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Cyclisme

Un tour de l’île ouvert à tous

16 juin 2026, 12:30

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Un tour de l’île ouvert à tous

Pascal Gihozo.

L’an dernier, on découvrait ce jeune Rwandais de 26 ans qui avait bouclé le même circuit en vélo tout-terrain en moins de 24 heures.Depuis, ils ont été nombreux à demander à le rejoindre. Il a écouté. L’événement s’organise autour d’Alonix, l’application mobile que Pascal Gihozo a développée pour connecter les ‘aventuriers’.

Le samedi 18 juillet, Pascal Gihozo invite tout le monde, cyclistes aguerris, débutants, curieux, à longer le littoral avec lui. Ce Cycling Tour of Mauritius est gratuit, ouvert à tous les niveaux, et ne nécessite pas d’avoir son propre vélo.

On l’avait rencontré l’année dernière, quelques semaines après son exploit : 216 km de côtes avalées en moins de 24 heures, un départ à 3 h 40 de Grand-Baie avec son ami Ishimwe Eulade, 15 heures et 25 minutes de pédalage, un yaourt avalé à l’arrivée et un doigt engourdi le lendemain. Pascal Gihozo, installé à Grand-Baie où il travaille pour le Programme des Nations Unies pour le Développement comme assistant en application de la santé numérique, n’est pas un cycliste professionnel. Juste un passionné des défis d’endurance.

Ce qu’il n’avait pas anticipé, c’est ce qui s’est passé après. Sur TikTok, les messages ont afflué. Des cyclistes, des coureurs, des gens qui n’avaient jamais rien tenté de tel disaient qu’ils auraient voulu être là. Plusieurs lui ont confié qu’ils voulaient explorer Maurice, se dépasser, rencontrer des gens qui leur ressemblent mais qu’ils ne savaient pas par où commencer ni avec qui. «Cela m’a fait réaliser que ce défi me dépassait. La vraie opportunité, c’était de créer un moyen pour que les gens se retrouvent et vivent ces aventures ensemble.»

Sens antihoraire

Le Cycling Tour of Mauritius reprend le même circuit côtier mais dans le sens antihoraire cette fois : nord, ouest, sud, puis est. Les participants longent d’abord la côte nord-ouest : Grand-Baie, Pointe-aux-Canonniers, Mont-Choisy, Trou-aux-Biches, Pointe-aux-Piments, Baie-du-Tombeau, Port-Louis. Puis la côte ouest : Pointe-aux-Sables, Albion, Flic-en-Flac, Tamarin, La Gaulette, Le Morne. Le parcours remonte ensuite par le sud: Souillac, L’Escalier, Trois-Boutiques, Mahébourg, Vieux-Grand-Port, avant de longer la côte est : Grand-Sable, Quatre-Sœurs, Trou-d’Eau-Douce, Belle-Mare, Poste-de-Flacq, Poste-Lafayette, Roches-Noires, Poudre-d’Or. Le retour se fait par le nord-est : Melville, Grand-Gaube, Cap-Malheureux, Péreybère et enfin Grand-Baie.

L’esprit est cette fois radicalement différent du défi de 2025. «L’objectif n’est plus de voir à quelle vitesse on peut aller», explique Pascal Gihozo. Le départ se fera tôt le matin, avec des arrêts fréquents aux sites panoramiques, du temps pour se reposer, photographier, souffler. Pas de point de départ unique non plus : chacun peut rejoindre le groupe à partir de n’importe quel point du littoral. Pascal Gihozo et les autres cyclistes les retrouveront en chemin. Faire tout le parcours ou seulement une partie, les deux comptent. «Que quelqu’un fasse tout le parcours ou seulement une étape, cela fait partie de l’expérience. On veut que les gens repartent avec de beaux souvenirs, de nouvelles amitiés et une appréciation plus profonde de Maurice.»

Le No Tomorrow Society, un club de course local, a déjà confirmé sa participation, gonflant au passage le nombre de participants attendus. Pour ceux qui n’ont pas de vélo, un partenariat avec E-Lab Bikes permet de mettre jusqu’à 30 bicyclettes à disposition.

Alonix, né de l’aventure

Dans les mois qui ont suivi son tour de l’île, Pascal Gihozo a développé Alonix : une application mobile disponible sur l’Apple App Store et Google Play, fruit de neuf mois de travail. Le nom en dit long : «alone», suivi d’un «X», pour signifier l’effacement de la solitude. L’appli permet de suivre les marches, courses, balades à vélo et randonnées, de visualiser des routes, d’avoir des statistiques détaillées, et surtout elle permet de coordonner des activités en groupe en temps réel grâce à une fonctionnalité de coordination en direct. L’idée est née directement des retours reçus après le tour de 2025. «Un défi personnel est devenu une histoire sur les réseaux sociaux. Cette histoire m’a connecté à des gens. Ces gens ont partagé un problème. Ce problème a inspiré Alonix.»

Le 18 juillet est aussi, en ce sens, une façon de faire vivre l’application, de transformer l’intérêt en ligne en expérience réelle. Il y a également dans ce projet quelque chose de plus personnel. Pascal Gihozo est arrivé du Rwanda comme visiteur. L’île est devenue son chez-soi. Le vélo lui a permis de la découvrir autrement, de ralentir là où beaucoup accélèrent, de s’arrêter dans des villages de pêcheurs, de voir l’océan changer de couleur au fil des côtes. «Maurice m’a offert quelque chose d’inattendu : un sens de l’aventure», dit-il.

Organiser cet événement est sa façon de partager cela, de faire découvrir l’île à ceux qui y vivent sans toujours la voir réellement. Au-delà de Maurice, il voit plus loin. Il espère un jour créer des expériences similaires à travers l’Afrique, connecter des communautés par l’aventure. Alonix, dans son esprit, n’est pas un projet de cyclisme. C’est une plateforme communautaire mondiale. «If a single bike ride around Mauritius could bring together so many people, imagine what is possible when thousands of people start creating adventures together.»

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