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Nouvelle ambassade américaine
Dans les coulisses du chantier à Rs 14 milliards
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Nouvelle ambassade américaine
Dans les coulisses du chantier à Rs 14 milliards
Le président de la République, Dharam Gokhool, et Sarah Troutman, Deputy Assistant Secretary of State, procèdent au coulage de béton cérémoniel. (Photo : Dev Ramkhelawon)
Sur le chantier de la future ambassade américaine, à Bagatelle, Moka, le regard se perd : huit bâtiments sur un terrain si vaste qu’on n’en distingue pas les limites, entre la chancellerie, le futur bâtiment récréatif avec piscine et salle de sport, un bâtiment utilitaire, une annexe pour le personnel de soutien, chauffeurs, agents d’entretien et jardiniers, et trois postes de contrôle d’accès distincts. Sur ce chantier de 300 millions de dollars, soit Rs 14 milliards, environ 500 personnes, originaires de plus de 23 pays, travaillent au quotidien. Le président de la République, Dharam Gokhool, et la soussecrétaire d’État adjointe américaine pour les Affaires africaines, Sarah Troutman, ont visité le chantier, hier.
Les ingénieurs mauriciens sont mis à l’avant-plan : un jeune homme et quatre jeunes femmes, tous formés localement. Ils détaillent un design pensé pour durer 100 ans, mais aussi pour être accessible et inclusif : une seule entrée pour tous, sans circuit séparé pour les personnes autrement capables, des équipements pensés aussi bien pour les enfants que pour les adultes.
La gestion de l’eau au cœur du projet
Derrière la façade, un bâtiment truffé de capteurs vise le label LEED Gold. Toitures végétalisées et façades durables sont censées limiter le ruissellement et réduire les risques d’inondation aux alentours. L’eau de pluie, elle, est récupérée sur les toits, traitée, puis réutilisée pour l’irrigation, le lavage des véhicules et les toilettes ; une station de traitement des eaux usées sur site doit, elle, limiter fortement le recours à l’eau potable.
Côté énergie, près de 20 % de la consommation de base sera couverte par le solaire, avec des onduleurs déjà dimensionnés pour pouvoir monter jusqu’à 150 % de leur capacité actuelle, et des générateurs de secours conçus pour rester sous 50 décibels. L’objectif affiché est celui du «zéro interruption» grâce à des systèmes redondants sur l’électricité, l’eau potable et l’eau incendie.
Une benne à béton aux couleurs de notre drapeau, devant un panneau Freedom 250, est hissée par une grue au-dessus de la future entrée publique du service consulaire et de l’American Center. Dharam Gokhool et Sarah Troutman participent au coulage de béton cérémoniel.
Pour Sarah Troutman, ce déplacement n’a rien du hasard. «J’ai choisi Maurice comme étape phare de mon voyage de diplomatie commerciale, parce que les États-Unis considèrent Maurice comme un partenaire commercial fort et capable», confie-telle, citant l’intérêt de nombreuses entreprises américaines pour les secteurs de la technologie, des services financiers, de l’énergie et des infrastructures.
Visiblement impressionné par l’ampleur du chantier, le président de la République y voit «un témoin concret» de la relation entre les deux pays, «malgré les turbulences» qui peuvent survenir «de temps à autre». Le chef de l’État s’est aussi attardé sur l’équipe d’ingénieurs, saluant leur compétence, remarquée par le chef de projet qui le lui a partagé, ainsi que la présence de nombreuses femmes dans l’équipe : «la preuve que nous avons fait des progrès considérables» dans les filières scientifiques et techniques.
Le projet, lancé avec l’attribution du contrat le 27 septembre 2022 et le feu vert pour la conception en janvier 2023, a franchi plusieurs étapes clés depuis, dont l’installation des panneaux solaires en mai 2026 et le topping out du bâtiment principal en octobre 2025. L’achèvement total est prévu pour fin 2027, la coupe du ruban en janvier 2028.
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