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Monuments historiques

Plaidoyer pour une meilleure valorisation du patrimoine

30 août 2026, 14:30

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Plaidoyer pour une meilleure valorisation du patrimoine

Plusieurs personnalités et intervenants ont participé au Forum culturel de l’ODI consacré aux monuments et sites historiques de Maurice. © Sumeet Mudhoo

«Notre diversité ne doit pas se contenter d’être tolérée. Elle doit être comprise, valorisée et transformée en une source de force. C’est aussi la raison pour laquelle, depuis mon entrée en fonction, j’ai cherché à faire de la State House – classée parmi nos sites du patrimoine national – un lieu de rencontre et d’échange où peuvent se retrouver des personnes issues d’horizons, d’institutions, de communautés et de traditions différents.» C’est ce qu’a déclaré le président de la République, Dharam Gokhool, hier au Mahatma Gandhi Institute, lors du forum culturel organisé par l’Organisation for Diaspora Initiatives (ODI) sur le thème Our Heritage – Historical Monuments and Sites. Le ministre des Arts et de la culture, Mahendra Gondeea, la présidente de l’ODI, Ranjita Bunwaree, et le président du National Heritage Fund, Ricardo Lalande, étaient également présents.

Selon le président Dharam Gokhool, un bâtiment tel que la State House possède une longue histoire ; comprendre cette histoire confère une signification plus profonde à l’institution qui occupe les lieux aujourd’hui. Il a souligné que les noms des écoles et des institutions rappellent des personnalités influentes ayant contribué à la nation, intégrant ainsi la préservation et l’interprétation du patrimoine, de la culture et de l’histoire au récit national.

Selon lui, le forum ne vise pas seulement à réfléchir au passé, mais aussi à projeter ce patrimoine commun vers l’avenir en s’appuyant sur l’art, l’éducation et la technologie pour toucher les nouvelles générations, tout en conciliant accessibilité, exactitude et respect des faits historiques. Il a aussi fait référence à l’actualité internationale, avec les récents événements tragiques survenus au Népal, mais aussi les guerres dans d’autres parties du monde. Dans un monde qui fait face à des crises multiples, il a cependant déclaré qu’à Maurice, il a noté un regain d’intérêt pour les questions d’identité nationale, d’histoire et de patrimoine.

Il a salué les différents intervenants pour avoir apporté des perspectives différentes : «Je note avec intérêt que le programme aborde différentes perspectives – monuments et sites historiques, y compris les patrimoines colonial et africain, l’histoire de l’esclavage, ainsi que les cultures et patrimoines musulman et chinois. Cette diversité de points de vue reflète elle-même la richesse de l’île Maurice. J’espère que ces échanges se poursuivront au-delà d’aujourd’hui et contribueront à transmettre nos valeurs communes aux générations futures, pour la paix, le progrès et la prospérité de tous.»

Héritage

Faisant référence au musée se trouvant au pied du Morne, le ministre des Arts et de la culture a, pour sa part, déclaré que «lorsque nous délaissons un monument, nous abandonnons un pan de notre identité». Selon lui, le thème de ce forum consacré à notre patrimoine, à nos monuments historiques et à nos sites est au cœur de notre identité nationale, car il retrace l’histoire des diverses diasporas qui ont façonné l’île Maurice. Il a annoncé que le National Heritage Fund Bill est en bonne voie. Il a aussi souligné que «la protection du patrimoine exige bien plus que de bonnes intentions ; elle requiert des institutions solides, des obligations claires et des lois contraignantes. Je m’engage à veiller à ce que ce projet de loi favorise la responsabilisation et des résultats concrets sur le terrain.»

Ranjita Bunwaree, présidente de l’ODI, a mis l’accent sur l’importance de faire connaître les différents sites et monuments historiques aux écoliers et collégiens. Elle a exprimé l’avis que les manuels scolaires devraient présenter les monuments historiques et les sites liés à l’époque de leur construction.

Elle a rappelé que l’île Maurice s’est développée autour de la culture de la canne à sucre, avec l’arrivée d’esclaves venus d’Afrique et de travailleurs sous contrat venus d’Inde. Cette réalité constitue une part intégrante de l’histoire mauricienne. Cependant, elle a soulevé des questions pertinentes : combien d’élèves, ou même de citoyens, ont visité les anciennes sucreries disséminées à travers l’île ? Ces sites sont-ils ouverts au public ?

Ces questions soulignent les lacunes actuelles dans l’accessibilité et la sensibilisation au patrimoine historique mauricien. Elles mettent en évidence la nécessité d’efforts concertés pour intégrer cette connaissance dans l’éducation formelle et rendre ces sites plus accessibles à la population.

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