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Le sursaut d’un gouvernement sous pression !
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Le sursaut d’un gouvernement sous pression !
Comme une agitation pour répondre à la crise de confiance ! La fébrilité est palpable ! Depuis que le Premier ministre a brandi le spectre d’un remaniement ministériel, c’est à qui se fera plus présent, plus visible sur le terrain. Simple coïncidence ou faut-il voir, dans cette soudaine effervescence, la volonté de montrer des résultats pour conserver sa place et son fauteuil ?
Soit les ministres ont découvert, ces dernières semaines, les vertus d’une communication plus offensive, soit l’annonce de Ramgoolam a poussé certains à quitter le confort de leur ministère pour redécouvrir le terrain, au contact des réalités et des attentes de la population.
Reste à savoir si ces exercices auront l’effet escompté. En attendant de connaître les «sanzman» que le Premier ministre a lui-même annoncés — avant la rentrée parlementaire ? —, certaines initiatives donnent quelques signes d’une reprise en main gouvernementale.
C’est ainsi que l’exemple du ministre Uteem ne passe pas inaperçu. Là où le dialogue entre le gouvernement et les syndicats avait atteint un point de rupture, le ministre du Travail peut se targuer d’avoir réussi à renouer le fil de la discussion. En obtenant du syndicaliste Shanto qu’il mette fin à sa grève de la faim, après lui avoir assuré qu’il ferait diligence sur les revendications syndicales, Uteem — dont les bruits de couloir évoquent un éventuel passage aux Finances — montre qu’une voie de sortie par la négociation reste possible.
La rencontre autour d’une table avec les représentants syndicaux, suivie de la poignée de main symbolique avec Shanto, arrive après les fortes tensions qui avaient opposé l’équipe de l’Alliance du Changement au mouvement syndical sur la réforme des pensions. Une opération qui donne, tardivement, l’image d’un gouvernement capable, lorsqu’il le veut, de rétablir le contact avec ceux qui contestent ses décisions. La bonne vieille méthode consistant à s’asseoir, écouter, discuter et chercher un compromis est donc réalisable, n’en déplaise au Premier ministre !
Celui-ci, interrogé récemment sur le fait de ne pas avoir négocié avec les syndicats sur la réforme des pensions, répondait : «Si ti negosie avek zot, nanie pa ti pou fer lerla.» Sauf que le résultat, lui, est connu : un gouvernement contraint de rétropédaler, en revenant sur certaines de ses décisions, après avoir payé le prix d’une réforme mal expliquée et d’un dialogue insuffisant. Et c’est le Premier ministre lui-même qui l’a d’ailleurs reconnu avec cette autre déclaration : «Mo ti krwar kan mo pou koze dan Parlman tou dimoun pou ekoute…»
Si Uteem a marqué des points sur le terrain de la négociation, le ministre Mohamed s’est, lui aussi, signalé cette semaine par une démonstration d’autorité sur les plages publiques. Son intervention contre ceux qui s’étaient approprié des portions de plages mérite également d’être soulignée. Le ministre a voulu rappeler aux propriétaires des bungalows qu’une plage publique ne devient pas privée parce qu’elle se trouve devant une propriété.
«La plage n’appartient à personne», a-t-il martelé, allant jusqu’à prévenir : «Mo pann vinn la zis pou koze vir ledo ale. Si fale mo tir bann striktir-la momem ar mo lame, mo pou fer li.»
L’ultimatum des quatorze jours donné aux hôteliers et propriétaires des campements pour enlever les structures susceptibles de laisser croire à une quelconque exclusivité sur ces portions de plage traduit une volonté de passer du discours à l’action.
Uteem dans le dialogue, Mohamed dans l’action, soit des initiatives plutôt bienvenues, venant d’un gouvernement dont la gestion fut marquée ces derniers mois par les critiques, les maladresses et une crise de confiance…
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