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Relations PTR-MMM

Une alliance de macadams

6 novembre 2025, 07:30

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Une alliance de macadams

Le temps des jours heureux le lendemain de la victoire lors du meeting de remerciements à Port-Louis.

Il est plus facile de gagner une élection ensemble que de gouverner ensemble. Près d’un an après leur victoire historique, le Parti travailliste (PTr) et le Mouvement militant mauricien (MMM) peinent toujours à accorder leurs violons. Les tensions au sein de l’Alliance du Changement s’accentuent notamment lorsque Navin Ramgoolam est à l’étranger et que Paul Bérenger assure l’intérim au Prime Minister’s Office.

Dans au moins deux cas récents, l’intérim exercé par le leader mauve aurait provoqué des remous : Gérard Sanspeur et Rama Sithanen ont été écartés de la Banque de Maurice, tandis que Kishore Beegoo a quitté la tête d’Air Mauritius. D’autres départs ont suivi, dont celui de plusieurs membres du conseil d’administration de Jet Prime, parmi lesquels l’avoué de Mamy Ravatomanga, Me Gilbert Noël, qui dénonce une «campagne médiatique négative».

Interrogés par l’express mercredi soir, plusieurs ministres ayant participé à la réunion de sortie de crise ont tenté de jouer la carte de l’apaisement, minimisant les «macadams» internes de l’alliance.

Selon un ministre travailliste, la situation reste «sous contrôle». Des rencontres régulières entre les directions rouge et mauve visent à aplanir les différends. «Nous avons voulu baliser le terrain afin que le Premier ministre et le vice-Premier ministre puissent trancher certaines questions en suspens. Une réunion entre Navin Ramgoolam, Paul Bérenger et d’autres dirigeants est prévue aujourd’hui (jeudi) pour passer en revue le fonctionnement de l’alliance gouvernementale», a-t-il indiqué.

Un dirigeant mauve concède toutefois que les différends persistent, malgré des mesures prises à la prison de Melrose à la suite du rapport de la Commission des droits humains. «Nous n’étions pas satisfaits que le commissaire des prisons affirme qu’aucune faute n’avait été commise, comme si tout allait bien. C’est la même attitude que celle de Kishore Beegoo à Air Mauritius», déplore-t-il.

Un autre membre du PTr ayant participé aux discussions officielles et informelles, notamment au bâtiment du Trésor, affirme qu’« il existe une unanimité pour que l’alliance tienne bon ». Et d’ajouter : «Nous avons de grandes responsabilités après le 60–0 et nous ferons tout pour colmater les brèches.»

Les absents et les dossiers sensibles

Les ministres Arvin Boolell, Anil Bachoo et Patrick Assirvaden étaient présents à la rencontre, alors que Shakeel Mohamed, numéro trois du gouvernement, se trouvait à l’étranger. Le MMM était représenté par Ajay Gunness, Arianne Navarre-Marie et Aadil Ameer Meea. Rajesh Bhagwan, souffrant, et Reza Uteem, en mission, étaient absents, tout comme Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, qui ont souhaité que «les discussions se déroulent le plus librement possible».

Les dossiers jugés sensibles restent nombreux : absence de consultation sur certaines nominations, vacance du poste de directeur permanent à la Financial Crimes Commission (FCC), tensions autour de la politique énergétique, ou encore gestion de l’affaire Mamy Ravatomanga. Des postes stratégiques, comme ceux de commissaire de police et de commissaire des prisons, et aussi le chairman d'Air Mauritius (qui intéresse le MMM!), demeurent également non pourvus.

Entre patience et exaspération

Mardi soir, Paul Bérenger a réuni le bureau politique du MMM. Selon des sources internes, il a appelé ses membres à la patience, tout en reconnaissant la légitimité des frustrations exprimées. Aucune allusion à une rupture n’a été faite cette semaine, même si le leader mauve avait, par le passé, évoqué son exaspération lors de moments de tension. «Beaucoup de militants ne sont pas prêts à retourner dans l’opposition après tant d’années dans le désert», confie un cadre du parti.

Du côté du PTr, on se veut rassurant : «Beaucoup d’efforts ont été consentis pour répondre aux demandes du MMM», assure un proche du Premier ministre. Les Travaillistes admettent toutefois que des ajustements restent possibles afin de préserver la cohésion gouvernementale.

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