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Mauricienne de l’année 2025
Patricia Adèle-Félicité : L’entraide chevillée au corps
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Mauricienne de l’année 2025
Patricia Adèle-Félicité : L’entraide chevillée au corps
Belle mobilité sociale et professionnelle que celle accomplie par Patricia Adèle-Félicité. Cette quinquagénaire, originaire de Roche-Bois et issue d’un milieu modeste – son papa était maçon et sa maman employée de maison, puis garde-malade auprès des Sœurs du Bon Secours –, est entrée dans la vie active comme styliste. Et même si depuis son enfance, elle faisait du travail social auprès des Missionnaires de la Charité à Roche-Bois, c’est la conviction amenée par un questionnement – «quel rôle voulez-vous avoir dans l’église et dans le monde pour le changer ?» –, à la fin de son parcours au sein du Groupe 40, qui l’a orientée vers la cellule de Caritas de son quartier. Après des années en tant que bénévole à sillonner à mobylette cette région périphérique de Port-Louis pour identifier et diriger les démunis vers les services de Caritas, elle a été nommée coordinatrice. Et à partir de là, elle a figuré sur la liste des salariés de cette organisation catholique jusqu’à sa nomination comme secrétaire générale. Un riche parcours que l’express choisit de mettre à l’honneur cette année.
D’autant qu’elle confie à notre journaliste Marie-Annick Savripène, qu’elle veut «partager tout ce [qu’elle a] reçu, former des gens et surtout faire appel aux jeunes, susciter leur intérêt. C’est tout ce que j’ai reçu au cours de mon enfance, dans ma jeunesse, qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. J’aurais pu être ailleurs, dans d’autres fondations. Mais je suis encore là parce que je suis convaincue que c’est ma place et que j’ai encore quelque chose à apporter.»
La prochaine étape pour Patricia Adèle Félicité : «Caritas a fait son plan stratégique pour 2025- 2030. On veut vraiment soutenir nos différentes équipes sur le terrain, les professionnaliser, leur donner les moyens et surtout faire du plaidoyer auprès des paroisses, des ministères etc. pour avoir des cellules de Caritas vraiment professionnelles et financièrement stables. Et puis, notre plus gros projet à Caritas est de faire sortir de terre un village intégré, un village modèle à Poudre d’Or. Ce sera un village qui va reprendre les bonnes pratiques de Caritas, c’est-à-dire un centre d’éveil, un centre polyvalent où l’on pourra faire des formations pour les femmes, les adultes, un espace pour les jeunes en demande, qui ont besoin d’être encadrés, d’alternatives. Le logement reste un problème clé parce que nous avons des personnes qui veulent quitter un foyer violent, qui veulent sortir de leur environnement toxique. Nous voulons refaire une deuxième maison de relais dans ce village intégré et tout cela accompagné par une équipe de professionnels, de travailleurs sociaux, de manière que ce village soit un modèle de vie. Il y a aura aussi un jardin thérapeutique et un espace vert pour que les gens arrivent à vivre très simplement ensemble, dans la convivialité mais dans la dignité et où ils pourraient mieux se ressourcer pour retourner en société par la suite. Et pour mener à bien ce projet, nous compterons sur la générosité des Mauriciens.»
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