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Rapport EQOSOGI de la Banque mondiale

Maurice autorise l’enregistrement des enfants intersexes à la naissance

30 décembre 2025, 16:00

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Maurice autorise l’enregistrement des enfants intersexes à la naissance

Malgré certaines avancées, l’égalité des chances pour les minorités sexuelles et de genre demeure largement insuffisante à l’échelle mondiale. C’est le principal constat du rapport Égalité des chances pour les minorités sexuelles et de genre 2024 (EQOSOGI), publié par la Banque mondiale, qui analyse les cadres juridiques et politiques de 64 pays, dont Maurice.

Le rapport souligne l’impact direct de la discrimination sur le développement humain et économique. Les pays dotés de cadres juridiques plus inclusifs affichent de meilleurs résultats en matière de richesse, de capital humain, de gouvernance et de participation citoyenne. À l’inverse, la stigmatisation et la criminalisation limitent l’accès à l’éducation, à l’emploi et aux services essentiels.

Selon l’étude, près de 55 % des pays analysés ne disposent pas de dispositifs juridiques solides garantissant l’égalité des chances aux minorités sexuelles et de genre. Vingt-deux pays criminalisent encore l’orientation sexuelle ou les relations entre personnes de même sexe, tandis que huit pénalisent l’identité ou l’expression de genre. Environ 1,3 milliard de personnes vivent ainsi dans des États où ces comportements ou identités sont criminalisés.

L’éducation constitue un point de vulnérabilité majeur. Les élèves issus de ces minorités sont plus exposés au harcèlement et à la violence en milieu scolaire. Pourtant, seuls 31 % des pays interdisent explicitement la discrimination à l’école fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, et à peine sept disposent de lois spécifiques contre le harcèlement scolaire lié à ces motifs. Ces lacunes favorisent l’exclusion et l’abandon scolaire.

Sur le marché du travail, 44 % des pays interdisent la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre. Toutefois, seuls 34 % ont instauré des mécanismes de plainte et d’enquête efficaces. Le rapport rappelle que l’égalité professionnelle constitue un levier essentiel pour la productivité, la croissance économique et la cohésion sociale.

Maurice se démarque sur certains points. Le pays figure parmi les rares États offrant une protection juridique explicite contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle dans les domaines des soins de santé, du logement et de la protection sociale. Il autorise également l’enregistrement à la naissance des enfants intersexes sans mention obligatoire de genre, une mesure jugée essentielle pour prévenir les discriminations tout au long de la vie.

Des lacunes subsistent toutefois, notamment en matière de crimes de haine. Seuls 21 pays criminalisent explicitement les actes motivés par l’orientation sexuelle, et 17 ceux liés à l’identité ou à l’expression de genre. Aucun des 64 pays étudiés ne prévoit de dispositions spécifiques concernant les crimes de haine visant les personnes intersexes.

En conclusion, la Banque mondiale appelle à un renforcement des actions politiques, notamment par l’abrogation des lois discriminatoires, la reconnaissance juridique du genre fondée sur l’auto-identification, l’amélioration de la collecte de données et l’adoption de cadres juridiques inclusifs. Ces mesures sont considérées comme indispensables pour un développement véritablement inclusif, durable et respectueux des droits humains.

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