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Tour du monde
Krzysztof Baranowski, légende polonaise de la voile
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Krzysztof Baranowski, légende polonaise de la voile
Après avoir affronté un anticyclone redoutable dans l’océan Indien et trouvé refuge à Rodrigues, le capitaine polonais Krzysztof Baranowski, 88 ans, a posé le pied à Port-Louis. Une étape mauricienne dans le cadre de son troisième tour du monde en solitaire, entrepris à un âge où beaucoup auraient depuis longtemps raccroché la barre.
C’est vers 11 h 30 que nous retrouvons le capitaine polonais à Port-Louis, fraîchement débarqué de son voilier, le Meteor. Malgré des mois de mer et une dernière étape éprouvante, l’homme affiche une énergie qui dément son âge. Krzysztof Baranowski n’a rien d’un débutant, premier marin polonais à avoir doublé le cap Horn en solitaire, il a déjà bouclé deux tours du monde sans équipage. Le premier, entre 1972 et 1973 à bord du Polonez, au terme de neuf mois de mer par la route australe.
Le second, entre 1999 et 2000 sur le Lady B, cette fois par la route équatoriale, près de 24 000 milles nautiques et une vingtaine de ports, de Villamoura, au Portugal, jusqu’aux Caraïbes, au Panama, à Tahiti, en Australie, aux Seychelles et en mer Rouge.
Pour ce troisième tour du monde, entamé en août 2025, le capitaine n’a pas quitté seul les côtes polonaises. «Je suis parti de Pologne avec un équipage, mon ami Kuba, qui est ici avec moi aujourd’hui. Nous avons navigué ensemble jusqu’à Ténérife, aux Canaries, puis je l’ai laissé et j’ai poursuivi seul vers les Caraïbes et le Panama», raconte-t-il.
Depuis la mi-novembre, il navigue en solitaire à bord du Meteor : traversée de l’Atlantique, passage par le canal de Panama, remontée du Pacifique dans la zone des alizés, puis par le détroit de Torrès jusqu’à Port Darwin, en Australie, où il fait une halte de plusieurs semaines avant de s’élancer sur l’océan Indien.
«Je me suis réfugié à Rodrigues»
C’est là que le voyage se corse. «Un anticyclone très puissant a généré des vents violents. Pour échapper à cette tempête, je me suis réfugié à Rodrigues. Puis, pendant quatre jours, j’ai attendu que les vents faiblissent un peu, avant de rallier Port-Louis en deux jours», explique le marin. Une épreuve qu’il relativise aussitôt, tout sourire : «Je suis très heureux. J’ai retrouvé de nombreux amis ici. L’atmosphère est agréable et chaleureuse.»
Au-delà de l’exploit sportif, Krzysztof Baranowski est aussi une figure de transmission dans le monde de la voile polonaise. Fondateur, en 1983, de la Szkoła pod Żaglami (l’École sous les voiles), il a embarqué des générations de jeunes à bord des voiliers-écoles STS Pogoria puis STS Fryderyk Chopin, ce dernier construit à l’initiative de sa fondation, qu’il commanda comme premier capitaine. Il est aussi l’auteur de plus de vingt ouvrages consacrés à la mer.
Ce dimanche, le capitaine est également attendu au Grand Baie Yacht Club, où une séance de dédicaces est prévue. Après Maurice, le Meteor mettra le cap sur Durban, puis Le Cap, avant de traverser l’Atlantique pour retourner à Ténérife, point de départ d’une expédition entamée il y a plus d’un an.
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