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Système de santé publique

Un personnel soignant «usé» et des arriérés encore dus

9 septembre 2025, 14:25

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Un personnel soignant «usé» et des arriérés encore dus

■ «Patients are not numbers to be cleared – real care takes time», ont fait ressortir les médecins dans un communiqué hier.

Notre examen du système de santé publique continue, avec cette fois un constat amer par rapport aux heures supplémentaires refusées par le personnel soignant, qui se dit être au bord du burn-out.

Il semblerait que la tension ait atteint son paroxysme au sein du système de santé, après la visite surprise d’Anil Bachoo à l’hôpital SAJ de Flacq. Résultat : un mécontentement du personnel soignant à l’hôpital SAJ, qui refuse désormais de faire des heures supplémentaires.

Dans les hôpitaux, les Mediclinics, mais surtout les Area Health Centres et les dispensaires, l’accueil du public en soirée, parfois jusqu’à 22 heures, voire plus, ne tient que grâce aux heures supplémentaires.Selon Vinesh Sewsurn, président de la Medical Health Officers Association (MHOA), il existe deux formes d’overtime : celui intégré au fonctionnement quotidien des services et celui imposé pour compenser les absences ou le manque chronique de personnel.

Malgré de récentes vagues de recrutement de médecins et d’infirmiers, un processus long, souligne-t-il, «le manque n’a pas été comblé suffisamment pour ne pas ressentir les absents quand il s’agit de faire del’overtime». Vinesh Sewsurn ajoute que le ministre a raison de vouloir «inciter et encourager» le personnel à accumuler des heures supplémentaires car le constat est grave. «Ce n’est pas seulement à Flacq que le personnel refuse d’effectuer les heures supplémentaires.» Le malaise dépasse donc un seul hôpital.

Les tensions s’exacerbent avec des abus verbaux et des menaces de mort du public envers certains médecins. «Nous faisons face à un public violent», affirme Vinesh Sewsurn. Si ce n’est pas la majorité du public mais un nombre excessif, ces abus sont devenus plus fréquents récemment. Il qualifie ces incidents de «conséquences inattendues» de prises de position publiques mal calibrées, qu’elles viennent du ministre, des patients ou du corps médical.

Un an d’arriérés ramené à quelques mois

Le ministère de la Santé reconnaissait, en avril, qu’il y avait des arriérés dépassant Rs 501 millions. L’hôpital Victoria cumulait à lui seul plus de Rs 118 millions, suivi par l’hôpital Dr A. G. Jeetoo avec Rs 98 millions, l’hôpital SSRN avec Rs 79,5 millions et l’hôpital Jawaharlall Nehru de Rose-Belle avec Rs 73 millions. L’hôpital de Flacq accusait près de Rs 60 millions. Même si le retard a été réduit d’environ un an et ramené à quatre ou cinq mois d’arriérés grâce au Supplementary Appropriation Bill, Vinesh Sewsurn rappelle que tous les professionnels de santé, médecins comme paramédicaux, attendent encore leur dû.

Le système repose sur un budget annuel du ministère de la Santé de Rs 18,5 milliards pour l’exercice 2025-26, dont une part importante est consacrée au paiement des heures supplémentaires, à la fois dans les hôpitaux et dans les dispensaires. Ce recours massif à l’overtime permet de maintenir les services mais pèse lourdement sur les finances publiques et sur le moral des soignants.

Le président de la MHOA souligne également les contraintes multiples pesant sur le personnel : manque de moyens, effectifs insuffisants et surcharge de travail. L’accumulation d’heures supplémentaires finit par mener au burn-out, alerte-t-il.

Vinesh Sewsurn évoque aussi la pression exercée sur les médecins pour réduire les files d’attente à tout prix. Les trois syndicats médicaux – MHOA, Government Medical and Dental Officers Association et Government Medical Consultant-In-Charge Association – ont d’ailleurs publié hier un communiqué pour dénoncer cette pratique de «clearing of crowd». «Il ne faut pas d’ambiguïté : soit on est patient-centered, soit on fait du clearing of crowd», tranche-t-il. Selon lui, «la médecine n’est pas un travail mécanique». Chaque patient est unique et chaque consultation demande du temps et de l’attention. «Les patients ne sont pas des numéros à écouler.»

Entre incertitudes salariales, surcharge d’horaires et climat tendu avec le public, Vinesh Sewsurn appelle à davantage de compréhension et de soutien. Au-delà des chiffres et des arriérés, c’est l’usure humaine qui menace aujourd’hui l’équilibre du système de santé et le moral des soignants.

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