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Sarita Hardin-Ramanan : «Game of Code montre que la technologie aide à concevoir des solutions responsables, centrées sur l’humain»
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Sarita Hardin-Ramanan : «Game of Code montre que la technologie aide à concevoir des solutions responsables, centrées sur l’humain»
Sarita Hardin-Ramanan, «Head of Faculty of Accounting, IT, Law and Finance» à Charles Telfair Education.
À l’occasion de la troisième édition 2026 du Game of Code, qui a réuni près de 200 étudiants autour de solutions technologiques pour lutter contre l’abus de substances, Sarita Hardin-Ramanan, «Head of Faculty of Accounting, IT, Law and Finance» à Charles Telfair Education, évoque avec nous le rôle de la technologie face aux enjeux de société, les liens entre l’enseignement supérieur et le monde professionnel, ainsi que les défis éthiques liés à l’intelligence artificielle (IA).
⚫ Game of Code a placé la lutte contre l’abus de substances au cœur de la compétition. Pourquoi avoir choisi cette problématique comme thème cette année ?
L’abus de substances est une préoccupation croissante à Maurice, comme dans le reste du monde, et touche autant les individus que les familles et les communautés, quels que soient leur milieu ou leur statut socioéconomique. Son impact est de plus en plus préoccupant, mais les premiers changements comportementaux et émotionnels offrent en réalité des occasions précieuses d’intervenir tôt et de manière bienveillante. Nous avons choisi ce thème pour sensibiliser sur une problématique qui concerne tout le monde, au-delà des idées reçues sur les profils à risque, et mobiliser les jeunes et leur savoir-faire pour développer des solutions concrètes. Cette compétition a ainsi réuni près de 200 étudiants autour d’une thématique bien ancrée dans la réalité.
⚫ Comment la technologie peut-elle contribuer à la prévention et à la lutte contre l’abus de substances ?
Les nouvelles technologies, notamment les systèmes d’analyse comportementale basés sur l’intelligence artificielle, permettent de passer d’une approche réactive à un accompagnement proactif, centré sur les communautés. Ces technologies doivent toutefois être conçues avec soin, en respectant la vie privée et la dignité des personnes.
⚫ Les hackathons sont souvent présentés comme des ponts entre l’enseignement supérieur et le monde professionnel. Comment cette approche se traduit-elle concrètement à travers le Game of Code ?
Le Game of Code 2026 illustre le lien entre l’enseignement supérieur et le monde professionnel en plaçant les étudiants face à un défi réel, à travers des technologies telles que l’analyse de sentiments, la vision par ordinateur et les modèles d’IA, présentées devant un jury de 24 représentants d’entreprises. Cette compétition incarne aussi ce en quoi Charles Telfair Education croit profondément : que l’enseignement supérieur doit former des esprits capables d’agir sur le monde. L’échange avec les entreprises permet aux étudiants de développer des compétences techniques, mais aussi des qualités recherchées par les employeurs : travail d’équipe, communication, gestion du temps, créativité et résolution de problèmes. C’est aussi pour elles l’occasion de découvrir de jeunes talents et de contribuer à la formation de la prochaine génération de professionnels du numérique.
⚫ Avec l’évolution rapide des technologies, notamment l’IA, quels sont les défis auxquels les jeunes développeurs doivent faire face, notamment en matière d’éthique, de fiabilité des données et de responsabilité ?
L’IA offre des possibilités extraordinaires, mais s’accompagne de responsabilités importantes: un bon développeur doit aussi comprendre les impacts de ce qu’il crée. Le premier défi est éthique : les systèmes d’IA doivent être conçus de façon équitable, sans reproduire ni amplifier les biais présents dans les données. Le deuxième concerne la fiabilité des données : une IA n’est performante que si celles-ci sont pertinentes et représentatives. Il est donc essentiel de vérifier les sources et de valider les résultats générés par les modèles. Enfin, la responsabilité reste humaine : les développeurs doivent questionner, tester et encadrer rigoureusement les productions de l’IA. C’est pourquoi des initiatives comme le Game of Code sont importantes, elles montrent que la technologie ne consiste pas seulement à développer des applications performantes, mais aussi à concevoir des solutions responsables, centrées sur l’humain.
⚫ Si la technologie peut contribuer à apporter des réponses à certains enjeux sociaux, quelles sont, selon vous, ses limites face à des phénomènes complexes comme l’abus de substances ?
La technologie est un formidable levier, mais jamais une solution à elle seule. Face à l’abus de substances, les causes sont souvent multiples, psychologiques, sociales, familiales ou économiques. L’IA peut aider à détecter des signaux précoces et orienter une personne vers les ressources adaptées, mais elle ne remplace ni l’écoute, ni l’empathie, ni l’accompagnement humain. C’est pourquoi le thème Towards Recovery mettait l’accent sur l’orientation vers le bon soutien plutôt que sur le simple dépistage, en encourageant les étudiants à concevoir des solutions qui complètent le travail des professionnels de santé et des ONG. La technologie est donc plus efficace pensée comme un outil au service de l’humain, réunissant expertise technique et compréhension des besoins réels, un esprit de collaboration entre université, industrie et secteur associatif que nous avons souhaité promouvoir à travers le Game of Code.
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