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Examens de fin de cycle
Quand les organisations non gouvernementales réinventent la réussite scolaire
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Examens de fin de cycle
Quand les organisations non gouvernementales réinventent la réussite scolaire
Photo illustration.
En cette fin d’année scolaire, des dizaines de milliers d’écoliers se présenteront aux examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC) et du National Certificate of Education (NCE), deux étapes décisives du système éducatif mauricien. Mais pour de nombreux enfants au parcours atypique, cette voie demeure inaccessible. Grâce au soutien d’organisations non gouvernementales (ONG), qui développent des approches pédagogiques adaptées, ces élèves s’épanouissent et redéfinissent la réussite à leur manière.
? ADSP : une école née d’un service de garde

Lorsque Saras Ullagen (photo) a lancé, en 2003, un service en ambulatoire (daycare) pour personnes en situation de handicap, elle n’imaginait pas qu’une décennie plus tard, elle dirigerait une véritable école. La fondatrice de l’Association of Disability Service Providers (ADSP) se souvient qu’«avec le nombre croissant d’enfants en situation de handicap physique et intellectuel léger mais capables de suivre un parcours académique à leur rythme, nous avons décidé de nous lancer dans l’éducation spécialisée».
Aujourd’hui, l’école accueille des enfants de cinq à 20 ans présentant un handicap intellectuel. Ils suivent le programme académique classique, mais adapté à leur progression. Une section pré-primaire facilite leur mise à niveau avant l’entrée au primaire.
L’ADSP prépare également ses élèves au PSAC, parfois à un âge plus avancé. Pour évaluer leur capacité à franchir ce cap, Saras Ullagen explique que «nous ne tenons pas seulement compte du niveau académique. Le comportement, la gestion du stress et la concentration jouent un rôle essentiel. Dès la Grade 1, nous les préparons pour éviter qu’ils ne soient déstabilisés».

La secrétaire administrative, Pooja Momine (photo), précise que dès la Grade 4, les élèves sont mis en condition réelles d’examen, surveillés par d’autres enseignants et corrigés par un professeur extérieur. Pour ceux qui ne se présentent pas au PSAC, une section pré-vocationnelle propose des formations pratiques en cuisine, jardinage ou artisanat.
? La joie des examens, l’épreuve du secondaire
Passer le PSAC ou le NCE est une victoire mais elle laisse rapidement place à la frustration. Les élèves qui réussissent doivent ensuite affronter la difficulté de trouver un collège prêt à les accueillir. Et lorsqu’ils y parviennent, le choc est brutal : habitués à quatre matières avec le soutien d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS), ils doivent soudain gérer une douzaine de matières et seuls.
Saras Ullagen déplore «qu’après trois ou quatre ans au collège, il n’y a pas de plan ni d’alternative. Les parents, dépassés, reviennent vers nous.» Face à ce vide, l’ADSP a noué des partenariats avec des entreprises locales pour offrir des stages à ces enfants qui reviennent vers eux. Certains ont ainsi trouvé un emploi dans l’hôtellerie ou le commerce.
? École Familiale de l’Ouest : une seconde chance pour les décrocheurs
Depuis 18 ans, l’École Familiale de l’Ouest (EFO), membre du réseau Adolescent Non Formal Education Network, est une bouée de sauvetage pour les jeunes en difficulté académique. Elle accueille des adolescents à partir de 14 ans, souvent déscolarisés, en échec ou décrocheurs.

Sa directrice, Nicole Burzoo (photo), explique que le programme, conçu en interne, dure trois ans et s’articule autour de l’alphabétisation, du développement personnel et de l’apprentissage d’un métier. L’école donne la possibilité aux jeunes de découvrir les métiers à travers des visites d’entreprises et de travailler sur leurs comportements et attitudes pour rejoindre le marché du travail. À l’admission, le niveau des élèves est évalué afin d’adapter l’accompagnement.
L’École Familiale de l’Ouest utilise des pédagogies différenciées
• La pédagogie inclusive, qui associe théorie, pratique et expérience, pour les premières étapes.
• La pédagogie fonctionnelle, destinée à préparer ceux qui entrent directement dans le monde du travail.
• L’alternance : En troisième année, les élèves de 16-17 ans alternent école et stages en entreprise. «L’accent est mis sur l’apprentissage, pas sur le salaire. La véritable récompense, c’est l’expérience», souligne Nicole Burzoo. L’école collabore également avec le Mauritius Institue of Training and Development (MITD), où les élèves peuvent préparer leur NC1. En 2024, tous les 24 candidats de l’EFO ont réussi cet examen. La demande est forte : les hôtels et entreprises de l’Ouest sollicitent régulièrement ces jeunes, qui réussissent leur insertion socio-économique.
«Jared, Yaasine, Naomie : Preuves vivantes qu’un autre chemin est possible»
? Jared Samuel

À 18 ans, Jared est déjà technicien en informatique, depuis trois ans, dans une grande entreprise du secteur. Son parcours est un véritable témoignage de résilience. Incapable de lire et d’écrire à la fin du primaire, il a intégré l’École Familiale de l’Ouest (EFO) à l’âge de 14 ans. Grâce à l’accompagnement patient et bienveillant de ses enseignantes, qu’il appelle affectueusement «les Miss», il a progressivement rattrapé son retard. «Elles m’ont pris à mon niveau et m’ont appris à mon rythme. Aujourd’hui, je peux même faire une présentation devant une audience !»
Reconnaissant envers l’institution, qui a transformé sa vie, Jared met en avant les valeurs et l’encadrement solides qui l’ont façonné. Son message aux jeunes en difficulté académique est clair : «saisissez les opportunités qui s’offrent à vous car elles peuvent ouvrir la voie vers un avenir bien plus lumineux.»
? Naomie Résidu

À 23 ans, Naomie Résidu travaille comme coiffeuse dans un salon réputé de l’Ouest. Elle suit des cours au MITD pour se perfectionner en esthétique et envisage une carrière à l’étranger. Après avoir quitté le collège en Grade 10, elle a retrouvé confiance en elle grâce à l’EFO. «Apprendre a été plus facile grâce à la patience des professeurs et à l’approche de l’école.» Son message aux jeunes est le suivant : «un échec ne définit pas votre avenir. On peut échouer dans une chose et réussir dans une autre.»
? Yaasine Boodhoo

À son arrivée à l’ADSP, Yaasine Boodhoo se sentait perdu. Grâce au soutien des enseignants, il a appris à lire et a réussi le PSAC, un exploit qu’il jugeait impossible. Même si son parcours scolaire s’est arrêté au NCE, il travaille aujourd’hui dans un commerce de vente de portables où il est en formation continue car «je veux viser plus haut», confie-t-il, reconnaissant envers ses professeurs.
Une autre définition de la réussite
Ces récits montrent qu’il existe plusieurs voies vers la réussite. Les organisations non gouvernementales comme l’ADSP et l’EFO offrent aux enfants et adolescents marginalisés une chance de s’instruire, de développer leurs compétences et de bâtir un avenir.
Dans un système scolaire souvent rigide, elles rappellent que l’éducation ne devrait pas être une course mais un chemin où chacun avance à son rythme.
Pour aider ou se faire aider :
• ADSP : 2451373 / [email protected]
• Ecole Familiale de l’Ouest : 452 24 62 / [email protected]
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