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Conflit États-Unis/Israël–Iran

Maurice s’inquiète du retard sur le traité Chagos

4 mars 2026, 05:30

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Maurice s’inquiète du retard sur le traité Chagos

Le Comité interministériel sur l’archipel des Chagos, présidé par le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, et composé du PM adjoint, de l’Attorney General et du ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, s’est réuni, hier, pour examiner deux dossiers sensibles : le retard dans l’entrée en vigueur du traité signé le 22 mai 2025 sur les Chagos et l’escalade de la crise au Moyen-Orient.

Dans un communiqué émis par le bureau du PM, le comité a exprimé sa vive préoccupation de l’évolution de la situation internationale. Il note notamment les avis exprimés par plusieurs juristes internationaux selon lesquels les attaques des États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que les ripostes iraniennes visant des États non impliqués initialement dans le conflit, ne reposeraient sur aucun fondement juridique en droit international.

Le Comité interministériel souligne également les controverses liées à l’utilisation de diverses bases militaires dans ce conflit et l’intensification des tensions dans la région. Dans ce contexte, Maurice, attachée au respect de l’ordre international fondé sur des règles, appelle à un cessez-le-feu immédiat et à un recours à des moyens pacifiques pour résoudre les différends entre les États concernés.

Un calendrier souhaité

Le communiqué met aussi en lumière les inquiétudes du gouvernement face au retard dans l’application de l’accord relatif à l’archipel des Chagos, incluant Diego Garcia, signé le 22 mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni. Bien que les deux parties aient affiché une volonté commune d’aboutir rapidement à l’entrée en vigueur du traité, celui-ci n’est toujours pas effectif à ce jour. Le Comité interministériel déplore l’absence de visibilité du calendrier de mise en œuvre de l’accord.

Autre point de préoccupation : la présence d’individus non autorisés sur l’une des îles de l’archipel, en contradiction avec l’intention commune des parties d’organiser, en temps voulu, un processus de réinstallation ordonné sur certaines îles. Le communiqué évoque également la complicité présumée de certaines personnes fortunées et de certains politiciens dans cette présence illégale.

Comme à l’accoutumée dans les dossiers touchant à la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos, les représentants de la communauté chagossienne à Maurice ont été consultés à l’issue de la réunion. La délégation était conduite par Olivier Bancoult et comprenait Harris Elysee, Roger Alexis et Madeline Yardin.

À l’issue de la rencontre, Olivier Bancoult, leader du Groupe réfugiés Chagos, s’est déclaré satisfait des échanges. Il a indiqué que la réunion s’était «très bien passée» et que l’ensemble des représentants chagossiens présents étaient satisfaits des discussions. «On a parlé de tous les événements qui se passent en ce moment sur le dossier Chagos et on travaille ensemble avec le gouvernement pour trouver des solutions à ces problèmes. On est très content que le gouvernement nous inclue dans les discussions et on est fully involved dans les décisions sur les Chagos.»

Olivier Bancoult a ajouté que les comptes rendus de la réunion seraient transmis à la communauté chagossienne et que le gouvernement a pris la responsabilité de faire le nécessaire face aux défis actuels.

Pressions politiques à Westminster

Pendant ce temps, au Parlement britannique à Westminster, le dossier Chagos continue de susciter des débats. Malgré les pressions exercées par le président américain, Donald Trump, le PM britannique, sir Keir Starmer, a défendu l’accord conclu avec Maurice. Le lundi 2 mars, à la Chambre des communes, le député Andrew Rosindell (Reform, Romford) l’a interpellé, estimant que les événements actuels démontrent l’importance stratégique des infrastructures militaires au Moyen-Orient et qualifié de «catastrophique» le transfert projeté de souveraineté des Chagos à Maurice avec un bail pour la base de Diego Garcia.

Andrew Rosindell a demandé au PM britannique s’il comptait abandonner ce qu’il considère comme un plan «mal avisé» pour maintenir les Chagos sous souveraineté britannique. En réponse, Keir Starmer a affirmé que l’accord «sécurise les îles afin qu’elles puissent continuer à être utilisées pour les objectifs importants auxquels elles servent». Il a soutenu que la conclusion de l’accord est essentielle pour garantir la poursuite des opérations dans les mêmes conditions.

Le PM britannique a également précisé que l’utilisation des bases britanniques est limitée aux objectifs défensifs convenus. «Nous ne participons pas aux frappes offensives américaines et israéliennes», ajoutant que la décision repose sur le principe de la légitime défense collective d’alliés de longue date et sur la protection des vies britanniques.

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