Publicité

PRB 2026

Une application échelonnée sur deux ans divise gouvernement et syndicats

27 janvier 2026, 09:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Une application échelonnée sur deux ans divise gouvernement et syndicats

■ Le Conseil des ministres a arrêté les modalités de mise en œuvre du rapport 2026 du PRB, hier.

Réuni en séance spéciale hier, le Conseil des ministres, présidé par le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, en l’absence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, a arrêté les modalités de mise en œuvre du rapport 2026 du Pay Research Bureau (PRB). La décision phare porte sur une application graduelle des nouvelles grilles salariales sur deux ans, une option assumée par le gouvernement afin de limiter l’impact financier sur les finances publiques.

Concrètement, à compter du 1er janvier 2026, les fonctionnaires percevront un salaire révisé correspondant à 50 % des augmentations prévues par le PRB 2026. L’application intégrale des nouveaux barèmes n’interviendra qu’à partir du 1er janvier 2027. Pour encadrer cette transition, le ministère de la Fonction publique et des réformes administratives a publié un tableau consolidé de conversion, détaillant les salaires applicables pour 2026 et 2027, afin d’assurer transparence et lisibilité.

Dans la pratique, les salaires de janvier 2026 devront être alignés sur la troisième ligne de ce tableau, après l’octroi de l’incrément annuel pour les agents éligibles. Les employés bénéficiant d’un salaire forfaitaire percevront également uniquement la moitié de l’augmentation en 2026, avant un ajustement complet l’année suivante. Toutes les lettres de nomination ou de promotion émises en 2026 devront mentionner explicitement ce salaire «réduit».

Pour atténuer l’impact de cette mise en œuvre échelonnée sur les plus bas revenus, le gouvernement garantit une augmentation minimale de Rs 500 aux employés à plein temps en poste au 31 décembre 2025. Lorsque l’augmentation effective est inférieure à ce montant, une allocation compensatoire viendra combler l’écart.

Table de conversion

Le Conseil des ministres a également statué sur les avantages annexes. Les indemnités de déplacement, facilités duty-free, allocations de passage et autres bénéfices liés au salaire seront accordés dès le 1er janvier 2026, sur la base du salaire PRB intégral, même si le salaire effectivement perçu reste partiel. En revanche, les allocations calculées sur le salaire réel, telles que les heures supplémentaires, les indemnités de responsabilité ou de service spécial, seront basées sur le salaire réduit pour l’année 2026.

Des dispositions spécifiques concernent les agents appelés à prendre leur retraite en 2026. Les montants forfaitaires commués, les paiements uniques liés aux années de service excédant 400 mois ainsi que les congés maladie et annuels accumulés seront calculés sur la base de 100 % du salaire PRB 2026. Les pensions mensuelles, en revanche, resteront calculées sur le salaire réduit en 2026, avant un ajustement complet à partir de janvier 2027. Par ailleurs, le Conseil des ministres a pris note de l’avancement des travaux du comité chargé d’examiner la question de l’indemnité du dimanche pour les agents travaillant en rotation. Les fonctionnaires auront jusqu’au 18 mars 2026 pour exercer formellement leur option en faveur du régime du PRB 2026, les salaires révisés devant être versés avec effet rétroactif pour la période de janvier à mars 2026.

Du côté syndical, les réactions sont contrastées. Le président du Mauritius Labour Congress, Haniff Peerun, se montre critique, estimant que l’annonce d’une table de conversion était attendue face au flou initial sur les montants à verser. Il regrette également l’absence de mesures spécifiques pour les fonctionnaires partant à la retraite et juge que la tenue d’un Conseil des ministres spécial n’a pas apporté de réponses vraiment nouvelles.

À l’inverse, le négociateur de la Federation of Civil Service and Other Unions, Narendranath Gopee, se dit globalement satisfait des clarifications apportées. Il souligne que les interrogations soulevées auprès du secrétaire du Cabinet, notamment sur les avantages basés sur le salaire, les montants forfaitaires et le calcul des pensions, ont été largement prises en compte. Toutefois, il déplore l’absence de décision sur la Sunday Allowance, renvoyée à un comité, et pointe un manque de communication du gouvernement sur l’état réel de l’économie, appelant à davantage de transparence et de dialogue avec la population.

Publicité