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Décès de Paul Claude Duval

Stéphane, le fils de la victime : «Seki mwa ek mo fami pe rode, se lazistis

28 décembre 2025, 06:00

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Stéphane, le fils de la victime :  «Seki mwa ek mo fami pe rode, se lazistis

Il avait 81 ans. Il vivait à La Caverne, à Vacoas, dans une maison devenue, au fil des années, un lieu de tension permanente. Paul Claude Duval n’était ni un homme violent ni un fauteur de troubles. Il voulait simplement dormir la nuit. Il voulait que le volume de la musique baisse, que le calme revienne, que sa plainte soit entendue. Il est mort pour cela.

Une semaine après avoir été sauvagement agressé par plusieurs individus alors qu’il se rendait au poste de police, l’octogénaire a succombé à ses blessures, le 24 décembre, à l’hôpital Victoria. L’autopsie a conclu à une septicémie, avec des blessures crâniennes. Derrière ces termes médicaux, une réalité plus brute : un corps âgé, brisé sous les coups, et une famille qui n’a rien vu venir.

Pour Stéphane Duval, le fils du défunt, le deuil est impossible. Seki mwa ek mo fami pe rode, se lazistis, lâche-t-il. La tristesse et la colère se font ressentir dans sa voix, mais le message est limpide : son père a alerté, dénoncé, insisté. En vain. Depuis des années, le couple Duval vivait au rythme des nuisances sonores nocturnes: des moteurs volontairement bruyants, de la musique diffusée à plein volume. À plusieurs reprises, des plaintes avaient été déposées. Selon la famille, elles n’ont jamais débouché sur des mesures concrètes. Pire, Paul Claude Duval aurait fini par passer pour un fauteur de troubles, un vieil homme «difficile», dont les dénonciations auraient été banalisées.

Pour le fils, la mort de son père dépasse le cadre d’un simple conflit de voisinage. Elle pose une question plus large : que vaut une plainte quand elle vient d’un vieil homme ? À quel moment l’alerte devient-elle inaudible ?

Le soir de l’agression, excédé, il quitte son domicile à scooter pour se rendre une nouvelle fois au poste de police. Il n’y arrivera jamais. Il est encerclé, roué de coups, sous les yeux de son épouse. Elle fera un malaise et sera hospitalisée. Lui ne se relèvera pas. «Comment est-ce que ma maman aurait pu défendre mon papa dans un cas comme ça ? » interroge Stéphane Duval.

Il évoque aussi la peur, les témoignages qui n’aboutissent pas, les gens , y compris des voisins, qui savent mais ne peuvent pas, ou n’osent pas, aider, se rendant complices. Il dénonce fermement ces personnes, les agresseurs et les complices, qui, selon lui, sont sans pudeur, sans pitié et sans empathie. Il fait également part de son désespoir, de cette impression d’avoir été désarmé, malgré la présence de caméras – dont les images n’ont pas été données à temps – et malgré les démarches répétées.

Il ne cherche pas seulement des coupables individuels. Il parle de la responsabilité d’un système. D’un climat. D’un territoire où certains imposeraient leur loi, pendant que d’autres se taisent ou détournent le regard, et réclame justice.Il évoque un système de magouilles et la présence d’un «gang dans la cité», où des policiers divulgueraient des informations et des éléments d’enquête à ceux qui ont causé du tort. Il affirme avoir été agressé le 24 décembre et avoir donné sa déclaration à la station : «Nou san resours… kisanla nou pou al gete si lapolis koumsa». Cependant, il affirme aussi qu’il continuera de se battre pour la justice. «Mon papa n’est pas mort pour rien. Il est mort à cause d’un groupe ‘pena lespri’», dit-il, sans détour.

Le drame relance aussi le débat sur les nuisances sonores. Les autorités ont annoncé un renforcement des patrouilles et des sanctions. Mais pour la famille Duval, ce sont des annonces qui arrivent trop tard. Elles n’effacent ni les coups, ni l’hôpital, ni la chambre vide.

Stéphane Duval pense que l’agresseur serait parti en Allemagne, tandis que son père, «bolom drwat» et de principe, a été laissé à son sort depuis que sa première plainte n’a pas été traitée avec sérieux.À La Caverne, le silence est revenu. Un silence lourd, qui suit ce drame que personne n’a su empêcher.

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