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Agriculture vivrière

Travail solitaire et défis : le quotidien exigeant d’un planteur

22 décembre 2025, 11:00

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Travail solitaire et défis : le quotidien exigeant d’un planteur

■ Aneerood Ramgoolam fait face à une lourde charge de travail, limitant ses cultures et l’entretien de son champ au quotidien. Photos: Sumeet Mudhoo.

Les agriculteurs se rendent dans leurs champs très tôt le matin pour travailler avant que le soleil ne soit trop fort afin d’arroser ou de récolter leurs cultures. C’est le cas d’Aneerood Ramgoolam, engagé dans la culture vivrière depuis 1986. Après avoir quitté Riche-Terre pour s’installer à Arsenal en 2007, aujourd’hui, avec le problème de main-d’œuvre, il travaille seul dans son champ dès 6 heures du matin, bien que des membres de sa famille l’aident à temps partiel.

Issu d’une famille de laboureurs, Aneerood Ramgoolam a commencé à s’occuper des cultures dès son plus jeune âge. Il se souvient qu’avant, il se rendait dans ses champs à bicyclette, en bus ou à motocyclette. Ayant progressivement amélioré ses pratiques, aujourd’hui, il a son propre van. Il a commencé par la culture de légumes, puis a diversifié ses activités en passant à l’élevage de vaches et à la production de fruits. Mais un accident dont il a été victime l’a obligé à abandonner cette activité.

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Actuellement, malgré la richesse de la terre, la culture sur un arpent n’est pas toujours florissante. Aneerood Ramgoolam plante une variété de légumes et de fruits : salade, aubergine, piment… Il s’intéresse également à l’agriculture organique mais la pratique reste limitée en raison de plusieurs facteurs. «Mon champ est difficile à gérer seul», explique-til. «Quelques membres de ma famille m’aident, mais ce n’est pas suffisant. J’ai aussi quelques personnes qui viennent travailler deux fois par semaine comme elles le peuvent, mais cela ne me permet pas de planter autant que je le voudrais» Plus la surface cultivée est grande, plus le besoin en main-d’œuvre est important. Le problème n’est pas isolé : de nombreux champs autour sont abandonnés. Les agriculteurs ne peuvent pas se permettre d’engager des travailleurs étrangers car le coût est trop élevé.

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Aneerood Ramgoolam doit donc gérer seul de nombreuses tâches essentielles à la culture de ses légumes et fruits, notamment surveiller et traiter les maladies qui peuvent affecter les plantes, éliminer les mauvaises herbes qui étouffent les cultures, lutter contre les insectes nuisibles et veiller à la bonne réalisation des récoltes. Cette charge de travail importante limite la quantité qu’il peut planter et la diversité de ses cultures, rendant la gestion de son champ particulièrement difficile au quotidien. «Si nous avions assez de main-d’œuvre, nous pourrions réduire l’usage d’intrants chimiques et mieux gérer nos cultures.» La mécanisation n’est pas une option pour lui, nous fait-il comprendre, car l’investissement requis serait trop important par rapport à la superficie de son terrain. L’eau reste également un problème majeur, avec des réservoirs difficiles à remplir. La pluie de ces derniers temps a toutefois permis de booster la récolte.

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WhatsApp Image 2025-12-22 at 12.26.54 PM.jpg Aneerood Ramgoolam propose des solutions pour améliorer la situation des planteurs comme lui, notamment en offrant la possibilité d’employer des travailleurs de manière flexible, quelques jours par semaine. «J’aurais aimé pouvoir pratiquer l’agriculture intégrée : combiner cultures et élevage, diversifier les productions et mieux utiliser les ressources du terrain, tout en réduisant le recours aux intrants chimiques. Mais il faut du personnel disponible. C’est un bien meilleur concept», souligne-t-il. Il propose également que les étudiants en agriculture accompagnent les planteurs afin de leur apporter un soutien technique et des conseils pratiques pour améliorer la gestion des cultures et la productivité.

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