxation des produits sucrés, prévention et sensibilisation accrues. Mais derrière les chiffres, c’est une génération entière qui vacille.
?Quand le sucre s’invite trop tôt
Le prédiabète c’est cette zone floue entre santé et maladie. Le sucre sanguin dépasse la normale, sans atteindre encore le seuil du diabète. Invisible, silencieux… mais redoutable. Cela car dans 80 % des cas, il mène au diabète en l’espace de cinq ans et avec lui, des risques de maladies cardiaques, d’accident vasculaire cérébral, de cécité ou d’insuffisance rénale.
Longtemps considérée comme une pathologie d’adulte, cette étape de prédiabète s’installe aujourd’hui chez les adolescents, parfois dès l’âge de 12 ans. «À ma connaissance, aucun autre pays au monde n’affiche de taux aussi élevé», a alerté le Dr Pauvaday.
?Les coupables : nos habitudes de vie
Nos jeunes bougent moins, dorment moins, mangent trop sucré et trop gras. Les repas rapides remplacent la cuisine maison : sandwich frit, jus industriel, chips, soda. Les écrans ont pris la place des terrains de foot et des cours de danse. Résultat : l’obésité et la sédentarité explosent. «Ce n’est pas une fatalité génétique mais un piège culturel», insiste le Dr Pauvaday. Autrement dit, nos modes de vie modernes fabriquent lentement des malades.
?Une «pandémie silencieuse»
Partout dans le monde, les experts tirent la sonnette d’alarme. L’Organisation mondiale de la santé parle d’une «pandémie silencieuse» : plus d’un milliard de personnes vivent déjà avec un diabète ou un prédiabète. Toutes les neuf secondes, une personne en meurt. Pour Maurice, la facture dépasse Rs 6,6 milliards par an. Mais ce coût financier n’est rien à côté du coût humain : des jeunes en surpoids, essoufflés, inquiets. «Si nous n’agissons pas maintenant, nous pourrions être la première génération de parents à survivre à nos enfants», prévient le médecin.
?Comment l’éviter ?
La bonne nouvelle c’est qu’il n’est pas irréversible. Le corps peut se réparer, à condition d’agir tôt. Voici quelques gestes simples :
• Manger équilibré : réduire le sucre, les fritures et les aliments ultra-transformés
• Privilégier les fruits et légumes : colorer son assiette, c’est nourrir sa santé.
• Bouger son corps : une heure d’activité physique par jour, pas forcément du sport intensif – marcher, danser, jardiner, c’est déjà ça.
• Boire de l’eau : bannir les boissons gazeuses et les jus industriels.
• Bien dormir : un bon sommeil aide à réguler le métabolisme.
• Se faire dépister : vérifier chaque année son taux de glycémie ou d’hémoglobine glyquée (NdlR, aussi nommé HbA1c, test sanguin qui mesure le taux de sucre moyen dans le sang sur les deux à trois derniers mois). Et surtout : cuisiner à la maison. Redécouvrir le plaisir de préparer en famille des repas simples, bons et sains.
?Un combat collectif
Pour le Dr Pauvaday, «il faut réinventer nos stratégies». Les campagnes d’affiches ne suffisent plus. Il faut aller là où les jeunes sont : sur les réseaux sociaux, à travers des influenceurs positifs, des artistes ou des sportifs capables de montrer qu’une vie saine peut aussi être cool. L’État a un rôle central à jouer : imposer un étiquetage nutritionnel clair ; interdire la publicité des produits malsains destinés aux jeunes ; taxer davantage le sucre mais aussi rendre les aliments sains plus accessibles ; rouvrir les terrains de sport et encourager l’activité physique à l’école. La société entière doit se mobiliser : parents, enseignants, médecins, associations, et surtout les jeunes eux-mêmes.
?Le message essentiel
Le prédiabète n’est pas une punition mais un signal d’alarme. C’est une chance donnée par le corps pour changer de cap avant qu’il ne soit trop tard. Chaque repas est une décision. Chaque promenade est un pas vers la santé.
Maurice a su vaincre le paludisme et bâtir un système de santé solide. Le pays peut aussi vaincre cette nouvelle épidémie, à condition d’en faire une priorité nationale.
Et si, au lieu d’une génération malade, on devenait la génération du réveil, celle qui choisit de vivre pleinement, sans excès, sans excuser le sucre mais avec conscience et vitalité ?
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