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Mauritius Investment Corporation

Pourquoi la BoM veut détruire les Rs 81 milliards…

1 septembre 2025, 06:00

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Pourquoi la BoM veut détruire les Rs 81 milliards…

La Banque de Maurice (BoM) a créé des fonds de Rs 81 milliards pour la Mauritius Investment Corporation (MIC) en 2020-21. Mais cet argent n’a pas été généré grâce à une production réelle de biens et services, ni à partir des réserves en devises du pays. Il s’agit de ce qu’on appelle de la monnaie imprimée ou création monétaire ex nihilo, c’est-à-dire créée à partir de rien. Autrement dit, de l’argent artificiel qui s’ajoute à la masse monétaire sans contrepartie productive.

Ainsi, il est important de le retirer de la circulation, parce que si cet argent reste en circulation alors que la production de biens et services n’a pas augmenté dans les mêmes proportions, on se retrouve dans la situation classique de l’adage «too much money chasing too few goods». Le résultat est l’inflation : les prix grimpent, le pouvoir d’achat des ménages baisse et la monnaie perd de sa valeur. Pour éviter ce danger, les sommes remboursées par la MIC doivent d’abord retourner à la BoM pour être retirées du circuit monétaire. Ensuite, ces montants sont purement et simplement détruits, c’est-à-dire effacés des comptes. Cela permet de réduire la masse monétaire et de rétablir l’équilibre : la quantité d’argent en circulation correspond mieux à la production réelle du pays.

Manisha Dookhony, économiste diplômée de l’université Harvard, nous offre une lecture approfondie : «La BoM dit qu’elle va burn, ou détruire, cet argent essentiellement parce qu’elle considère qu’il a été créé, alors que cela ne devrait pas être le cas. Deuxièmement, en détruisant l’argent, elle estime que cela pourrait avoir un impact sur l’inflation ; le money supply, c’est-à-dire la quantité d’argent en circulation, sera réduite, ce qui devrait contribuer à limiter l’inflation. Troisièmement, toujours selon l’analyse de la BoM, avec un money supply moindre, il est possible que la roupie retrouve un peu de sa valeur.» Or, précise-t-elle, l’inflation à Maurice est plus une import inflation et l’effet immédiat de cette opération risque donc d’être limité.

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