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Banque de Maurice

Quand les promotions deviennent une ligne de fracture interne

18 décembre 2025, 06:56

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Quand les promotions deviennent une ligne de fracture interne

À la Banque de Maurice (BoM), institution censée incarner la rigueur, la stabilité et la bonne gouvernance, un malaise inhabituel a gagné les couloirs. En cause : un exercice de promotion et de recrutement interne qui, au lieu de fédérer, divise le personnel et ravive des inquiétudes sur la transparence des processus décisionnels.

Dans une pétition adressée le mardi 16 décembre à la gouverneure de la BoM, Priscilla Muthoora Thakoor, des employés, soutenus par le Bank of Mauritius Employees Union (BOMEU), demandent la suspension immédiate des vacances de postes publiées le 4 décembre et un réexamen global de l’exercice en cours. Leur démarche, insistent-ils, ne vise pas à contester l’autorité de la direction, mais à rappeler l’importance du respect des règles qui encadrent la gestion des carrières au sein de la BoM.

Au cœur de la contestation se trouve l’absence de consultation du syndicat reconnu. Selon la BOMEU, cette omission contrevient aux obligations prévues par l’Employment Relations Act de 2008 et par l’accord de procédure qui lie la BoM à ses employés. Dans un courriel officiel transmis le même jour à la gouverneure, le président du syndicat, Chidanand Rughoobur, souligne que depuis la reconnaissance formelle de la BOMEU, le 3 novembre 2025, aucune information relative aux promotions, nominations ou avis de vacance n’a été communiquée, alors que la loi l’exige explicitement.

Au-delà de la forme, c’est le fond qui inquiète. L’introduction soudaine d’un diplôme post-universitaire comme condition d’accès au poste de Senior Analyst est vécue par de nombreux cadres comme une remise en question brutale de parcours construits sur l’expérience, l’évaluation des performances et l’engagement à long terme. Pour ces employés, cette nouvelle exigence change les règles en cours de route et risque d’exclure des profils chevronnés sans justification clairement établie, en contradiction potentielle avec l’Equal Opportunities Act.

La pétition évoque également des lacunes en matière de justice procédurale : absence de mécanisme d’appel, critères perçus comme fluctuants et soupçons de conflits d’intérêts non déclarés dans la définition des nouvelles exigences. Ces éléments alimentent un sentiment d’iniquité et fragilisent la confiance dans l’impartialité des processus internes. Les signataires pointent aussi vers un déficit de planification en matière de succession et de développement des compétences, estimant que les employés n’ont pas été préparés ni accompagnés pour répondre aux nouvelles attentes.

À défaut d’une réponse rapide et d’un dialogue engagé, ils préviennent que le différend pourrait être porté devant les instances de médiation et de régulation compétentes.

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