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Poudre-d’Or
Le village qui scintille entre passé et avenir
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Poudre-d’Or
Le village qui scintille entre passé et avenir
Photos : Dev Ramkhelawon.
À l’est de l’île, dans la circonscription n° 6, Poudre-d’Or se dévoile au fil de ses routes qui longent la côte nord-est. Entre maisons, petits commerces, pirogues et espaces ouverts sur la mer, le village conserve une atmosphère paisible. Environ 2 500 habitants y vivent.
Bordé par le lagon, le lieu offre un paysage typique de village côtier. Les deux débarcadères et les pirogues amarrées le long du littoral témoignent encore du lien qui unit les habitants à l’océan. Au fil de notre visite, nous découvrons un village où les habitants se connaissent, se retrouvent lors des fêtes et restent attachés à une manière de vivre qui a peu changé au fil des années.
Une page d’histoire gravée dans la mémoire du village
Sur le front de mer, une stèle commémorative du naufrage du Saint-Géran, survenu le 18 août 1744 au large de l’île d’Ambre. Érigé le 20 août 1944 par la Société de l’Histoire de l’île Maurice, ce mémorial rappelle cet épisode tragique, qui inspira à Bernardin de Saint-Pierre son célèbre roman Paul et Virginie, paru 44 ans après le naufrage. Le même Bernardin de Saint-Pierre qui aurait écrit que le lieu s’appelle ainsi en hommage au scintillement du sable en plein soleil après son séjour dans l’île en 1768.
La stèle commémorative du naufrage du «Saint-Géran» près de l’île d’Ambre, en face de Poudre-d’Or.
En matière de monuments historiques, le village abrite également l’église Sainte Philomène, située en face du cimetière de Poudre-d’Or, au cœur de la localité.
Une réserve de pêche à préserver
Poudre-d’Or abrite une réserve de pêche d’une superficie de 2 542 hectares, s’étendant de l’île d’Ambre et Bain-de Rosnay jusqu’à la pointe de Roches-Noires. Placée sous la responsabilité du ministère de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche, cette zone est soumise à certaines règles afin de préserver les ressources marines: si la pêche récréative, à la ligne et au casier est toujours autorisée, la pêche à la senne y est interdite. À Poudre-d’Or, cette réserve est le témoignage vivant que le littoral représente à la fois une ressource, un espace de travail et une partie du patrimoine local.
Deux débarcadères, construits en fourche, témoignent de l’activité de pêche qui perdure ici.
Un village qui offre des services essentiels
Malgré son caractère paisible, Poudre d’Or dispose de plusieurs infrastructures qui facilitent le quotidien des habitants. Le village accueille notamment le Poudre-d’Or Village Chest Hospital, un établissement spécialisé dans la prise en charge des maladies respiratoires. Cet hôpital, qui dessert le nord-est du pays, assure des soins aux patients en consultation externe ainsi qu’une prise en charge hospitalière. Sa présence constitue un élément important pour les habitants de la région.
Le Poudre d’Or Village Chest Hospital, construit en 1864, s’est spécialisé en maladies respiratoires de nos jours.
Au-delà de l’aspect médical, le village compte également plusieurs commerces de proximité, snacks et services permettant aux habitants de répondre à leurs besoins quotidiens sans devoir systématiquement se déplacer.
«Je reviens toujours pour retrouver mes racines»

Mario Lest, natif de Poudre-d’Or établi à Paris, revient presque chaque année pour retrouver ses racines.
Lors de notre visite, nous rencontrons Mario Lest, un enfant du village né en 1952. Aujourd’hui installé à Paris, il revient presque chaque année à Poudre-d’Or pour retrouver ses amis d’enfance et renouer avec son pays. Avec émotion, il raconte son attachement à ce lieu qui l’a vu grandir. «J’aime la mer, mon village et surtout le débarcadère. Ici, nous vivions tous ensemble, peu importe les communautés.»
Selon lui, Poudre-d’Or a beaucoup évolué au fil des années, mais conserve encore son charme particulier. «Avant, il y avait beaucoup plus de pêcheurs et beaucoup plus de poissons. Aujourd’hui, ce n’est plus comme avant. Peutêtre que la pollution a aussi changé les choses», explique-t-il. Pour lui, l’avenir passe par la transmission. Il espère voir davantage de jeunes reprendre le flambeau de la pêche et préserver cette relation unique avec la mer.
Entre passé et avenir
Si les habitants apprécient la tranquillité de Poudre-d’Or, ils identifient aussi certains besoins pour améliorer la vie quotidienne. Parmi eux figurent notamment l’accès à une pharmacie ainsi qu’à un service bancaire ou un distributeur automatique.
Mais malgré ces attentes, le village reste fier de son identité. Entre les pêcheurs, les petits commerces, les lieux historiques et les rencontres humaines, Poudre-d’Or conserve une âme particulière. Un village où la mer continue d’écrire son histoire, où les souvenirs du passé se mêlent aux espoirs des générations futures.
Baz Manze
«Chez Joe», les saveurs d’un village côtier
Joe Sohun vend des rotis ici depuis 11 ans.
À Poudre-d’Or, la cuisine locale fait aussi partie de l’identité du village. Parmi les figures connues, on retrouve Joe Sohun, vendeur de rotis depuis 11 ans.
Installé dans un environnement calme sur la route principale, il propose plusieurs spécialités qui attirent les habitants et les visiteurs : vindaye poisson, salade poisson, rougail crevettes, poulet, ou encore différents caris.
«Ici, c’est tranquille. Il n’y a pas de grands changements, mais les gens apprécient cette simplicité», explique-t-il. Son petit commerce est devenu un lieu de rencontre où les habitants viennent partager un repas et échanger quelques nouvelles.
« Tirol », une histoire de famille et d’héritage
Annabelle Madoo devant le «Tirol Snack», développé en hommage à son père.
Autre adresse connue, à l’entrée du village : Tirol Snacks. Derrière ce snack, se trouve Annabelle Madoo, qui a grandi à Poudre-d’Or et qui reste profondément attachée à son village.
Pour elle, la localité a su préserver son caractère traditionnel. «Je vois que Poudre-d’Or a gardé son ambiance typique. Chaque matin, on voit encore les bateaux partir en mer. Lors des fêtes comme Pâques ou Divali, toute la communauté se rassemble», raconte-t-elle.
Depuis quatre ans, elle fait vivre son établissement avec une cuisine inspirée de ses souvenirs familiaux. On y retrouve notamment du salmi canard, du tang, des caris de la mer ou encore de l’agneau. C’était le rêve de son père d’ouvrir un snack, un projet qu’il n’a pas pu mener jusqu’au bout. Annabelle a donc décidé de réaliser ce rêve en créant cet endroit en hommage à son père.

Le décor bucolique de Poudre-d’Or, village de pêcheurs au calme palpable.
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