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Liberté de la presse

Nawaz Noorbux : «Les dérapages prennent une dimension communale»

2 août 2026, 18:00

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Nawaz Noorbux : «Les dérapages prennent une dimension communale»

Nawaz Noorbux, journaliste et deputy CEO du Défi Media Group.

Pour Nawaz Noorbux, les incidents survenus devant la FCC s’inscrivent dans un climat préoccupant. Il estime que les dérapages prennent désormais une dimension communale à des fins politiques. Selon lui, cette campagne n’a pas commencé devant la FCC, mais bien avant sur les réseaux sociaux, à travers des vidéos et publications le visant notamment ainsi que Taariq Doreemah et Al Khizr. Il rappelle que, sous l’ancien régime et avant les élections de 2024, de nombreux journalistes avaient dénoncé, à juste titre, plusieurs dérives. Il s’interroge toutefois sur «cet acharnement» contre ces trois journalistes. «Normalement je n’ai pas ce genre de réflexes, mais là je commence à me poser des questions», confie-t-il.

Nawaz Noorbux juge également très grave que l’incident se soit déroulé sous le regard d’un ancien ministre et d’un ancien PPS qui, selon lui, semblaient amusés par la situation. Il regrette qu’à aucun moment ils ne soient intervenus pour défendre le droit de la presse à travailler librement, se demandant s’il ne s’agit pas d’«une culture de violence vis-à-vis des médias». Il estime par ailleurs que les journalistes ne sont visiblement pas suffisamment protégés lorsqu’ils couvrent des événements sensibles. Revenant sur l’incident devant la FCC, il s’interroge sur le rôle de la police. Il affirme avoir compris que la voiture du journaliste avait été bloquée et que celui-ci avait finalement pu quitter les lieux avec beaucoup de difficultés.

Il adresse également des critiques au commissaire de police, estimant que les services de renseignements devaient savoir à l’avance qu’une foule importante de partisans serait présente devant la FCC. Selon lui, même après les premiers incidents, aucun renfort n’a été envoyé pour protéger les journalistes et le public. «Sa bann dimounn la ti sirexsite e sertin ti mem sou linflians lalkol.» Pour Nawaz Noorbux, ces menaces constituent clairement une atteinte à la liberté de la presse. Il souligne qu’il est légitime de ne pas être d’accord avec un journaliste, mais que de telles pratiques sont inacceptables dans un pays qui se dit démocratique. Selon lui, il s’agit d’une atteinte très grave au travail des journalistes.

Le journaliste déplore également l’absence de réaction du MSM, qui, selon lui, n’a publié aucun communiqué pour condamner ces incidents. Il note que d’autres partis politiques ont pris position, mais regrette que le parti directement concerné ne l’ait pas fait. Concernant les mesures à prendre, il estime que la police doit avant tout assumer pleinement ses responsabilités. Il rappelle que des incidents impliquant différents partis politiques se sont déjà produits par le passé et considère que les forces de l’ordre peinent à gérer ce type de situation. «Mo poz mwa la kestyon, si sa zournalis ti agrese, ki sanla ti pu pran responsabilite ?», lance-t-il.

Au-delà de cet épisode, Nawaz Noorbux estime que la presse mauricienne est aujourd’hui confrontée à plusieurs défis majeurs, notamment ceux liés aux réseaux sociaux. Il dénonce les attaques personnelles et communales menées sous couvert de l’anonymat contre des journalistes. Il affirme avoir lui-même été associé à des trafiquants de drogue et accusé, à tort, de recevoir de l’argent de partis politiques. Selon lui, ces fausses accusations se poursuivent encore aujourd’hui. Il souligne également que le phénomène des fake news exerce une pression considérable sur les médias traditionnels.

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