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Réforme des pensions
PNQ : environ Rs 8 millions d’allocations versées à la Commission d’experts
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Réforme des pensions
PNQ : environ Rs 8 millions d’allocations versées à la Commission d’experts
La réforme des pensions était au cœur de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, hier. Le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, longuement été interrogé sur la fin annoncée de la Basic Retirement Pension (BRP) et l’introduction de la State Age Pension (SAP), les travaux de la Commission d’experts, dont les allocations versées à ses membres ont atteint environ Rs 8 millions depuis septembre 2025, ainsi que les changements apportés après les critiques suscitées par cette réforme.
⚫ Navin Ramgoolam : «Sans réforme, les jeunes de ce pays n’auront pas de pension»
Dans sa réponse, Navin Ramgoolam a défendu la nécessité de revoir le système actuel, qu’il qualifie «d’insoutenable». Selon lui, la BRP, entièrement financée par les fonds publics, représente aujourd’hui une pression majeure sur les finances de l’État. Il a indiqué que les dépenses liées à cette pension étaient passées de Rs 5,97 milliards en 2010 à Rs 13,1 milliards en 2015-2016, puis à Rs 27,9 milliards en 2020-2021 pour atteindre environ Rs 55 milliards en 2025-2026. Le Premier ministre a ajouté que sans réforme, cette facture pourrait atteindre Rs 100 milliards en 2035. «La situation est clairement alarmante et insoutenable», a-t-il affirmé, précisant que les dépenses liées à la BRP représentent désormais environ 8,1 % du produit intérieur brut.
Pour appuyer son argumentaire, Navin Ramgoolam a rappelé que les inquiétudes autour de la viabilité de la pension universelle ne datent pas d’aujourd’hui. Il a cité Paul Bérenger en 2003, qui avait déclaré que la BRP exerçait une forte pression sur le Budget et que le vieillissement rapide de la population rendrait ce système «insoutenable» à long terme. Il est également revenu sur les propos tenus par Pravind Jugnauth lorsqu’il était ministre des Finances en 2004-2005. Ce dernier avait alors déclaré que la BRP absorbait une part importante des ressources publiques et que plusieurs rapports avaient remis en question sa soutenabilité à long terme. «C’est pourquoi j’ai cité son propre leader», a lancé Navin Ramgoolam face aux critiques de l’opposition.
Répondant aux questions de Joe Lesjongard sur la Commission d’experts mise en place pour étudier la réforme, le Premier ministre a précisé que celle-ci avait été créée en septembre 2025. Elle est présidée par l’actuaire Ashok Prayag, et comprend également Bernard Yen, Ivan Legris, Azad Jeetun, Verena Tandrayen-Ragoobur, Sattar Jackaria et Aimé Chung Kai Suet, issus des domaines actuariel, économique et statistique. Concernant les allocations versées aux membres, Navin Ramgoolam a indiqué que le président de la commission reçoit Rs 200 000 par mois, tandis que les six autres membres perçoivent chacun Rs 100 000 mensuellement. Le coût total mensuel de la commission s’élève ainsi à Rs 800 000. Entre septembre 2025 et juin 2026, les allocations versées représentent environ Rs 8 millions.
Selon le rapport intérimaire de la Commission d’experts, une réforme est nécessaire en raison du vieillissement de la population et de la baisse du nombre de travailleurs par retraité. Le rapport souligne que le ratio est passé de 16 travailleurs pour un retraité en 1962 à 4,7 en 2025 et pourrait tomber à 2,47 en 2064.
Parmi les principales recommandations figurent la création d’une Independent Pensions Regulatory Authority, la mise en place d’un Central Pensions Administration Bureau, le remplacement de la BRP par la SAP à partir du 1ᵉʳ janvier 2027 ainsi que la réforme du système contributif national. Le rapport proposait aussi un means test basé sur le revenu imposable, avec un seuil fixé à Rs 14 000, correspondant à la ligne de pauvreté relative de la Banque mondiale.
Interrogé par Joe Lesjongard sur la durée du gel du means testing annoncé après les contestations, Navin Ramgoolam a répondu: «The means test is out.» Le leader de l’opposition a ensuite voulu savoir si des consultations avaient été menées avec les membres du gouvernement avant l’annonce de la réforme. «La réponse est oui», a répondu le Premier ministre. Joe Lesjongard a également interrogé Navin Ramgoolam sur une réunion tenue le 6 juin en présence du ministre de l’Intégration sociale, de la sécurité sociale et de la solidarité nationale, Ashok Subron, demandant si l’assurance avait été donnée qu’il n’y aurait aucune réduction des pensions. «Non, je ne l’ai pas fait. Nous avons discuté des propositions. Le ministre Subron voulait savoir qui serait affecté et qui ne le serait pas», a répondu le Premier ministre.
Face aux critiques concernant le rôle des experts et les accusations d’influence d’un groupe «non élu», Navin Ramgoolam a défendu la commission. «Nous ne sommes pas des experts. Ce sont des spécialistes dans leurs domaines. Les experts ne décident pas des politiques ; ils présentent un rapport. C’est nous qui décidons», a-t-il déclaré.
Le chef de l’opposition a ensuite accusé le gouvernement d’avoir effectué un recul humiliant moins de 72 heures après la présentation du Budget. Le Premier ministre a rejeté cette critique : «C’est ce qu’on appelle la démocratie et écouter la voix du peuple.»
Joe Lesjongard a demandé si le gouvernement compte retirer l’Appropriation Bill 2026-2027 après les modifications annoncées. Navin Ramgoolam a qualifié cette demande de «démagogie», affirmant que l’ensemble du Budget avait été bien accueilli et que seuls certains aspects de la réforme des pensions avaient été ajustés.
Le député Adrien Duval est également intervenu, accusant le gouvernement d’avoir promis une hausse de la pension avant les élections alors que des rapports du Fonds monétaire international mettaient déjà en garde contre l’insoutenabilité du système. Il a évoqué une «trahison» envers la population. La réplique de Navin Ramgoolam a été cinglante : «Ce n’est pas une trahison ; c’est suicidaire. C’est un mélange de démagogie, d’ignorance et de venin.» Selon lui, refuser toute réforme reviendrait à mettre en danger les générations futures. «Les jeunes de ce pays n’auront pas de pension si nous ne réformons pas le système», a-t-il insisté.
Le Premier ministre a par ailleurs dénoncé les attaques visant les membres de la Commission d’experts. Il a indiqué que ces derniers avaient fait part de leur intention de démissionner après les critiques dont ils avaient été la cible. «J’ai fait appel à eux pour qu’ils ne prennent pas cette décision et qu’ils complètent cette tâche importante qui leur a été confiée», a-t-il déclaré.
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