Publicité

Secteur financier

SBM : les coulisses d’une suspension

3 août 2026, 09:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

SBM : les coulisses d’une suspension

Nommé à la tête de SBM Holdings Ltd le 30 novembre 2022, Raoul Gufflet devait poursuivre la restructuration de l’un des principaux groupes bancaires mauriciens. Son arrivée s’inscrivait dans une stratégie visant à renforcer la compétitivité et la rentabilité de l’institution. Le président du conseil d’administration de l’époque, Sattar Hajee Abdoula, insistait alors sur une gestion disciplinée et un contrôle rigoureux des investissements.

Près de quatre ans plus tard, le conseil d’administration a suspendu le Group Chief Executive Officer à la suite d’une enquête interne. Le Deputy Group Chief Executive Officer, Mooneesing Janna Naikeny, a été nommé par intérim, sous réserve des autorisations réglementaires.

Cette décision intervient alors que plusieurs questions de gouvernance et de conformité sont examinées au sein du groupe. Selon les informations recueillies par l’express, l’enquête porte notamment sur une related party transaction, une catégorie d’opérations soumise à une surveillance renforcée par la Banque de Maurice. Les directives du régulateur imposent des règles strictes pour les transactions impliquant des parties liées, notamment des administrateurs, dirigeants ou personnes ayant un intérêt direct ou indirect dans l’institution. Ces dispositions visent à prévenir les conflits d’intérêts et à garantir la transparence des décisions.

Selon nos informations, un audit interne a mis en lumière une transaction impliquant le cabinet Grant Thornton. Les investigations cherchent à déterminer si les procédures prévues par la Banque de Maurice ont été respectées et si les mécanismes de contrôle requis ont fonctionné correctement.

Filiale malgache

L’enquête porte également sur un possible breach of guidelines, c’est-à-dire un manquement présumé aux exigences du régulateur concernant les transactions avec des parties liées. Ce type de nonconformité est considéré comme particulièrement sensible dans le secteur bancaire, où la gouvernance et la gestion des risques constituent des obligations réglementaires majeures.

Toujours selon nos informations, la Banque de Maurice avait déjà attiré l’attention de la SBM, dès 2024, sur certaines questions de conformité. Les investigations en cours visent notamment à déterminer si des décisions ou des omissions ont exposé l’établissement à un risque réglementaire.

Cette affaire survient après une autre enquête interne. En 2025, à la suite d’une lettre anonyme dénonçant des transactions de sa filiale malgache, la SBM avait mandaté Ernst & Young (EY) pour mener un audit approfondi. Durant cette période, Raoul Gufflet avait été placé en governance leave, une mesure destinée à garantir l’indépendance des investigations. L’audit d’EY n’aurait alors révélé aucune anomalie majeure. Les questions aujourd’hui examinées auraient émergé ultérieurement, à la faveur d’un nouvel audit interne ordonné par le conseil d’administration.

Publicité