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Navin ramgoolam : «Ceux ayant travaillé toute leur vie à l’étranger ne devraient pas toucher la SAP»
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Navin ramgoolam : «Ceux ayant travaillé toute leur vie à l’étranger ne devraient pas toucher la SAP»
Le futur régime de la State Age Pension (SAP), qui remplacera la Basic Retirement Pension (BRP) à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, a été au cœur des échanges lors de la Prime Minister’s Question Time (PMQT), hier. Interrogé par le député Chetan Baboolall, le Premier ministre (PM) et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, a justifié le durcissement des critères de résidence, tout en affirmant qu’il était impossible, à ce stade, d’évaluer le nombre de Mauriciens vivant ou travaillant à l’étranger qui pourraient être exclus du nouveau dispositif.
Le député souhaitait savoir combien de citoyens mauriciens établis à l’étranger risquaient de ne plus être éligibles à la pension d’État avec l’entrée en vigueur des nouvelles conditions. Il faisait référence au critère prévoyant qu’un demandeur devra avoir résidé à Maurice pendant au moins 15 ans après l’âge de 40 ans, dont 12 mois cumulés au cours des trois années précédant la demande.
Dans sa réponse, Navin Ramgoolam a rappelé que le système actuel de la BRP permet à un citoyen mauricien de moins de 70 ans résidant ou travaillant à l’étranger de bénéficier de la pension s’il a vécu à Maurice pendant un total de 12 ans après l’âge de 18 ans. Cette disposition disparaîtra avec l’entrée en vigueur du nouveau régime. Le PM a expliqué que le Finance Bill 2026 prévoit une révision du critère de résidence. Désormais, une personne ne pourra prétendre à la SAP que si elle a résidé à Maurice pendant 15 années cumulées depuis l’âge de 40 ans, ainsi que 12 mois cumulés durant les trois années précédant sa demande.
Selon Navin Ramgoolam, cette réforme vise à assurer une redistribution plus équitable des fonds publics. Il a souligné que la SAP est une prestation non contributive, entièrement financée par l’État. «Cette mesure garantira que la pension soit versée à ceux qui ont contribué au développement du pays, de la société et au système fiscal tout au long de leur vie active, plutôt qu’à ceux qui ont choisi de travailler à l’étranger durant toute leur carrière avant de revenir à Maurice pour leur retraite», a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement a toutefois tenu à rassurer les bénéficiaires actuels de la BRP. Il a précisé que les personnes qui perçoivent déjà cette pension ne seront pas concernées par les nouvelles dispositions, qui ne s’appliqueront qu’aux demandes déposées à partir du 1ᵉʳ janvier 2027. Concernant le nombre de Mauriciens susceptibles de devenir inéligibles, Navin Ramgoolam a indiqué qu’aucune estimation n’était possible à ce stade. Chaque demande devrait être examinée individuellement en fonction du parcours de résidence du demandeur.
Lors des questions supplémentaires, Chetan Baboolall a relevé que cette nouvelle formulation du critère de résidence diffère de celle annoncée initialement dans le Budget, évoquant une troisième révision gouvernementale après le retrait du means test et la suspension de la mesure sur les plaques d’immatriculation. Il a demandé pourquoi cette différence n’avait pas été clarifiée plus tôt.
Navin Ramgoolam a répondu que l’objectif du gouvernement était resté le même depuis le départ : éviter que des personnes ayant passé toute leur vie professionnelle à l’étranger ne reviennent uniquement au moment de la retraite pour bénéficier d’une pension financée par les contribuables mauriciens.
Interrogé enfin sur l’existence d’une étude actuarielle ou d’une évaluation de l’impact budgétaire ayant conduit au choix du seuil de 15 années de résidence, le PM a indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une recommandation d’experts, mais bien d’une décision politique. Il a réaffirmé que le gouvernement estime qu’une personne n’ayant ni travaillé, ni payé d’impôts, ni contribué au développement du pays pendant sa vie active ne devrait pas avoir droit à cette pension non contributive.
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