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«Chagos Archipelago Marine Protected Area»
Maurice dessine les contours d’une des plus vastes aires marines protégées au monde
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«Chagos Archipelago Marine Protected Area»
Maurice dessine les contours d’une des plus vastes aires marines protégées au monde
Les participants de l’atelier consacré à la «Chagos Archipelago Marine Protected Area», au Caudan, hier matin. Photos: Tony Fine.
Jusqu’au 2 avril, des scientifiques, décideurs, experts et représentants de la communauté chagossienne sont réunis à Port-Louis, pour jeter les bases de la gestion d’un aire marine protégée de plus de 645 000 km² dans l’archipel des Chagos.
Dans le cadre de ses engagements internationaux, notamment au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, le gouvernement a enclenché les démarches pour la création de la Chagos Archipelago Marine Protected Area (CAMPA), aire marine protégée d’environ 645835km². C’est dans cette optique qu’un atelier de travail se tient jusqu’au 2 avril à l’hôtel Labourdonnais Waterfront, à Port-Louis. Organisé par le Prime Minister’s Office, à travers le Department for Continental Shelf, Maritime Zones Administration & Exploration, en collaboration avec la Zoological Society of London (ZSL) et avec le soutien du Haut-commissariat britannique, cet événement rassemble une quarantaine de participants mauriciens et des experts internationaux.
L’objectif : favoriser un dialogue technique approfondi afin de structurer la mise en œuvre, la gestion et le suivi à long terme de cette future aire protégée, appelée à devenir l’une des plus importantes de l’océan Indien. Les travaux de l’atelier portent sur plusieurs axes clés, notamment l’état d’avancement du projet CAMPA, le cadre législatif envisagé, les stratégies de gestion des différentes zones ainsi que les modèles de gestion intégrant les dimensions communautaires et culturelles.
Les participants se penchent également sur la gestion des espèces et habitats prioritaires, les mécanismes de surveillance et de contrôle incluant l’utilisation de technologies émergentes ainsi que sur la clarification des rôles institutionnels. L’élaboration d’une feuille de route pour le renforcement des capacités figure aussi parmi les priorités. Un accent particulier est mis sur l’intégration des meilleures pratiques internationales, tout en tenant compte des spécificités nationales.
Des experts issus du Royaume-Uni, des États-Unis et d’organisations internationales, dont l’Union internationale pour la conservation de la nature, participent aux échanges. Dans son discours, Rezah Babal, directeur général du département organisateur, a souligné que cet atelier marque l’aboutissement d’un travail collaboratif de longue haleine. Il a rappelé que l’archipel des Chagos constitue un écosystème marin exceptionnel, encore largement préservé, abritant une biodiversité riche et jouant un rôle clé face aux défis du changement climatique.
Il a insisté sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur la science, intégrant un système de zonage permettant de concilier protection, recherche scientifique et éventuelle réinstallation des Chagossiens. Le recours aux nouvelles technologies, telles que la télédétection satellitaire et l’intelligence artificielle, a également été mis en avant pour assurer un suivi efficace de cette vaste zone maritime.
? Coopération internationale renforcée
La dimension internationale du projet CAMPA a été largement soulignée lors de la cérémonie d’ouverture. La Pr. Heather Koldewey, de la ZSL, a rappelé l’engagement de longue date de son institution dans la conservation des Chagos et à Maurice. Elle a indiqué que cet atelier s’inscrit dans la continuité des travaux amorcés en 2024, qui ont permis de poser les bases scientifiques et d’élaborer un cadre de zonage. Elle a également mis en avant l’intégration progressive des dimensions humaines, notamment à travers la participation de la communauté chagossienne.
Pour elle, la réussite du projet repose sur une collaboration étroite entre scientifiques, institutions et communautés, afin de transformer les concepts en actions concrètes. Elle a aussi mis en garde contre les menaces pesant sur ces écosystèmes, notamment la pêche illégale et le changement climatique.
Le haut-commissaire britannique à Maurice, Paul Brummell, a, pour sa part, souligné que cet atelier illustre le renforcement du partenariat stratégique entre le Royaume-Uni et Maurice. Il a rappelé que l’archipel des Chagos abrite certains des écosystèmes marins les plus préservés au monde. Selon lui, la protection de cette biodiversité exceptionnelle nécessite une gestion basée sur la science, des capacités techniques solides et une coopération durable. Il a insisté sur l’importance du partage de connaissances, de la formation et du développement d’outils de gestion pour assurer une conservation efficace.
? Inclusion des Chagossiens
Prenant la parole, l’Attorney General, Gavin Glover, a souligné que la protection de l’archipel des Chagos constitue à la fois une priorité nationale et un enjeu global. Il a rappelé que cet espace joue un rôle crucial pour la biodiversité marine et la santé des océans. Il a insisté sur le fait que la création de la CAMPA s’inscrit dans une vision fondée sur la durabilité, la science et une gouvernance responsable. Il a également évoqué les discussions en cours avec le Royaume-Uni pour la mise en œuvre de l’accord signé entre les deux pays.
Gavin Glover a mis en avant l’inclusivité du processus, affirmant que les perspectives et l’héritage de la communauté chagossienne doivent être pleinement pris en compte. À ce titre, Olivier Bancoult, leader du Groupe réfugiés Chagos, a insisté sur l’importance de leur participation : «On ne peut pas parler des Chagos sans les Chagossiens.»
L’Attorney General a également annoncé qu’un financement d’au moins Rs 375 millions par an sera alloué à partir de la troisième année suivant l’entrée en vigueur de l’accord, afin de soutenir la gestion, la surveillance et la recherche liées à la CAMPA. Sur le plan politique, Gavin Glover a affirmé que Maurice reste déterminé sur la question des Chagos. «Noumean business», a-t-il déclaré, ajoutant que cet atelier démontre la volonté du gouvernement d’avancer concrètement.
Il a aussi indiqué que le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill devrait être examiné à la House of Lords autour du 20 avril, tout en reconnaissant que le contexte géopolitique, notamment la guerre au Moyen-Orient, pourrait influencer le calendrier.
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